Indre-et-Loire

Au courrier des lecteurs

Brève
28/03/2020

"Je suis aide à domicile dans l'agglomération tourangelle, et j’interviens auprès de personnes âgées dont la plupart ont plus de 80 ans et souffrent d’une, voire de plusieurs pathologies. La plupart du temps, je suis leur seul lien proche avec la société. C’est dire si, dans cette période, ma présence est à la fois importante et risquée.

Face à l’épidémie, mon entreprise ne m’a fourni des gants que la semaine du 16 mars. Quant aux masques, ce n’est que le 25 qu’ils ont été disponibles et encore nous n’en avons que quatre chacun alors qu’on doit en changer pour chaque intervention ! Quand on nous les a distribués, on nous a expliqué qu’on pouvait les économiser en glissant un mouchoir à l’intérieur, jeter le mouchoir après usage et garder le masque. Bonjour l’hygiène. Et cela après que les responsables nous ont répété pendant des semaines que le masque n’était pas utile dans notre travail et qu’il était anxiogène ! Et on ne parle même pas du gel hydroalcoolique.

Alors, bien sûr, mon entreprise n’est pas la seule responsable de cette situation. En effet, alors que nous sommes une profession prioritaire pour en obtenir, il est encore impossible d’avoir des masques car nous ne serions pas une région à risque ! Des responsables ont dû prendre leur véhicule pour aller en récupérer auprès d’une succursale d’une autre région.

Mais il n’empêche que cela signifie qu’elle ne fait pas de stocks. Et comment s’en étonner ? Pour le travail quotidien, elle ne nous fournit aucun matériel (gants de ménage, vêtements, chaussures). Nous devons l’acheter.

Cela semble ne rien avoir à faire avec le problème lié à l’épidémie, mais les deux problèmes  ont une même cause. La seule santé qui préoccupe les patrons des entreprises d’aide à domicile comme les autres, c’est celle de leurs bénéfices."

Un lecteur de Lutte Ouvrière

Accueil des élèves à Chartres (Eure-et-Loir)

: les enseignants livrés à eux-mêmes

Brève
27/03/2020

Sur l’agglomération de Chartres, trois « centres d’accueil mutualisés » ont été mis en place depuis le début du confinement. Il s’agit d’écoles accueillant les enfants de 3 à 16 ans des personnels réquisitionnés (en particuliers les soignants). Ils sont pris en charge, par roulement, par une équipe enseignante volontaire. Suffisamment d’enseignants (y compris du second degré) se sont fait connaître comme volontaires pour assurer cette tâche indispensable. Mais beaucoup tiennent à dénoncer les conditions dans lesquelles cela a lieu, comme en témoigne un de nos correspondants :

« Les enseignants de Chartres ont reçu le 20 mars un courrier des médecins scolaires leur indiquant qu'ils n’accueilleront que des enfants en bonne santé. Comment des médecins peuvent-ils donc s’engager sur ce point puisqu'on sait que des enfants peuvent être affectés par le virus et être contagieux sans avoir de symptôme ? Dans ce même courrier, on explique aux enseignants concernés que les gants, gels et masques ne sont pas utiles... mais on sait que la vraie explication est celle de la pénurie de ce matériel, que les syndicats ont réclamé : rien ne sert d'essayer de masquer la réalité. Les médecins scolaires répondent que les "gestes barrières" sont suffisants. Les gestes barrières ? Comment on fait avec des gamins de 3 ans qui ont besoin d'aller aux toilettes ?

Lundi 23 mars, un courrier de l'Inspection académique cette fois-ci, indique ce qu’il faut faire en cas de contamination avérée. Mais, quels moyens avons-nous à notre disposition pour savoir qu’une contamination est avérée ? (sachant qu’il n’a plus de dépistage systématique). Et si celle-ci est avérée, on nous demande d’isoler l’enfant, or il semblait (cf le courrier des médecins) qu’aucun enfant malade ne devait être à l’école.

Comme partout, les enseignants sont dramatiquement laissés à eux-mêmes sans véritables moyens de protection. »

AMBOISE (37)

Mécachrome : Produire, coûte que coûte

Brève
24/03/2020

A Amboise, l’entreprise Mécachrome travaille pour l’aéronautique.

Après quelques jours d’arrêt pour nettoyage, le travail a repris lundi 23 mars pour une partie des travailleurs. Il y a certes eu des aménagements : plus de vestiaires (il faut se changer chez soi), ni de pauses-café… pour ceux qui viennent sur place, car les cadres, chefs et ingénieurs font du télétravail.

Venir en ayant peur d’être contaminé, c’est donc le lot des ouvriers qui viennent chercher leur salaire et qui n’ont pas le choix, sinon en prenant quelques jours de congés, qui ne dureront pas.

La direction du groupe, elle, a choisi de faire courir un risque à des dizaines de travailleurs, à ceux qui sont indispensables à la production…. de carlingues ou pièces pour avions qui pourraient bien attendre.

Centre Hospitalier - Bourges (Cher)

Les Zéros de la direction

Brève
24/03/2020

Le virus ne circulant pas à l’heure actuelle activement dans le département du Cher, la direction du Centre Hospitalier Jacques Coeur refuse le port de masques pour les personnels alors que deux personnes du CH, au moins, ont été testées positives au coronavirus.

D’un côté, le gouvernement dit tout faire pour ralentir la propagation du virus et de l’autre, la direction déclare suivre une consigne ministérielle en réservant les masques pour une période plus critique.

Sauf qu’en ce moment, le port des masques serait le minimum de précautions à prendre et qu’en vue d’un pic de l’épidémie, des mesures supplémentaires devraient être d’ores et déjà préparées. Ce sur quoi la direction ne souffle mot.

Une partie des personnels protestent contre ce refus scandaleux de distribution de masques. La pétition « des masques pour tous les agents hospitaliers, notamment à l’hôpital de Bourges » peut être signée en cliquant ici.

Lien vers l'article du Berry Républicain

Michelin - Saint-Doulchard (Cher)

La production continue pour les armées

Brève
18/03/2020

Lors d’une grève, manifestation des ouvriers de Michelin dans les rues de Bourges.

Contrairement à ce que les médias ont annoncé, Michelin n'a pas fermé toutes ses usines. Deux continuent à produire partiellement. Celle de Montceau avec 150 salariés et celle de Saint-Doulchard, à côté de Bourges, avec 80 salariés. Dans ces deux usines, ce sont une partie des productions militaires qui sont maintenues.

C'est donc au mépris des risques de contamination que des travailleurs sont désignés pour assurer la continuité de la politique guerrière des Etats et notamment de la France, comme au Mali par exemple.

Depuis le début de la crise du Covid-19, les directions locales et nationale n'ont cessé de reculer le moment de l'arrêt des productions, se réfugiant derrière les consignes du gouvernement.

A l'usine de Saint-Doulchard, la direction a été incapable de supprimer les essuie-mains tissu et de les remplacer par des essuie-mains papier à usage unique. Pourtant quand il s'agit d'augmenter les productions, c'est du jour au lendemain !

Quant aux travailleurs des ateliers où la production est arrêtée pour une semaine, la direction était toujours incapable de leur dire comment ils seraient payés et combien.

Au retour dans l’usine, il sera nécessaire d’exiger que pas un centime ne manque sur la paie déjà trop maigre.