Indre-et-Loire (37)

Auchan ménage ses marges et ses arrières

Brève
21/10/2009

Le supplément « Économie » de l'édition d'Indre-et-Loire de la Nouvelle-République du 20 octobre consacre un dossier à l'apprentissage. On apprend ainsi qu'Auchan vient de recruter dans ses hyper-marchés de la région ouest 38 apprentis, qui préparent en alternance licence professionnelle ou écoles de commerce.

A en croire le responsable du recrutement, c'est un désintéressement quasi sacrificiel qui anime Auchan dans cette affaire. « Un apprenti en licence nous coûte 18 000 € par an », précise ce cadre, « et un élève d'école de commerce plus de 20 000, l'entreprise ayant adopté une grille de salaires supérieure aux dispositions légales ». Et cet effort n'est « pas même fait pour se conformer au pourcentage légal d'apprentis décidé il y a deux ans par le gouvernement ».

Allons, il faut bien consacrer quelques sous à la sélection et au conditionnement des futurs cadres qui devront s'activer pour permettre à la famille Mulliez - propriétaire d'Auchan - de conserver son rang de 1ère fortune de France. Et qui devront être capables d'exiger toujours plus de travailleurs dont, à la faveur du passage aux 35 heures en 2000, Auchan amputa la paye de 5 %, allant jusqu'à rémunérer en dessous du smic les plus mal payés lorsqu'ils travaillaient à temps plein...

Champignonnière de Ternay - Loir-et-Cher (41)

Les patrons du champignon font de l'intox

Brève
16/10/2009

Les 46 travailleurs de la champignonnière de Ternay, en Vendômois, redoutent la fermeture de leur entreprise. Ce ne sont pas les déclarations à la presse de leur patron qui les auront rassurés. Après avoir fermé en septembre la champignonnière de Villentrois dans l'Indre, Jean-Yves Letocart déclare ne pas savoir s'il va pouvoir maintenir l'activité à Ternay. Et bien sûr selon lui, c'est que « la main d'oeuvre française est trop chère... les concurrents néerlandais et polonais étant au moins deux fois moins chers ».

Pendant ce temps-là, France Champignon, auprès duquel la champignonnière écoule la totalité de sa production, continue à faire ses petites affaires. N° 2 mondial sur le marché France Champignon (dont Jean-Yves Letocart est administrateur) a conclu un accord avec la société néerlandaise FTNON, spécialiste de la transformation et de la distribution des produits alimentaires. Quant à la « concurrence » polonaise, les patrons de France Champignon la connaissent bien, puisqu'il y a belle lurette qu'ils ont acheté - via leur filiale Inter Champ - une usine en Pologne !

France Champignon licencie et ferme champignonnières et usines de transformation depuis un moment déjà pour produire et transformer moins cher ailleurs. Après Châtellerault il y a quelques années, il y a eu l'an dernier la fermeture de la Conserverie du Mont-Lozère dans le Gard et cette année, des licenciements à Thouars en Deux-Sèvres.

Si les emplois d'ici sont menacés, ce n'est certainement pas par la concurrence des travailleurs d'autres pays d'Europe, mais bien par l'avidité des capitalistes propriétaires. Et les moyens de maintenir les emplois, c'est dans les caisses de Butler Capital Partners, ce fonds qui, outre France Champignon, détient le SERNAM, Virgin, la SNCM, ou encore IPSOS qu'il faudrait aller les chercher.

Indre-et-Loire (37)

La voie impénétrable des aides aux entreprises

Brève
15/10/2009

Le magazine de l'agglomération Tour(s)Plus, consacre un article à l'installation des 240 salariés de l'agence « voie ouest » de l'entreprise Colas-Rail dans de nouveaux locaux à Mettray (Indre-et-Loire). On y apprend que la communauté d'agglomération finance l'étude du potentiel raccordement des locaux de Colas Rail à la voie ferrée Tours - Brétigny-sur-Orge, soit « un petit kilomètre » de voie ferrée. Colas Rail pourrait ainsi relier au réseau ferroviaire l'atelier qu'elle envisage d'implanter à Mettray afin de réparer la trentaine de locomotives qui circulent dans l'ouest de la France et qui sont jusqu'à présent entretenues par les ouvriers de Vecchietti (rachetée par Colas) sur des voies de garage du triage de Saint-Pierre-des-Corps.

