La Nouvelle République :  Lutte ouvrière : candidate " à contre-courant "

Article de presse
29/05/2012

Par sa candidature, Catherine Moreau veut " continuer à faire avancer les idées " de son parti, Lutte ouvrière, et " préparer les luttes de demain ".

Catherine Moreau défend les couleurs de Lutte ouvrière dans la deuxième circonscription. Elle mise sur une campagne de proximité pour faire avancer les idées de son parti.

Enseignante de métier, Catherine Moreau a la tête sur les épaules. La candidate de Lutte ouvrière ne se laisse pas bercer par de douces illusions. Elle est parfaitement consciente que ses chances de qualification pour le deuxième tour des législatives sur la 2e circonscription sont quasi inexistantes.

Pour autant, elle n'entend pas faire de la simple figuration dans cette campagne. « A Lutte ouvrière, nous ne sommes pas des carriéristes en politique. Tous nos candidats sont là pour porter nos idées », explique Catherine Moreau, 56 ans, qui avait déjà représenté son parti dans l'Indre - dont elle est originaire - lors des deux dernières élections législatives.

Les élections : un espace de parole

Son discours reprend les grands thèmes martelés par Nathalie Arthaud pendant la présidentielle : le profit des entreprises du Cac 40, l'interdiction des licenciements, le pouvoir dictatorial de l'argent et du monde capitaliste, la répartition du travail entre tous les travailleurs, etc. Autant d'idées déjà maintes fois développées dans les meetings et qui illustrent, pour Catherine Moreau, la constance du discours de Lutte ouvrière : « Nous ne changeons pas de ligne. Nous faisons de petits résultats aux élections car nous sommes à contre-courant : on n'adapte pas notre discours en fonction de ce qui peut plaire aux gens. »

Les résultats de Nathalie Arthaud, le 22 avril, ne changent rien à la stratégie mise en place. Au contraire, ils la confortent. « Le score est en phase avec ce à quoi nous nous attendions. Les gens ne croient plus en leur force collective, ils sont résignés. Il faut donc profiter des élections, qui sont un moment où ils sont plus réceptifs à la politique, pour continuer à aller vers eux. On s'adresse en priorité à la classe ouvrière : on veut conforter les travailleurs dans leur droit à se défendre et à refuser les sacrifices et les licenciements. »

Pas de grand meeting, donc, pour Catherine Moreau et sa suppléante, Véronique Gélinaud. Les deux femmes préfèrent « aller au contact des gens » dans la rue, sur les marchés. Les élections leur offrent un « espace de parole » qu'elles n'ont pas l'intention de négliger. « Le 22 avril, ceux qui ont préféré Hollande ou Mélanchon pour " voter utile " n'ont pas besoin de le faire le 10 juin. Là, ils peuvent vraiment se prononcer pour notre programme de lutte. Plus nous aurons de voix, plus cela donnera de la force à ces idées. »

Pour Catherine Moreau, son parti n'a « pas la prétention de déclencher des luttes. Mais nous sommes convaincus qu'un jour prochain, le mécontentement explosera et que les travailleurs sortiront de la résignation. Ce que nous faisons, au travers de nos candidatures, c'est donner un programme à ces luttes futures. »

Catherine Moreau sera présente sur le marché d'Issoudun samedi 2 juin, en matinée.

Martine Roy

© La Nouvelle République - édition de l'Indre (29/05/2012)