Tours (37)

Mecachrome, méga gouffre d'argent public

Brève
29/03/2009

Sous traitant de l'aéronautique et de l'automobile, Mecachrome est un groupe qui emploie 1360 salariés dans ses entreprises françaises, dont plusieurs centaines dans la région - dans la Sarthe, le Cher (Aubigny) et l'Indre-et-Loire (Amboise).

Après avoir licencié 130 travailleurs l'été dernier dans son usine d'Aubigny, Mecachrome avait fait la une des médias fin 2008 en annonçant qu'il lui fallait d'urgence trouver 50 millions d'euros, faute de quoi il se retrouverait en cessation de paiement, et l'ensemble des salariés de ses usines françaises au chômage. Message reçu, puisqu'en décembre, les patrons annonçaient avoir décroché un financement de 30 millions, en partie issu des caisses de l'État.

On ne change pas un système qui marche : la semaine dernière, Mecachrome tendait une nouvelle fois la main vers les caisses publiques, faute de quoi 110 emplois pourraient être supprimés entre Sablé, Aubigny, Amboise et le siège de Tours.

En décembre, les patrons se vantaient pourtant d'avoir un carnet de commandes d'un montant d'un milliard d'euros. Et si les travailleurs et la population mettaient le nez dans les comptes réels de cette entreprise (et des autres !), pour voir où sont allés les aides publiques et les profits présents et passés?

Tours (37)

Libéralisme à fond... mais avec des béquilles !

Brève
26/03/2009

Sorti victorieux de la " primaire " qui l'opposait à Lepeltier, le maire de Bourges, pour la désignation de la tête de liste UMP aux élections régionales de 2010, Novelli, le secrétaire d'État et maire UMP de Richelieu (Indre-et-Loire) a réaffirmé lors d'une interview à la Nouvelle-République du 25 mars son credo " libéral ".

Du militant d'extrême-droite qu'il fut dans sa jeunesse au notable assagi, Novelli distingue une ligne continue, un " fil rouge " comme il le nomme par antiphrase : celui de la défense de la liberté d'entreprendre. On le sait, cette liberté-là cache toujours le droit pour le patronat de faire ce que bon lui semble sans rendre aucun compte. A la fin des années 70, ce fil conduisit Novelli à faire du lobbying auprès des parlementaires pour le compte de la Chambre syndicale de la sidérurgie au moment même où les patrons de la sidérurgie préparaient des licenciements massifs. Il l'amène aujourd'hui à ressasser le même credo libéral au moment où le système capitaliste a plongé la société dans une crise catastrophique. Et pendant ce temps, les patrons qui avec Novelli ne veulent surtout pas que l'État se mêle de leurs affaires, tendent la main pour tirer des caisses de ce même État de quoi maintenir leurs profits malgré la crise... C'est beau, d'être libre !

Epernon (28)

Contre les licenciements à BMS

Brève
05/03/2009

Après avoir bloqué la ville d'Epernon la veille, les salariés de BMS Épernon ont manifesté à Chartres le 4 mars. Le géant américain de la pharmacie Bristol Meyers Squibb (5,2 milliards de chiffres d'affaires) veut en effet se séparer de ses sites d'Epernon (223 salariés) et de Meymac (162 salariés) en Corrèze, ce qui signifiera, si aucun repreneur n'est intéressé, la fermeture des sites. Et en cas de reprise de l'entreprise, les syndicats craignent de nombreux licenciements.

Créée en 1961 l'usine d'Épernon était qualifiée, il y a encore peu, de "centre d'excellence européen pour les produits cardiovasculaires" par la direction dans sa propagande. Y aurait-il moins de besoins pour ce type de médicaments ? Certainement pas. Mais la direction veut rentabiliser la production sur le dos des salariés. Les travailleurs ont entamé leur quatrième semaine de grève et de blocage du site. Face aux voyous du patronat, ils ont bien raison de ne pas se laisser faire.

Tours (37)

Petites mains et grandes fortunes

Brève
24/02/2009

Aujourd'hui disparu, Yves Saint-Laurent s'est fait un nom dans la haute-couture. Son ami Pierre Bergé est devenu milliardaire dans l'industrie du luxe. Ensemble, ils se sont constitué une collection d'oeuvres d'art que P. Bergé vient de mettre en vente.

Au premier jour de la vente, 200 millions d'euros de tableaux, sculptures et autres objets d'art ont trouvé preneur. Une sculpture est partie pour 26 millions, un Matisse pour 36, une bouteille de parfum 7,9 millions, soit 600 ans du salaire d'un smicard !

Malgré la crise, il reste donc un peu d'argent de poche aux bourgeois. Mais que reste-t-il aux ouvrières de la Manufacture Tourangelle de Confection dont Yves Saint-Laurent était un important donneur d'ordre, elles qui furent mises à la porte voici six ans après que leur usine eut été reprise quelques temps par un margoulin spécialisé dans la liquidation à peu de frais des entreprises, elles dont le travail si peu payé contribua à l'accumulation de toutes ces fortunes ?

Tours (37)

Leurs retards mis à part, les trains sont à l'heure !

Brève
11/02/2009

Guillaume Pépy, le président de la SNCF, était en visite à Tours le 10 février. Interrogé par la presse locale, il a déclaré " comprendre le malaise des usagers ", et " entendre les doléances des cheminots ". Cet homme-là n'a donc pas fait d'études pour rien : il comprend. Et par chance en plus, il n'est pas sourd : il entend.

Bien qu'il n'ait rencontré qu'une délégation d'usagers préalablement sélectionnés par ses services, le patron de la SNCF a tout de même eu l'écho du mécontentement qu'entraîne les multiples retards de trains dans la région comme ailleurs. Le problème, selon Pépy, c'est que les usagers jugent a travers " leur vécu ", et non en s'en tenant aux statistiques de la SNCF. Ces dernières sont jugées bonnes par le patron de la SNCF, puisque sur Paris-Tours, 93 % des TGV sont paraît-il à l'heure... " à 10 minutes près ". Quel aveu ! Les TGV à l'heure, ce sont donc ceux qui n'ont pas plus de 10 minutes de retard sur une heure de trajet ! Quant aux TER, cela ne regarde sans doute pas le patron de la SNCF. Et puis de toutes façons, les incidents graves qui se sont produits dans la région étaient dûs, selon Pépy, " à des malveillances, comme les vols de cuivre, des sabotages, mais aussi des ruptures de caténaires et des suicides sur la voie ".

Le manque d'entretien des matériels provoqué par une gestion purement commerciale, le manque de cheminots aux guichets, sur les voies, dans les trains ou dans les ateliers, tout cela, le patron de la SNCF ne veut ni le voir, ni l'entendre. Les présidents, décidément, ont besoin qu'on leur parle plus fort, et plus près des moustaches !