DijonScope :  Les dessous... de Claire Rocher

Article de presse
05/03/2010

1 - Papiers s'il vous plaît !

- Date de naissance : 27 septembre 1978

- Ville d'origine : Dijon

- Situation familiale : Célibataire

- Profession / Mandat : Infirmière au Bocage

- Passé politique : Engagée à Lutte ouvrière depuis 2003 ; porte-parole régional du parti depuis 2006, tête de listes aux élections européennes de 2009 et co-listière aux dernières cantonales, municipales et régionales.

- Identité numérique : "Je n'ai ni de Facebook ni de Twitter car ce n'est franchement pas ma tasse de thé... Mais j'ai un mail !".

2 - Les "Qu'en pensez-vous?" et "Ça vous fait quoi?" de l'actualité...

En tant qu'infirmière, que pensez-vous de l'Ordre des infirmiers tant décrié par la profession ?

"Je n'y suis pas inscrite car payer pour travailler, merci bien (l'adhésion est de 75 euros) ! On n'a pas besoin d'une hiérarchie de plus. Et puis nous sommes salariés dans l'immense majorité donc nous avons déjà les syndicats pour nous défendre. La direction de l'hôpital a beau faire pression pour que l'on s'y inscrive, la plupart de mes collègues n'ont pas renvoyé le dossier d'inscription ; d'autres si mais sans envoyer le chèque d'adhésion...

La polémique sur la co-listière voilée du NPA aux régionales, qu'en pensez-vous ?

Tout d'abord, je tiens à dire que je suis contre le voile. C'est un symbole de l'oppression des femmes, c'est une prison ambulante. Récemment, je lisais un article sur une Afghane qui se bat pour les droits des femmes et qui disait que c'était un suaire pour les vivantes. Présenter une femme voilée sur nos listes, c'est une chose que l'on n'aurait jamais fait et que l'on ne fera jamais. En plus, je ne sais pas si c'est un bon calcul car je pense qu'ils vont avoir pas mal de femmes contre eux... Je n'ai rien contre les femmes qui portent le voile mais la présenter sur une liste en tant que féministe et pour le progrès social, ce n'est pas compatible.

Se battre pour des idées qui sont aujourd'hui marginales, ça vous fait quoi ?

C'est sûr que j'aimerais avoir plus la parole... Être un courant minoritaire fait que les médias ne vous interpellent pas. En tout cas, pas au même titre que les autres et je le regrette. Oui, nous sommes minoritaires, mais dans la situation actuelle, la seule chose importante c'est qu'il y ait des travailleurs qui puissent dire qu'il va falloir des bagarres et qu'ils en seront. Pour les luttes qu'il y aura, parce qu'il y en aura forcément, c'est important que ce courant puisse se manifester, qu'une fraction de la population travailleuse puisse dire qu'elle n'est plus dupe du jeu politicien ni des élections. Ce qui compte, c'est de préparer ces luttes et le fait de se sentir nombreux et de s'affirmer comme un mouvement qui existe, même s'il est minoritaire. C'est peut-être ce qui contribuera le plus à préparer politiquement et moralement ces luttes-là. Nous, ce que l'on veut, c'est un programme pour les luttes futures ! Pour le moment, les gens sont sonnés avec ce qui leur tombe dessus donc il faudra un petit moment pour se réveiller...

Un Lipdub (ndlr : vidéoclip) comme celui de l'UMP sur l'air de l'Internationale, qu'en penseriez-vous pour faire un coup de communication ?

Oh mon dieu, non non non ! C'est incompatible avec ce que je défends et ce que j'ai à dire, avec les gens auxquels je m'adresse, avec le sérieux et la gravité de la situation. Je n'imagine même pas qu'on puisse faire ça deux minutes quand on voit ce que vivent les gens en ce moment...

3 - Portraits "Présidente de région" et "chino-bourguignonne"

Si vous êtes élue présidente de région, quelle sera votre première action symbolique ?

Aucune idée... Rien ! Ah si, je supprimerai le secret des affaires commerciales et financières de la région.

Si vous êtes élue présidente de région, quelle sera la qualité qui vous sera utile et le défaut que vous aurez à combattre ?

Franchement je ne sais pas, ma personne n'a pas une grande importance. Je défends un programme, un camp, je défends les miens alors si j'étais élue, je serais les yeux et les oreilles de la classe ouvrière. Ce serait peut-être ça ma qualité... Après, j'aurais les mêmes défauts que tous les autres : un conseiller régional, quel qu'il soit, ne peut pas grand-chose pour la situation. Je ne pourrais pas faire mieux que les présidents de région socialistes qui n'ont pas pu empêcher le moindre licenciement...

Si vous étiez... une usine en Bourgogne ?

Les intérêts des patrons et ceux des travailleurs sont incompatibles : c'est eux ou nous. Je veux bien m'identifier aux travailleurs de n'importe quelle usine... Maintenant, une usine en particulier, si vous me mettez le patron avec, je ne peux plus m'identifier ! Donc ma réponse, c'est aucune ou alors toutes parce que je m'identifie à tous les travailleurs de toutes les usines de la région.

Si vous étiez... une personnalité Bourguignonne ?

Louise Michel, elle est du coin ? Ça demande vérification... C'est une révolutionnaire de la Commune de Paris qui s'est battue aux côtés des opprimés."

© DijonScope (05-03-2010)