La Nouvelle République - Châteauroux :  Élisabeth Milon, contre " les injustices "

Article de presse
16/03/2014

Elle rencontre les travailleurs depuis des décennies. - (Photo NR, Patrick Gaïda)

Elle porte avec humilité une charge qu'elle considère comme un devoir. Élisabeth Milon, tête de liste Lutte ouvrière aux élections municipales à Châteauroux, entame sa deuxième campagne locale, après une apparition aux législatives. Comme beaucoup de militants d'extrême gauche, ses convictions ont été portées par la tempête sociale de 1968. « C'était un grand bouleversement, avec les grèves étudiantes et ouvrières. On brassait des idées et des idéaux. C'est à travers des discussions collectives que j'ai construit mon parcours politique. »

" Les travailleurs n'ont pas de patrie "

La professeur de français, originaire de Bourges, a dévoré le manifeste du Parti communiste, comme première lecture. Lutte ouvrière est devenue une évidence. « J'étais dans des milieux qui se battaient contre le stalinisme, à l'image de Trotsky  ». Près de quarante-cinq ans plus tard, Élisabeth Milon marche toujours dans les pas du révolutionnaire russe. En usant de méthodes républicaines : « L'élection municipale permet de connaître les gens, de rencontrer travailleurs et chômeurs. J'espère que les gens voteront pour nous, afin de prendre parti pour le camp des travailleurs. » La candidate ne livre aucune confidence sur sa vie personnelle. Et quand elle le fait, c'est toujours pour rappeler son combat. « J'aime voyager, admet celle qui a visité quasiment toutes les contrées, sauf l'Australie. Je suis internationaliste et ça me permet de voir que les travailleurs du monde entier vivent la même chose : l'exploitation. » Élisabeth Milon combat l'individualisme, « une plaie de notre société », alimenté, selon elle, par le capitalisme. « Je trouve plus passionnant de défendre les intérêts généraux des travailleurs plutôt que ma petite personne. » Tenace, la pasionaria castelroussine assène, jour après jour, ses arguments. L'étendard est rouge vif et la faucille y croise toujours le marteau : « Il faut faire entendre son camp, ne pas diviser la classe ouvrière. Nous sommes conscients que les problèmes ne se résoudront pas comme ça. Il faudra combattre les capitalistes et le gouvernement à son service.  » En attendant le grand soir des travailleurs, la retraitée s'énerve, comme en 1968 : « J'espère qu'on ira au bout des injustices qui sont de plus en plus révoltantes. »

Xavier Benoit

© La Nouvelle République - Indre (16/03/2014)