Servi Doryl Langeais (37)

A n'importe quel prix, ils font leur beurre

Brève
12/06/2009

Rachetée en février dernier par le groupe allemand Alpma - numéro 1 mondial de la mécanisation fromagère - l'entreprise Servi Doryl vient d'annoncer le licenciement de 26 de ses 90 salariés.

Selon le nouveau directeur, ces licenciements sont inévitables, du fait des problèmes de liquidités de l'entreprise, et de la crise. Il paraît que « les fromagers investissent moins, du fait de la hausse du prix du lait et de la baisse des ventes de fromages ».

Les paysans producteurs mobilisés en ce moment-même seront heureux d'apprendre que le prix auquel ils vendent le lait est trop élevé pour les industriels !

Et même s'il était vrai que les commandes de moules plastique ont baissé de 5 à 10 % comme le dit la direction, en quoi cela justifierait-il le licenciement de près du tiers de l'effectif ? Où sont donc passés les bénéfices accumulés au fil des années ? Et les 420 000 euros d'aides accordés depuis 2006 par la Région Centre ?

Les travailleurs de Servi Doryl ont toutes les raisons de s'interroger, comme le rapporte la presse, « sur l'utilisation de l'argent public ». Toutes les raisons aussi de ne pas accepter d'être sacrifiés pour permettre aux propriétaires du groupe international dont ils dépendent de continuer à faire leur beurre malgré la crise.

Bléré (Indre-et-Loire)

Fonderie de Bléré : liquidation après pillage

Brève
11/06/2009

A Bléré, les quelque cent travailleurs de la fonderie Autocast - ceux qui restent après une cascade de « plans sociaux » - viennent d'apprendre qu'ils recevraient leur lettre de licenciement dans les prochaines semaines. Le bricolage mis en place par les cadres de l'entreprise pour reprendre les activités de celle-ci ne « sauvera » en effet paraît-il que le site mayennais d'Autocast. Quand on sait ce qu'il reste d'entreprises à Bléré, et ce qu'est la situation de l'emploi dans toute la région proche, que vont devenir ces travailleurs ?

Il n'y avait paraît-il pas d'alternative : ainsi en a décidé le tribunal de commerce de Nanterre. Mais les richesses accumulées par les propriétaires successifs de cette fonderie - du temps de Waeles, du temps de Valfond, que sont-elles devenues ? Et les financiers de l'Union des Banques Suisses qui contrôlèrent un temps l'entreprise, sont-ils sur la paille ?

Pour garantir l'emploi et les salaires, quel tribunal demandera à tous ceux-là de restituer ne serait-ce qu'une part de ce que le pénible travail des fondeurs leur a permis de gagner ? Quand le monde du travail trouvera la force d'engager la lutte collective pour défendre son droit à l'existence, ce contrôle sur les richesses créées par le travail et leur utilisation sera bien un des premiers objectifs qu'il faudra mettre en avant.

Limoges

UN LICENCIEMENT INIQUE

Brève
08/06/2009

Lundi 8 Juin, Vanessa a tenu une conférence de presse devant le siège de l'association « Trisomie 21 » dont elle vient d'être licenciée, entourée de ses collègues qui se sont mises en grève pour l'après-midi et soutenue par des militants syndicaux de l'Union Locale CGT.

L'association « Trisomie 21 » est chargée d'insérer des handicapés mentaux, il s'agit de leur trouver du travail dans les entreprises du département et de les accompagner dans leur vie sociale. Les handicapés ont pour employeur l'association qui perçoit une prestation de l'entreprise où ils travaillent et leur reverse un salaire qui comprend une subvention de l'État.

Les handicapés ne savent pas quelle est la somme réelle versée par l'entreprise ;

Embauchée avec un diplôme d'AMP (Aide Médico - Psychologique), Vanessa comme ses trois autres collègues faisait fonction « d'accompagnatrice », c'est à dire qu'elle devait essentiellement leur trouver des contrats de travail.

Mais rapidement Vanessa s'est rendu compte que l'association ne respecte pas les droits des handicapés. Elle s'est syndiquée et elle l'a dénoncé, comme elle a défendu ses collègues subissant pression et harcèlement et qui se sont également syndiquées. La direction a alors tenté de lui faire signer une rupture de contrat, la menaçant d'un licenciement pour faute professionnelle. Vanessa a refusé. Elle a alors reçu une lettre de licenciement sous prétexte que sa formation ne correspondrait pas à son poste, alors qu'elle travaille dans ce poste en CDI depuis un an et demi.

Mais elle ne compte pas se laisser faire et après cette conférence de presse où télé et journaux ont participé, elle va attaquer la direction aux prud'hommes.

Eure-et-Loir

Comment les trusts pharmaceutiques pillent les fonds publics

Brève
20/05/2009

Les régions Centre et Haute-Normandie viennent de s'unir pour aider les entreprises de la filière pharmaceutique (qui représente au total plus de 300 entreprises et 36 000 salariés dans ces deux régions) en créant un "cluster" interrégional dénommé Pharma-Valley. Il s'agit d'une structure de plus, destinée à améliorer l'animation du secteur et la compétitivité des entreprises.

Elle a été dotée d'un budget de plus de 200 000 euros pour 2009. Outre l'implication des deux régions, Pharma-Valley sera aussi financé par l'Europe, la DRIRE, (Direction Régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement) le Conseil général d'Eure-et-Loir et l'agglomération de Dreux.

N'en jetez plus ! Comme si les trusts de la pharmacie, qui réalisent des profits considérables sur le dos des malades et de leurs salariés, n'avaient pas les moyens de réaliser leur promotion eux-mêmes ! Une fois de plus de l'argent public sert à arroser un secteur florissant alors qu'il y a tellement de priorités sociales non satisfaites... surtout en cette période de crise.

Châteauroux (36)

Mead Westwaco - En lutte contre les licenciements

Brève
19/05/2009

Depuis une semaine, les travailleurs sont en grève contre la suppression et l'externalisation de certains services, ce qui va se traduire par le licenciement de 104 d'entre eux sur 285 employés. Ceux qui resteront travailleront dans les pires conditions puisqu'il est prévu qu'au salaire fixe s'ajoutera 15% de part variable basée sur le rendement !

La direction ose expliquer que ces mesures sont nécessaires "pour redresser la société", alors que le trust Mead Westwaco se porte bien. En 2008, l'usine de Châteauroux a rapporté 1,2 million d'euros de bénéfices.

Les travailleurs se sont mis en colère lorsque la direction a repoussé une réunion du 7 mai au 20 mai.

Le DRH européen et le directeur des opérations sont restés dans l'usine jusqu'à ce qu'ils acceptent d'avancer l'entrevue au 15 mai. Le lendemain ils ont déclaré à la presse qu'ils n'avaient pas été séquestrés, mais que comme la réunion s'était terminée tard, ils avaient passé la nuit à l'infirmerie!

Le 15, l'attitude du PDG a été insultante. Il est allé jusqu'à remettre en cause le droit de grève et surtout, il n'a cédé sur rien.

Aussi, les travailleurs continuent la lutte et ont d'ores et déjà prévu de nouvelles actions en ville.