Michelin - La Chapelle-Saint-Luc (Aube)

Les travailleurs ne doivent pas payer la casse

Brève
15/10/2019

Sur le site de La Chapelle-Saint-Luc, l’usine où sont produits les pneus agricoles, Michelin a mis en place tout un savant planning de journées de chômage partiel. En gros, nombreux sont les salariés qui chôment les jeudis et vendredis. Ce qui se traduit, de mois en mois, par une diminution des salaires de dizaines voire de centaines d’euros.

Lors de ces journées en activité partielle le salarié ne touche que 70 % du brut de l’horaire effectif. Ce qui signifie que pour chaque journée de 8 heures chômée, au lieu de toucher 100 % des 8h, les travailleurs sont indemnisés de 70 % de 7h10. Les 50 minutes de temps de pause inclues dans le temps de travail ne comptent plus. C’est une double arnaque.

À tout cela, s’est ajouté l’arrêt de l’usine de La Chapelle le mardi 8 octobre pour le reste de la semaine. Une pièce qui casse en préparation à chaud et toute l’usine est arrêtée. Là c’est du chômage technique.
Ce chômage technique va-t-il représenter une perte pour les actionnaires de Michelin ? Certainement pas puisque les salaires de tous ceux en activité partielle vont être pris en charge par l’État. Un État qui veille à éviter aux entreprises toute baisse de ressources même en cas d’arrêt de travail pour des raisons techniques ou en cas de soi-disant difficultés conjoncturelles.

Par contre, pour les ouvriers, cela va encore représenter une baisse de salaire. Nos emplois et nos salaires doivent passer avant les dividendes des actionnaires !

Mémorial Charles-de-Gaulle (Haute-Marne)

Encore une grève chez De Gaulle

Brève
15/10/2019

Huit des douze salariés qui font tourner le site de Colombey-les-Deux-Églises ont débrayé dimanche 29 septembre pour protester contre leurs conditions de travail. Ils étaient 17 à l’ouverture du site en 2008, et ne sont plus que douze (dont deux CDD) aujourd’hui, avec la même amplitude horaire. Résultat : des semaines à 40-42 heures en saison haute, les week-end travaillés, jamais deux jours de repos consécutifs, et tout ça pour 1200 à 1400 euros par mois.

Devant cette première grève de l’histoire du mémorial, la direction a proposé 2 % d’augmentation de salaire dès octobre, mais pour les grévistes, ça n’est bien-sûr pas suffisant. Ils réclament notamment une prime pour les dimanche et jours fériés, la suppression des jours de carence et des congés imposés pendant la fermeture du site, un 13ème mois, et de vraies augmentations de salaires.

En tout cas, les salariés ont pu faire l’expérience que c’est collectivement et par le rapport de forces qu’ils ont contraint la direction à prendre en compte leurs revendications.

Ardennes (08)

Non à la fermeture des collèges !

Brève
15/10/2019

Le Conseil départemental des Ardennes, à majorité LR, veut fermer 7 collèges, dont 3 à Charleville. À Sedan, il ne resterait plus que deux collèges publics alors même qu’en septembre, une grève dénonçait les effectifs pléthoriques des classes du collège qui risque de fermer. Dans toutes les communes concernées, la nouvelle suscite une profonde émotion et beaucoup de colère. Les parents dénoncent l’allongement du temps de transport des enfants. Les enseignants dont les postes vont être supprimés craignent avec raison de ne pas tous réussir à en retrouver un dans le département.

L’objectif manifeste du département est de faire des économies budgétaires en regroupant les élèves dans un nombre restreint de plus gros établissements. Mais les parents comme les enseignants ne comptent pas se laisser faire. Des réunions s’organisent, une pétition a été lancée et une journée école et collège morts est annoncée à Signy-le-Petit pour le vendredi 18 octobre.

Mort d’un ouvrier cordiste à Cristanol

Rassemblement à l’ouverture du procès

Brève
08/10/2019

Le 21 juin 2017, Quentin Zaraoui-Bruat, un ouvrier intérimaire cordiste de 21 ans, mourait enseveli sous 370 tonnes de résidus de céréales dans un silo de la distillerie Cristanol, à Bazancourt. Vendredi 4 octobre s’est ouvert à Reims le procès de l’entreprise sous-traitante ETH, qui l’employait.

L’association « Cordistes en colère, cordistes solidaires », qui appelait à un rassemblement devant le tribunal, a fait connaître les témoignages de ses camarades de travail. Ils décrivent l’épuisement dû aux dizaines d’heures supplémentaires imposées, aux conditions de travail dangereuses, dans l’obscurité, la poussière et la chaleur étouffante dans ces silos métalliques en plein soleil.

Ils racontent qu’aucun des cinq ouvriers présents ce jour-là, tous intérimaires, n’avait reçu les formations nécessaires en matière de sécurité. Ils ne disposaient pas non plus des téléphones spécifiques ne produisant pas d’étincelles, qu’ils auraient dû pouvoir utiliser pour prévenir quelqu’un à l’extérieur du silo en cas de problème.

Et surtout, ils expliquent que la direction de Cristanol, uniquement soucieuse de ne pas interrompre la production, les a envoyés décolmater un silo aux deux-tiers plein, en urgence et au mépris de toutes les règles de sécurité. C’est l’ouverture d’une trappe de vidange dans ce silo qui a causé la mort de Quentin, et qui a failli emporter également son camarade de travail qui essayait de le sortir de là.

Les membres de l’association le disent : ce qui a tué Quentin, c’est « la course au rendement et la pression instaurée par le donneur d'ordres qui ruissellent sur une cascade de sous-traitants » En bref, la soif de profit.

Cristanol Bazancourt

Mort pour les profits des actionnaires

Brève
08/10/2019

La distillerie Cristanol de Bazancourt appartient au groupe Cristal Union, 1er producteur français de sucre industriel et 2ème producteur européen d’éthanol, qui distribue entre autres la marque « Daddy ».

Le 22 juin 2017, le lendemain de la mort du jeune cordiste dans un de ses silos, Cristal Union proclamait dans un communiqué de presse son « excellente performance financière » : 2,5 milliards d'euros de chiffre d’affaires en seize mois.

Comme l’ont dénoncé les manifestants rassemblés devant le tribunal, c’est pour produire ces milliards de profits que la vie de travailleurs et de leurs proches a été détruite.