La Nouvelle République :  Lutte ouvrière en campagne permanente

Article de presse
30/05/2012

Anne Brunet, la candidate de Lutte ouvrière sur la première circonscription, est en campagne depuis un bout de temps. « En réalité, depuis la présidentielle, on n'a pas arrêté. » Pour elle, c'est le système électoral français, avec ce calendrier, qui le veut : « On est toujours dans la même élection. »

Alors, elle et ses camarades mènent une vraie campagne de proximité : « C'est la tête et les bras. On colle nos affiches nous-mêmes et on va dans la rue à la rencontre des gens. Quand on leur présente notre programme, on est bien accueillis. » Et ce n'est pas là le moindre des paradoxes, quand on sait que la candidate de Lutte ouvrière à la présidentielle n'a réuni sur son nom que 0,56 % des suffrages. « Avec les gens, on discute des vrais problèmes : les salaires, le quotidien. Et beaucoup de travailleurs sont d'accord avec nos solutions, même si cela ne se traduit pas forcément dans les urnes. Mais 200.000 personnes convaincues qu'il faut interdire les licenciements ou qu'il faut indexer les salaires sur les prix, ce n'est pas rien. »

L'engagement de cette prof de maths du lycée Bayet en politique ne date pas d'aujourd'hui : « Ça fait plus de vingt ans que je milite à Lutte ouvrière. » Elle a d'ailleurs déjà été candidate aux législatives dans la Vienne ; elle a figuré également sur les listes aux municipales à Tours en 2008, ainsi qu'aux régionales.

14 candidats sur la première circonscription, qu'en pense-t-elle ? « C'est positif, c'est la démocratie. Les opinions doivent pouvoir s'exprimer. » Même les pires ? « Je ne suis pas pour que le pire arrive, mais le droit à la parole est légal. »

Et pour le 2e tour ? Anne Brunet ne se berce pas d'illusions, elle n'y sera pas. Pour le reste, son organisation n'exclut rien par avance. « Il peut y avoir des cas où on donnera telle ou telle consigne. Mais bien entendu, nous ne négocions rien. Nous ne sommes vraiment pas dans cette logique. »

En attendant, pour faire le maximum avec des moyens forcément limités, les candidats de Lutte ouvrière sur les cinq circonscriptions d'Indre-et-Loire tiendront un seul et même meeting, commun, vendredi 1er juin à 20 h 30, au centre de vie du Sanitas.

Comme le résume la candidate : « Nous sommes modestes en moyens, mais ambitieux sur le fond. »

Daniel Pépin

© La Nouvelle République - édition de l'Indre-et-Loire (30/05/2012)