Joué-lès-Tours

5000 emplois créés… ? Pour ceux qui veulent y croire…

Brève
29/11/2021

L'immense friche industrielle Michelin

La photo et le gros titre à la Une et la page 2 entière de la Nouvelle République du 24 Novembre étaient consacrés au site abandonné par Michelin à Joué-lès-Tours, pour annoncer qu’un nouveau quartier d’affaires y serait créé et pas moins de 5000 emplois espérés !

Les 20 hectares qu’occupait l’usine (qui a employé plus de 4000 salariés jusque dans les années 80) ont été vendus par Michelin pour « plus de dix millions », dit la presse, à la SET, (société d’équipement mixte de Touraine) et à un aménageur privé. Ils étaient en friche depuis que Michelin avait décidé en 2013 de supprimer la fabrication des pneus Poids Lourds, de licencier plus de 700 personnes puis de tout démolir, sauf deux ateliers où travaillent encore environ 200 salariés.

Maintenant, les médias et les politiciens locaux (dont le président de la Métropole et maire de Joué) en font des tonnes avec une annonce qui , quand on y regarde de plus près, se borne à évoquer, au conditionnel, 5000 emplois de bureau, de services ou d’hôtellerie qui pourraient être créés… d’ici quinze ans !

De l’enfumage pur et simple. Evidemment personne ne sait quelles activités et combien d’emplois il y aura sur ce site dans quinze ans. Voilà déjà sept ans que Michelin y a arrêté la production des pneus poids lourds et, depuis, tout ce qui se développe, ce sont les mauvaises herbes et les arbustes qui maintenant cachent la fière banderole « Michelin et la Métropole aménagent ce site » accrochée depuis toutes ces années !

La seule réalité concrète c’est que Michelin, dont les profits cette année dépasseront largement le milliard, a empoché quelques millions de plus, en partie versés par des fonds publics (la SET) et qu’il n’y a toujours que 200 salariés sur le site, contre plus de 1000 en 2013. Pas de quoi faire un gros titre.

Saint-Jean de Braye (Loiret)

Grève au lycée Gaudier-Brzeska

Brève
19/11/2021

Jeudi 18 novembre, une trentaine d'enseignants du lycée professionnel du bâtiment Gaudier-Brzeska ont fait grève.

Ils ont voulu dénoncer la "mixité des publics", qui consiste à réunir, dans des mêmes classes du lycée, des élèves sous statut scolaire et des apprentis. Les apprentis ont un temps de présence au lycée nettement plus court, pourtant il est demandé aux professeurs de leur enseigner le même programme qu'aux scolaires qui sont là plus souvent. Une inégalité pour les élèves mais surtout, un casse-tête impossible ! Plus scandaleux, les heures enseignées aux classes composées exclusivement d'apprentis (qui pour certains représentent la totalité du salaire) ne sont maintenant payées que tous les trois mois. Et de cela, personne au rectorat ou au Centre de formation des apprentis n'avait pris la peine de prévenir les intéressés !

Une première grève réussie : les autorités qui faisaient la sourde oreille ont dû prendre la mesure de la colère.

Diors (Indre)

Alvance Wheels en grève

Brève
25/10/2021

Les salariés d'Alvance Wheels sont en grève depuis le 18 octobre à Diors près de Châteauroux. Ils sont menacés de licenciement car l’entreprise placée en redressement judiciaire risque la fermeture faute de repreneur. Ils alternent entre période de travail et activité partielle, et les salaires en baisse provoquent des fins de mois difficiles.

La grève, d’abord prévue pour deux jours, a continué malgré les pressions de la direction. Ils se sont installés, relayés et rassemblés devant l’usine pour discuter de l’avenir du mouvement.

Les camarades du Poitou Alu et GMS sont venus les soutenir vendredi. Une dame a amené à manger en disant qu’elle était d’autant plus solidaire qu’elle venait d’être licenciée récemment.

Pannier Runacher, secrétaire d’état à l’économie prétendant protéger le dernier producteur de roues français a utilisé un vocabulaire guerrier. Elle a promis « d’activer une mission choc industriel dans le cadre du programme Territoire d'industrie », de « déployer une équipe commando à Châteauroux » .Son plan de bataille, c’est uniquement la promesse d’arroser le sous-traitant qui voudra bien reprendre l'entreprise, si Renault et Peugeot veulent bien assurer les commandes...

