L'Echo :  LO mise sur le terrain et la proximité

Article de presse
18/02/2010

Le parti trotskiste fait campagne «auprès des travailleurs», à la porte des entreprises,

pour «faire entendre une voix différente» des autr:es candidats aux régionales.

« Ils nous remercient », assure Claudine Rousie. La tête de liste de Lutte Ouvrière en Haute- Vienne se réjouit de l'accueil que réservent les travailleurs aux militants du parti qui battent le parvis des usines. « On est minoritaire. Ils le savent, mais ils nous disent qu'on leur redonne confiance », sourit la figure historique du parti dans la région. Evidemment, la victoire au scrutin des 14 et 21 mars reste inaccessible. LO n'y compte d'ailleurs pas et revendique clairement sa volonté « d'utiliser les élections, non pas pour changer quoi que ce soit, mais pour exprimer sa colère » Une sorte de «préparation morale pour les luttes futures», précise Elisabeth Faucon qui conduit la liste creusoise. « Les travailleurs comprennent ce qu'on dit parce que c'est ce qu'ils vivent tous les jours. Ils voient bien qu'il y a du pognon dans les entreprises, des profits faits pendant des années sur leur dos », martèle Elisabeth Faucon qui, comme ses camarades, ne digère pas « les aides distribuées » aux entreprises.

« Les patrons nous ont mis la trouille avec le chômage et la misère, constate Catherine Durnon. Il faut que l'on inverse ça, qu'on leur foute la trouille, à eux, pour les forcer à embaucher et à augmenter les salaires. » Tout est question de rapport de force. Et de prise de conscience. D'organisation aussi. « La question que se posent les gens, c'est comment faire, comment se mobiliser, comment se serrer les coudes pour y arriver. C'est là où il y a un doute », reconnaît Claudine Roussie qui, comme ses camarades ne désespère pas d' « avoir accès aux comptes en banque des entreprises pour connaître les mauvais coups qui se préparent et savoir où passe l'argent. Tout le monde sait qu'il est facile de présenter un bilan négatif. Si les salariés et les syndicalistes pouvaient dire ce qu'ils savent, on verrait bien qu'on peut donner du travail à tout le monde. »

NICOLAS LAVALLÉE

© L'Echo (13-02-2010)