La Nouvelle République (Issoudun - Indre) :  Lutte ouvrière : de la régularité du tractage

Article de presse
21/03/2017

Tous les quinze jours, quelques sympathisants de Lutte ouvrière se postent au carrefour des entreprises issoldunoises afin de distribuer leurs tracts.

Présidentielle ou pas, ils sont là. Tantôt trois, tantôt deux : les sympathisants de Lutte ouvrière sont au rendez-vous du tractage. En période normale, à Issoudun, ils se rendent rue de la Limoise, au carrefour des entreprises Vivarte, Vuitton et Zodiac, toutes les trois semaines. En période présidentielle, ils y sont tous les quinze jours. Damien Mercier est d'ailleurs bien connu des salariés de ses entreprises. Ils savent qu'ils le verront un de ces midis, lorsqu'ils sortent de leur entreprise, pour aller manger ou parce qu'ils ont terminé leur journée.

" Même les grosses voitures s'arrêtent ! "

A 66 ans, ce sympathisant de Lutte ouvrière demeure un des animateurs du mouvement dans l'Indre. Quarante-trois années de service dans les régions de l'est de la France, puis du Berry pour celui qui sera candidat sur la seconde circonscription aux prochaines législatives. « Je l'ai été une fois, en 1978, et j'étais suppléant aux dernières législatives. Mais c'est la première expérience pour moi dans l'Indre. »

Mais sa régularité à arpenter la rue de la Limoise, uniquement le mercredi – « Le lundi, nous recevons le tract qui est fait au niveau national et qui résume ce que nous pensons de l'actualité ! » – fait désormais partie du rituel. Un rituel auquel la plupart des salariés répondent par un sourire.

Quelquefois, des discussions s'engagent avec le personnel croisé, mais cela reste plutôt rare. Les rencontres se font davantage le samedi, au marché d'Issoudun : « Globalement, on est toujours bien reçu. Les gens nous racontent leur souffrance au travail, leur salaire de misère, leur retraite dérisoire… En cette période, nous leur expliquons que, jamais, le sort des travailleurs n'a été changé par des élections. Le monde du travail, il va falloir qu'il montre sa colère. Et d'abord, nous proposons un salaire minimum à 1.800 € pour vivre dignement. C'est tout de même quelque chose d'élémentaire. »

Et d'expliquer que son mouvement est contre l'assistanat : « C'est une humiliation. Il faut que les gens trouvent un emploi et qu'on partage le travail. Nous ne sommes absolument pas pour un revenu universel. »

Inlassablement, mercredi dernier, Damien Mercier et un autre sympathisant, Jean-Paul Deluzet, venu de Vierzon – car ils ne sont pas légion sur le secteur d'Issoudun – ont distribué plusieurs centaines de tracts. « Même les grosses voitures s'arrêtent pour les prendre, poursuit Damien. Mais c'est normal : on sait bien que les cadres font des burn-out et ce n'est pas normal. Eux aussi sont exploités. »

Emmanuel Bédu

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