La Nouvelle République - Indre :  "Voter pour nous c'est exprimer sa colère"

Article de presse
16/03/2014

Numéro 4 sur la liste, Jean-Pierre Ducourtial (à droite) met la main à la pâte pour convaincre les Castelroussins de voter pour Élisabeth Milon.

Lutte ouvrière tente de séduire les électeurs en menant campagne sur des problématiques nationales.

Malgré un soleil des grands jours, il n'y a pas foule au marché de Beaulieu, ce jeudi matin. Un constat qui n'entrave pas la motivation d'Élisabeth Milon, tête de liste Lutte ouvrière, et de son colistier, Jean-Pierre Ducourtial. Tous deux battent le pavé, à la rencontre des habitants, en terrain « presque  » conquis, relève la première : « C'est un quartier populaire. »

Mais il n'est pas si simple de convaincre. Comme cette commerçante, qui n'ira pas voter. « Ça ne changera rien  », dit-elle à Élisabeth Milon. La conversation s'engage. Le chômage en est le thème central. « L'emploi, les revenus, les factures  », énumère Jean-Pierre Ducourtial quand on lui demande les principales préoccupations de ses interlocuteurs. « Ces discussions sont significatives, se convainc la tête de liste. Ce sont les problèmes nationaux qui occupent. Il y a un découragement. »

Lutte ouvrière a choisi de mener une campagne nationale, reléguant les problématiques castelo-castelroussines au second plan. « Voter pour nous, c'est voter contre le gouvernement qui s'aplatit devant les plus riches et les capitalistes : des cadeaux pour le patronat, des impôts en plus pour les petits. A Châteauroux, les candidats sont les relais de cette politique. »

Cotisations et argent personnel

Un homme âgé saisit avec entrain le tract que lui tend Jean-Pierre Ducourtial. « Je vais voter pour eux, assure-t-il, car on ne gagne pas assez à la retraite. » Lutte ouvrière n'a pas d'ambition démesurée. Élisabeth Milon espère « faire mieux  » que les 3,94 % obtenus au premier tour, en 2008. « On veut que notre programme soit connu et que les travailleurs s'en emparent s'il y a une remontée des luttes, un grand mouvement social. Voter pour nous, c'est exprimer sa colère. »

La campagne est minimaliste, sans commune mesure avec celle des candidats aux reins financiers plus solides. « On n'a pas grand-chose, reconnaît Élisabeth Milon. L'essence ou la colle, ce sont celles des militants. » L'édition des bulletins de vote et des affiches nationales est prise en charge par le parti. Pour le reste, « ce sont nos cotisations ou notre argent personnel  ». Des professions de foi ont ainsi été imprimées. Venue faire quelques courses, une femme s'empare d'un exemplaire. « Je vais l'étudier », dit-elle en s'éloignant.

Bertrand Slézak

© La Nouvelle République - Indre (15/03/2014)