Michelin - St Doulchard (Cher) :  Une sanction de trop qui fait éclater la colère !

Echo d'entreprise
02/12/2021

Depuis des mois, la direction et les chefs font pression pour que la production sorte coûte que coûte, alors que des postes sont supprimés et que des machines tombent en panne sans arrêt. Et en plus du travail très pénible en 3x8, mal payé, ils voudraient que les travailleurs accourent et obéissent au coup de sifflet, sinon les sanctions tombent.

Ça passe mal. Et il y a la mesure de trop.

Vendredi 19 novembre en fin de matinée, dans l’atelier Avion-neuf, suite à un différend avec un chef, un travailleur a été sanctionné, aussitôt reconduit à la porte de l’usine avec une mise à pied conservatoire, et donc privé de son salaire.

Dans l’équipe suivante, la nouvelle a déclenché une colère spontanée et partagée par l’ensemble des travailleurs de l’atelier. Ils ont arrêté le travail et exigé des explications auprès de la direction et la réintégration immédiate de leur camarade. Cette sanction a été ressentie comme une injustice inacceptable et on entendait : « c’est toujours le salarié qui paie, pas question de laisser faire ».

Après le week-end, le lundi, la colère était toujours là et s’est propagée dans presque toute l’usine.

Les débrayages ont continué, au cours desquels les travailleurs dans chaque équipe se réunissaient et décidaient de la suite, exigeant une confirmation écrite de la levée de la sanction. Ce qu’ils ont obtenu.

Le mercredi 24 novembre, la direction annonçait la réintégration de leur camarade.

Ce fut ressenti comme une victoire. Ensemble, ils avaient fait la démonstration que la solidarité ouvrière paie.

Comme beaucoup le disaient : « Quand un des nôtres est touché, c’est nous tous qui sommes touchés ».