Mort d’un ouvrier cordiste à Cristanol

Rassemblement à l’ouverture du procès

Brève
08/10/2019

Le 21 juin 2017, Quentin Zaraoui-Bruat, un ouvrier intérimaire cordiste de 21 ans, mourait enseveli sous 370 tonnes de résidus de céréales dans un silo de la distillerie Cristanol, à Bazancourt. Vendredi 4 octobre s’est ouvert à Reims le procès de l’entreprise sous-traitante ETH, qui l’employait.

L’association « Cordistes en colère, cordistes solidaires », qui appelait à un rassemblement devant le tribunal, a fait connaître les témoignages de ses camarades de travail. Ils décrivent l’épuisement dû aux dizaines d’heures supplémentaires imposées, aux conditions de travail dangereuses, dans l’obscurité, la poussière et la chaleur étouffante dans ces silos métalliques en plein soleil.

Ils racontent qu’aucun des cinq ouvriers présents ce jour-là, tous intérimaires, n’avait reçu les formations nécessaires en matière de sécurité. Ils ne disposaient pas non plus des téléphones spécifiques ne produisant pas d’étincelles, qu’ils auraient dû pouvoir utiliser pour prévenir quelqu’un à l’extérieur du silo en cas de problème.

Et surtout, ils expliquent que la direction de Cristanol, uniquement soucieuse de ne pas interrompre la production, les a envoyés décolmater un silo aux deux-tiers plein, en urgence et au mépris de toutes les règles de sécurité. C’est l’ouverture d’une trappe de vidange dans ce silo qui a causé la mort de Quentin, et qui a failli emporter également son camarade de travail qui essayait de le sortir de là.

Les membres de l’association le disent : ce qui a tué Quentin, c’est « la course au rendement et la pression instaurée par le donneur d'ordres qui ruissellent sur une cascade de sous-traitants » En bref, la soif de profit.

Cristanol Bazancourt

Mort pour les profits des actionnaires

Brève
08/10/2019

La distillerie Cristanol de Bazancourt appartient au groupe Cristal Union, 1er producteur français de sucre industriel et 2ème producteur européen d’éthanol, qui distribue entre autres la marque « Daddy ».

Le 22 juin 2017, le lendemain de la mort du jeune cordiste dans un de ses silos, Cristal Union proclamait dans un communiqué de presse son « excellente performance financière » : 2,5 milliards d'euros de chiffre d’affaires en seize mois.

Comme l’ont dénoncé les manifestants rassemblés devant le tribunal, c’est pour produire ces milliards de profits que la vie de travailleurs et de leurs proches a été détruite.

 

Cristal Union exempté de procès

Permis de tuer pour les exploiteurs

Brève
08/10/2019

La banderole déployée lors du rassemblement devant le tribunal rappelait que la mort de Quentin n’est pas la première : deux autres jeunes cordistes de 23 et 33 ans sont morts eux aussi en 2012 à Cristanol, ensevelis sous 3000 tonnes de sucre.

En mars dernier, le groupe Cristal Union et l’entreprise sous-traitante Carrard ont chacun été condamnés pour ces morts.

Mais pour ce procès, le procureur a choisi de ne pas faire comparaître Cristal Union, alors que le rapport rédigé par l’inspection du travail établit la responsabilité de Cristanol, et pas seulement celle de l’entreprise sous-traitante ETH. L’inspectrice du travail venue témoigner a même précisé que ne pas faire comparaître Cristal Union revenait à ne pas demander de comptes sur certaines des infractions relevées, dont Cristanol est seul responsable.

En juin 2018, lors de l'assemblée générale du groupe, le directeur général adjoint de Cristal Union annonçait : « Les cadences ont été les plus élevées que Cristal Union n'ait jamais connues » et se félicitait de ce que « les tonnages de Bazancourt ont été allègrement dépassés ».

Pour produire toujours plus de profit, Cristal Union continue d’aggraver l’exploitation.

Et la justice bourgeoise, rien d’étonnant à cela, lui donne un blanc-seing pour poursuivre dans cette voie, quitte à fermer les yeux sur les morts qui jalonnent le chemin.

Suicide d’une directrice d’école à Pantin

Rassemblement d’enseignants au Rectorat de Reims

Brève
08/10/2019

Jeudi 3 octobre, le jour des obsèques de Christine Renon, la directrice d’école qui s’est suicidée après avoir écrit une lettre dans laquelle elle dénonçait ses conditions de travail, une centaine d’enseignants se sont rassemblés à 17h devant le Rectorat de Reims.

Parmi eux, beaucoup de directrices et de directeurs d’école dont certains ont pris la parole pour dire leur colère, la charge de travail toujours plus grande, l’absence de moyens pour y faire face et les pressions de la hiérarchie, mais aussi leur envie d’y résister.

Tous ceux qui se sont regroupés partageaient l’envie de faire quelque chose et se demandaient comment faire pour lutter contre cette dégradation et entraîner leurs collègues à se joindre à eux.

CHU de Reims

Les grèves se succèdent

Brève
08/10/2019

Dans le sillage du personnel des urgences, qui avait rejoint dès le 20 juin dernier le mouvement national de grève des services d’urgence, suivi par le personnel des urgences pédiatriques début juillet, les travailleurs et travailleuses de différents services de l'hôpital se sont eux aussi mis en grève ces dernières semaines.

Après les assistants de régulation médicale du Centre 15 le 16 septembre, les infirmières de bloc opératoire ont débrayé le 21 septembre, et depuis le 30 ce sont les services de la réanimation et du SMUR qui se sont mis en grève à leur tour.

Dans chaque service, les grévistes mettent en avant leurs propres revendications, qui se rejoignent cependant autour des mêmes problèmes : le niveau des salaires, insuffisant, et le manque de moyens et de personnel qui ne permettent pas de faire le travail correctement.

A l’hôpital comme partout ailleurs, on demande aux travailleurs d’en faire toujours plus en gagnant toujours moins.

Tous ceux qui sont entrés dans la grève ont choisi de se battre ensemble contre cela et ils ont bien raison !