Les travailleurs n’ont plus d’illusions et en ont ras le bol d’être trimballés d’échéance en échéance.

Depuis douze ans, les salariés d'Alvance Wheels ont déjà connu trois plans sociaux. Cette fois-ci les annonces, les revirements, les incertitudes sont devenus insupportables et loin de calmer les travailleurs ont renforcé leur détermination.

Mairie de Tours – Les travailleuses des écoles protestent contre le sous-effectif

Brève
21/10/2021

Mardi 19 octobre, les salariées de la mairie travaillant dans les écoles de la ville de Tours étaient en grève. Les problèmes d’effectifs et de charge de travail existent depuis des années. Mais la situation s’est aggravée depuis la rentrée. Beaucoup de salariées, épuisées, ont dû s’arrêter, et ne sont pas remplacées, le travail retombant sur celles qui restent. Dans toutes les écoles, il manque une, deux, trois personnes. C’est seulement quelques jours avant la grève que la municipalité reconnaissait qu’il manquait 36 agents... pour annoncer 10 recrutements, ce chiffre passant à 27 la veille de la grève.
Dès neuf heures, 120 grévistes (sur 400 salariées dans le service) se sont retrouvées dans la cour de la mairie avec klaxons, sifflets, et autres instruments bruyants. La joie de se retrouver si nombreuses et de pouvoir s’exprimer était manifeste. Quand le directeur du service est venu proposer de recevoir une « délégation de 5 ou 6 personnes », la proposition a été rejetée bruyamment. Les manifestantes voulaient des explications des élus, devant tout le monde.
C’est la municipalité qui a fini par craquer. Elle a proposé un rendez-vous à midi dans la grande salle de l’hôtel de ville. Comme beaucoup de grévistes avaient prévu de ne faire qu’une demi-journée de grève et auraient dû retourner au travail, elles ont demandé que ce moment leur soit payé. Sans tergiverser, la mairie a accepté de donner deux heures pour que tout le monde puisse assister à cette réunion.
À midi, il y avait près de 100 personnes qui ont profité de la présence des élus pour raconter leurs difficiles conditions de travail, les efforts épuisants qu’il faut déployer tous les jours pour accueillir malgré tout les élèves dans les meilleures conditions possibles. La réponse des élus n’a bien sûr pas été très concluante. Ils s’engagent sur 27 recrutements, et encore, avec des contrats de trois mois, bien loin des 40 recrutements demandés par les grévistes. Mais la partie n’est pas finie.
Les travailleuses n’ont pas dit leur dernier mot.

Ehpad – Tours : Le ras-le-bol s’exprime

Brève
30/09/2021

Lundi 27 septembre, 60 travailleurs et travailleuses des Ehpad municipaux étaient en grève et rassemblés dans la cour de la mairie pour demander des comptes à leur employeur.

Depuis des mois, le travail est devenu particulièrement éprouvant. Les absences ne sont pas remplacées, et lorsqu’elles le sont, c’est par des intérimaires qui ne restent que quelques jours. Chaque fois, en plus de son travail, il faut prendre le temps de tout réexpliquer.

En plus de l’effectif insuffisant, les problèmes matériels alourdissent encore la charge de travail : des ascenseurs en panne depuis trois ans, la présence de légionellose qui condamne l’utilisation de l’eau chaude, qu’il faut aller chercher à l’autre bout du couloir, et des pannes à répétition du matériel courant comme les téléphones, le matériel informatique, les lève-personnes...

Une adjointe au maire et le directeur du service ont dû écouter pendant plus d’une heure le mécontentement des employés. Elle s’est plainte d’avoir du mal à recruter. Évidemment, vu les salaires et la charge de travail éreintante, le travail n’est pas attractif. Quant aux problèmes matériels, elle s’est longuement exprimée sur les difficultés et sur les délais pour passer des contrats…

Ce numéro n’a pas convaincu les grévistes. Ils veulent des engagements écrits, pas seulement de belles paroles. Ils ont voté la reconduction de la grève pour le lendemain pour qu’une délégation soit reçue, l’occasion de se rassembler à nouveau.

Tout le monde était content d’avoir marqué le coup, d’avoir eu l’occasion de dire en face à la hiérarchie la colère qu’ils ressentent. Ils sont bien conscients que s’ils veulent obtenir quelque chose, il ne faudra pas lâcher la pression.