La Nouvelle République :  Lutte ouvrière, sans illusion mais avec détermination

Article de presse
01/06/2012

Dominique Aubrun sera la candidate de Lutte ouvrière. Ses priorités : interdiction des licenciements, échelle mobile des salaires, contrôle de la finance.

Enseignante dans un lycée d'Orléans, Dominique Aubrun, 46 ans, n'est pas pour autant une inconnue dans la circonscription de Romorantin où elle a déjà représenté Lutte ouvrière aux législatives de 2002 et 2007.

La candidate du parti de Nathalie Arthaud n'attend pas de miracle du nouveau gouvernement. Elle avoue même se situer spontanément dans « l'opposition », tant l'expérience du précédent passage de la gauche aux affaires l'a déjà convaincue que « les socialistes ne sont pas plus capables de juguler la crise qu'ils ne sont décidés à défendre les salariés contre le grand capital ». Une analyse sans concession qui la pousse à « défendre des idées minoritaires, mais qui existent et qui doivent trouver à s'exprimer en dehors de la pression du vote utile ».

Idées minoritaires ? Peut-être. Elles ont au moins le mérite de la clarté. Les priorités de Lutte ouvrière tiennent en quelques points : interdiction des licenciements, partage du travail sans diminution des salaires, levée du secret bancaire, création d'un établissement financier public chargé du financement des PME.

A terme, l'objectif ultime reste « le renversement du capitalisme au profit d'une organisation communiste de la société ».

Car sur le fond, le parti ne renie rien de son idéologie de référence : c'est le capitalisme qui est rétrograde. Et il ne doute pas que les événements lui donneront raison. « On ne peut se réclamer de la classe ouvrière sans s'attaquer résolument aux intérêts financiers. L'exemple du plan social annoncé à Air France va permettre de juger très vite l'inefficacité du nouveau ministre du Redressement productif. En fin de compte, et comme on ne voudra pas toucher aux possédants, ce sont les classes moyennes qui seront mises à contribution, ce qui aura pour effet de les rejeter dans les bras de la droite ».

Sans illusion sur ses chances de figurer au second tour, Dominique Aubrun n'anticipe pas la position qu'elle sera amenée à prendre vis-à-vis des candidats restant en lice. « On jugera au cas par cas. »

© La Nouvelle République - édition du Loir-et-Cher (01/06/2012)