La République du Centre :  Les candidats du Loiret de Lutte ouvrière : « Les travailleurs descendront dans la rue »

Article de presse
22/02/2010

Pour Farida Megdoud et ses amis, le changement ne passe pas par les urnes, ce qui ne les empêche pas de se présenter afin de parler des luttes sociales.

Ils sont infirmiers, ouvriers, enseignants, retraités, employés aux chèques postaux ou dans un ministère.

Ils sont forcément « travailleurs », et ils sont les candidats de Lutte ouvrière aux élections régionales. Tout au moins au premier tour, le 14 mars, car Farida Megdoud, première sur la liste du Loiret - et qui est aussi tête de liste régionale - ne cache pas son hostilité à tout exécutif, y compris dirigé par les socialistes. « Ce n'est pas à travers les élections que cela va changer », explique la porte-parole, qui prend ses exemples dans l'actualité : « Moraliser le capitalisme, on voit bien le résultat avec Philips Dreux. » L'enseignante dénonce « le cynisme des dirigeants, qui demandent aux licenciés de parler le hongrois, comme si passer quarante ans chez Philips permettait d'apprendre le hongrois ! ».

« Crier sa révolte »

Au conseil régional, Lutte ouvrière, qui n'a plus d'élu depuis 1998, reproche notamment les aides aux entreprises - « si les travailleurs de Philips pouvaient mettre le nez dans les comptes de leur entreprise... » -, malgré le démenti de l'exécutif régional d'avoir financé la multinationale hollandaise.

« Le pouvoir de gauche s'aplatit devant les banques et les grandes entreprises », poursuit Farida Megdoud. « Le secteur de la cosmétique a obtenu 450.000 euros de la région Centre et de la Normandie, alors que c'est un secteur qui fait des bénéfices et qui n'en a pas besoin. » Même chose pour les PME, dont certaines, selon LO, sont des faux nez qui dissimulent des donneurs d'ordres de grosses boîtes.

Alors, si les politiques n'ont aucun pouvoir sur les 98 très gros actionnaires du CAC 40 qui font la loi en France, « qui vampirisent les richesses », ne reste pour LO que « les luttes » et « les grèves » pour que les choses bougent. Et les militants locaux de LO de prévoir : « Des luttes, il y en aura, et les travailleurs descendront dans la rue. » Comme dit Arlette Laguiller : « Le seul vote utile, c'est de crier sa révolte. » Certes, mais tout indique, même s'il n'est pas question d'en parler avant le premier tour, que Lutte ouvrière ne restera pas neutre entre les deux tours.

Christian Bidault

© La République du Centre (18-02-2010)