La République du Centre :  Lutte ouvrière (LO) veut « retrouver le chemin des luttes collectives »

Article de presse
25/02/2010

La porte-parole nationale de LO, Nathalie Arthaud, était à Orléans mardi pour tenir un meeting et inviter les classes populaires à mener « une explosion sociale ». Les salariés de Philips sont devenus des exemples.

Pour Lutte ouvrière, et sa porte-parole nationale Nathalie Arthaud, présente mardi à Orléans, cette campagne pour les élections régionales sert d'abord et avant tout de porte-voix.

Peu d'ambitions électorales, en effet, et une farouche hostilité pour l'exécutif régional. En revanche, une réelle envie « d'exprimer notre rage et de lutter contre la résignation », selon Farida Megdoud, première sur la liste du Loiret et également tête de liste régionale.

« Ce ne sont pas ces institutions qui vont défendre nos droits vitaux ni les conditions de travail des classes populaires. On ne peut compter que sur nous-mêmes. Il faut une explosion sociale », martèle Nathalie Arthaud, qui a repris avec la même sémantique trotskiste le flambeau révolutionnaire laissé par Arlette Laguiller. Et l'actualité sociale, nourrie ces derniers jours par le camouflet infligé à Dreux par les salariés de Philips à la direction du groupe, apporte de l'eau au moulin subversif de Lutte ouvrière. « Ce n'est pas le conseil régional qui s'est mis au travers de la direction de Philips, ce sont les travailleurs eux-mêmes avec leurs moyens. Il faut retrouver ce chemin des luttes collectives », lâche Nathalie Arthaud.

Du reste, le programme de Farida Megdoud ne dit pas autre chose. Il est axé sur l'emploi. Un point c'est tout. Le reste n'est que bavardages de gens riches. « Il faut arrêter ce gaspillage et tout cet argent donné aux entreprises », explique la tête de liste régionale qui prend pour exemple les subventions attribuées par la région Centre aux entreprises de la Silicon Valley, spécialisées dans les cosmétiques et la parfumerie. « Ce sont ces entreprises qui font des bénéfices, licencient, et mettent au chômage partiel. Nous, on réclame la création d'emplois. »

« La maison régionale est en train de brûler »

Pour Nathalie Arthaud comme pour Farida Megdoud, que les régions soient dirigées par des équipes de droite ou de gauche, la politique mise en place ne change guère. Peu probable donc qu'un mot d'ordre de ralliement soit prononcé pendant l'entre-deux-tours, même si cela priverait LO d'accéder à un siège régional. Une absence de représentation depuis 1998. « On pense que la maison régionale est en train de brûler et qu'elle ne sert que les ambitions des mêmes qui se disputent telle ou telle place », explique, sans appel Nathalie Arthaud. Tout est dit.

Anthony Gautier

© La République du Centre (25-02-2010)