Avec ces nouvelles installations, Colas-Rail disposerait paraît-il d'un avantage non négligeable pour résister à la concurrence espagnole et allemande. Mais puisque le privé est paraît-il si performant qu'on le laisse s'emparer de morceaux de plus en plus conséquents du service public, pourquoi diable faut-il que les fonds publics de l'agglomération aillent donner un coup de pouce à Colas, elle-même filiale de la multinationale Bouygues ?

Blois (Loir-et-Cher)

les catégories populaires doublement pénalisées

Brève
09/10/2009

La crise et le désengagement de l'État aidant, la ville de Blois, comme bien d'autres municipalités voit ses finances se dégrader. Les quelques 70 millions de recettes ont tendance à baisser, tandis que les dépenses augmentent. Le 7 octobre, le maire PS, cabinet d'expertise financière à l'appui, démontrait au conseil municipal que pour y faire face, l'augmentation des impôts serait devenue « quasiment incontournable ».

Déjà touchées en tant que travailleurs par le chômage et la baisse des revenus, les catégories populaires vont donc être taxées en tant que contribuables. Elles ne sont pourtant pas responsables de la crise du capitalisme ! Ce ne sont pas elles, mais bien les gouvernants de tous bords, qui ont drainé une part considérable de la richesse nationale vers les entreprises, enrichissant d'autant leurs propriétaires et nourrissant au passage la spéculation.

C'est la transfusion permanente d'argent public aux patrons qui a asséché les caisses de l'État et des collectivités. C'est donc bien dans leurs poches qu'il faudrait prendre de quoi garantir les besoins de la population. Ainsi à Blois, la multinationale Circle Printers doit la bagatelle de 450 millions d'euros. Voilà près d'un an, en contrepartie d'une indemnité dans le cadre d'un plan de revitalisation, ce trust fermait l'imprimerie Québecor qu'il venait d'acheter. Pour seule réponse aux demandes de la municipalité, Circle Printers, numéro 2 du secteur en France et qui vient d'augmenter son capital de 190 millions en septembre, s'est déclarée en cessation de paiement, ce qui l'exonère de verser ce qu'elle doit.

Après avoir servi tous ces margoulins, les politiciens s'avèrent incapables de leur faire rendre ce qu'ils ont volé à la collectivité. Encore un domaine où seule une puissante lutte collective du monde du travail pourra remettre les choses en ordre.

Indre-et-Loire (37)

"Plan de relance" : la vérité si je mens !

Brève
09/10/2009

En visite au Conseil Général, le préfet d'Indre-et-Loire vient de s'acquitter du service après vente des aides que l'État a accordées aux entreprises tourangelles au nom du plan dit de relance économique et sociale.

Au total, c'est près de 72 millions d'euros qui ont été distribués aux patrons du département sous la forme d'avances, crédits, exonérations, remboursements, délais de paiement et autres montages alambiqués qui camouflent sous un voile pudique les cadeaux bien réels que l'État fait aux patrons. Il paraît que cela aurait permis de sauver 1 157 emplois. Comme si les aides offertes par l'État et les diverses collectivités aux entreprises depuis tant d'années avaient jamais servi à autre chose qu'à sauver la fortune des patrons ! Et comme s'il n'y avait pas eu dans le même temps des milliers de travailleurs victimes du chômage partiel, de ruptures de contrats d'intérim et de plans sociaux...

En comparaison, l'aide de l'État aux personnes défavorisées s'élèverait à 21 millions. Pour être modeste, ce chiffre n'en est pas pour autant garanti... Il prend en compte par exemple la prime de 500 € destinées à certains demandeurs d'emplois. 2500 de ceux-ci auraient ainsi touché 1,25 million. Le hic c'est qu'en septembre, au niveau national, 3283 chômeurs seulement avaient réussi à toucher cette prime ! Alors ils étaient tous d'Indre-et-Loire... ou les chiffres annoncés par le préfet sont bidons dès lors qu'ils concernent les plus démunis ?