La Chapelle-Saint-Luc (Aube)

Michelin : le chantage se met en route

Brève
05/10/2019

Lundi 16 septembre, la presse nationale et locale citait des extraits d’un document interne au groupe Michelin, qui plaçait quatre usines françaises sur la sellette pour cause de « nette dégradation de leur compétitivité ». Mais ce sont tous les sites qui sont concernés.

Dans sa guerre commerciale avec les concurrents, Michelin voudrait enrôler les travailleurs, les utiliser comme fantassins, comme chair à profit. C’est pourquoi, à l’usine de La Chapelle-Saint-Luc, comme sur les autres sites, les directions mettent en place des groupes de travail, où les salariés auront à faire eux-mêmes des propositions pour améliorer la productivité de l’usine.

On sait ce que valent de telles initiatives : dans le public comme dans le privé, il s’agit de rendre les travailleurs complices de leur propre exploitation, en leur demandant de réfléchir eux-mêmes à des aménagements de postes et d’horaires, dont les seuls qui seront retenus seront évidemment ceux qui font baisser les coûts, donc grimper les bénéfices patronaux.

Michelin veut alimenter l’angoisse et pousser les ouvriers à accepter de nouveaux reculs de leurs conditions de travail, en leur faisant croire que c’est la condition pour assurer la pérennité des emplois. C’est un chantage indigne, et c’est mensonger.

Courriers de l’Aube – Reims

une grève victorieuse !

Brève
26/09/2019

Après avoir fait une première grève le mercredi 11 septembre, 18 des 35 salariés des Courriers de l’Aube de Reims ont remis cela la semaine suivante. Ils entendaient dénoncer leurs conditions de travail et le nouvel accord d’entreprise mis en place par la direction.

Cette entreprise, basée à Troyes, est une filiale du groupe Transdev travaillant en sous-traitance de la Citura (transports urbains de Reims, employant 600 salariés) qui appartient au même groupe. Les chauffeurs des Courriers de l’Aube, en faisant pourtant le même travail, gagnent plusieurs centaines d’euros en moins.

Pendant toute la semaine, la direction a joué le pourrissement, avançant sur certaines revendications avant de les retirer, faisant à chaque fois un chantage à la reprise du travail. Face à elle, elle a trouvé des travailleurs qui sont restés unis, décidant collectivement de leur grève et des actions à mener. Ils se sont rendus ainsi à la collectivité du Grand Reims, délégataire de ce marché public au groupe Transdev, pour dénoncer le dumping social dont elle est complice. Ils ont distribué des tracts au centre-ville et la population exprimait sa solidarité en versant à la caisse de grève, tout comme les chauffeurs de la Citura, qui affirmaient eux aussi leur soutien par des coups de klaxon.

Vendredi 20 septembre au soir, après avoir compris que les grévistes seraient encore plus nombreux la semaine suivante, la direction a finalement cédé. Les services des chauffeurs seront revus, les primes de jours fériés et dimanches sont maintenues et d’autres sont augmentées. En tout, les travailleurs gagneront environ mille euros brut de plus par an. Et, alors qu’elle s’y refusait, la direction paiera deux journées de grève sur les cinq, tandis que les retenues des autres journées seront lissées sur plusieurs mois.

Surtout, les chauffeurs des Courriers de l’Aube ont retrouvé leur dignité face à une direction qui les méprisait. Comme le disait l’un des grévistes : « Avant, quand j’arrivais au dépôt, je rasais les murs, aujourd’hui j’ai retrouvé ma fierté. » Cette grève était une première et a créé des liens de camaraderie forts, tous sentant qu’ils se sont fait respecter.

 

Le milliardaire et l’enfant mort

Brève
26/09/2019

article de notre hebdomadaire, du 18 septembre 2019

Nolan, 10 ans, vient de mourir. En 2011, comme une quinzaine d’enfants, il avait été intoxiqué par un steak haché, acheté chez Lidl et contaminé par une variété très dangereuse de la bactérie Escherichiacoli. Depuis il souffrait de graves handicaps physiques et mentaux. L’entreprise productrice des steaks, SEB-Cerf à Saint-Dizier (Haute-Marne), n’avait pas procédé aux contrôles nécessaires, pour faire des économies. Elle a fermé depuis, Lidl ayant cessé de lui acheter sa production, et les 140 salariés ont été licenciés. L’ex-responsable qualité s’est suicidé, après avoir été chargé par le gérant de la société. Celui-ci, qui a nié toute responsabilité, a été condamné, mais il a fait appel puis s’est pourvu en cassation. À ce jour, il n’a rien payé et n’a pas fait un jour de prison.

Quant aux parents, ils n’ont pas touché un euro d’indemnités. Endettés à cause des frais médicaux, des procédures et des aménagements de leur maison pour donner un peu de confort à leur enfant lourdement handicapé, ils ne savent même pas comment payer les obsèques.

Il y a d’un côté Nolan, sa famille et 140 chômeurs ; de l’autre, le multimilliardaire Schwarz, héritier de Lidl, qui s’enrichit en faisant pression sur ses employés et ses fournisseurs, avec les conséquences que l’on voit.

M.B.

Courriers de l'Aube (Reims)

La grève va se poursuivre

Brève
15/09/2019

Mercredi 12 septembre, la majorité des chauffeurs de bus des « Courriers de l’Aube » se sont mis en grève pour leurs conditions de travail et leurs salaires, dégradés par un nouvel accord d’entreprise (perte de jours de RTT et baisse de primes).

Chez ce sous-traitant, les salaires sont en moyenne 400 à 500 euros inférieurs à ceux des salariés des transports urbains de Reims (Citura). C’est d’autant plus choquant pour les salariés que les deux sociétés appartiennent au même groupe Transdev.

Vu la faiblesse des propositions de la direction, les travailleurs ont voté collectivement pour une nouvelle grève lundi prochain, montrant ainsi leur détermination.

Reims

Manifestation de soutien aux migrants

Brève
12/09/2019

Mardi 11 septembre, une cinquantaine de manifestants se sont rassemblés devant la sous-préfecture de Reims pour exiger des logements pour les familles de migrants. En effet, plus de 70 personnes vivent actuellement dans un campement de fortune, sous des tentes ou dans des cabanes de bric et de broc.

Une cabane en palettes a été dressée sur la Place Royale pour dénoncer les conditions de vie indignes qui sont imposées aux réfugiés et le concert de casseroles rappelait qu’un « Toit est un droit » !