Fermeture annoncée de l'usine Yto (Saint-Dizier)

Paroles de patrons

Brève
01/12/2018

Cette usine emblématique de Saint-Dizier a changé de patron de nombreuses fois. De la Compagnie Internationale de Machine Agricole, à Case puis McCormick et enfin Yto, nombreux sont les patrons à s'être succédé au fil des décennies pour licencier et finalement vider cette usine qui ne servira plus que d'espace commercial.

Tous ces patrons successifs ont promis de sauvegarder l'emploi, en commençant par licencier chaque fois la moitié du personnel. Le groupe chinois Yto ne fait pas exception à la règle : il ne fait que terminer le travail en supprimant les 80 derniers emplois de ce site qui en comptait encore 1500 dans les années 1980.

Les ouvriers se sentent aujourd'hui trahis : leur expérience douloureuse prouve en tout cas que tous les capitalistes du monde parlent la même langue, celle du mensonge aux travailleurs. Les travailleurs ont bien raison de se mobiliser pour les faire payer le plus cher possible.

La Poste – Charleville-Mézières

Grève au centre de tri

Brève
16/11/2018

À l’occasion de la venue d’Emmanuel Macron, le 7 novembre, à Charleville-Mézières, dans les Ardennes, 55 des 80 agents du centre de tri se sont mis en grève pour exprimer leur mécontentement à propos de leurs conditions de travail.

Comme dans d’autres villes de France, La Poste, prétextant une baisse de trafic, a procédé à une réorganisation qui s’est traduite par la suppression de quinze postes de travail. Depuis, ce sont 10 000 à 20 000 lettres par jour qui ne peuvent pas être distribuées. Des colis jonchent le sol, empêchant toute circulation sur la plateforme de tri. D’autres agents ont été transférés dans des locaux minuscules où faute de tables et de chaises en nombre suffisant, le tri du courrier se fait à même le sol. Pour essayer de résorber le trafic, la direction a allongé les tournées des facteurs, recourt régulièrement à des CDD et impose des heures supplémentaires. Les postiers ont conscience que tant qu’il n’y aura pas d’embauches conséquentes, la situation déjà insupportable continuera de se dégrader.

Le 7 novembre, ils étaient une trentaine à tenir un piquet de 5 heures à 11 heures du matin devant le centre, pour inviter leurs collègues à les rejoindre et discuter avec les usagers qui manifestaient leur soutien.

Suite à l’assemblée générale, un petit cortège est allé rejoindre au centre-ville la mobilisation contre la venue de Macron. Le cortège n’est pas passé inaperçu puisque l’équipe présidentielle a dépêché un sous-fifre pour recevoir en toute hâte une délégation des postiers grévistes.

Les postiers n’ont pour l’instant obtenu que la promesse d’une enquête et d’une réunion avec la direction, mais vu le succès de cette mobilisation, il est possible que d’autres grèves éclatent si des embauches ne sont pas rapidement réalisées.

Tagar (Carignan, Ardennes)

Des propos d’une impudence crasse

Brève
29/10/2018

N’ayant reçu aucune réponse après avoir sollicité une partie des travailleurs licenciés de PCH Metals (usine de Châlons-en-Champagne dans la Marne, spécialisée dans les radiateurs et pièces de tôlerie, liquidée en juillet dernier, 87 licenciements, reprise en Scop par 17 d’entre eux), le patron de Tagar (PME de 28 salariés, sous-traitant industriel dans le secteur de l’acier, basée à Carignan dans les Ardennes) se répand en lamentations dans la presse locale.

Voici ce qu’il y déclare : « Le coupable de votre chômage, ce n’est pas la mondialisation ou l’immigration ou le patronat. Le coupable de votre chômage, c’est l’immobilisme. » Eh oui, pour lui, déménager à 110 km ne devrait pas faire reculer un chômeur ! Mais outre le fait que c’est bien le patronat qui décide des fermetures d’usine comme PCH Metals, et donc que ce sont bien les patrons qui sont responsables du chômage et non les travailleurs, ces derniers ne sont pas des machines. Ils ont une famille, des amis, toute une vie sociale qui ne peut pas déménager avec eux. Ils ont aussi parfois investi dans une maison. Et, par ailleurs, ce patron omet de déclarer qu’il est resté bien discret concernant le montant des salaires proposés, bien plus faibles que ceux des anciens salariés de PCH.

Il faudra bien un jour leur faire ravaler leur arrogance.

AFPA (Association nationale de formation professionnelle des adultes, agence de Reims)

10 emplois menacés

Brève
29/10/2018

L’agence de Reims, dont l’activité consiste à apporter des formations aux chômeurs, va mettre au chômage dix de ses 28 salariés. Cette suppression d’emplois s’inscrit dans un vaste plan social décidé par la direction de l’AFPA, puisque 1 541 emplois sur 6 773 sont supprimés au niveau national. C’est l’État qui porte directement la responsabilité de cette décision, après avoir transformé l’association en Epic en 2016, lui transférant par la même occasion la charge d’une multitude de locaux en mauvais état sans lui donner les moyens d’y faire face (voir l’article du journal).

En supprimant l’emploi des personnes justement chargées d’aider à la réinsertion des chômeurs, l’État montre qu’il n’a que faire de l’aggravation du chômage qu’il prétend combattre.

ADMR de Signy-le-Petit – Ardennes

En grève contre la dégradation de leurs conditions de travail

Brève
29/10/2018

Huit des aides-soignantes de cette antenne de l’ADMR (aide à domicile en milieu rural) ont débrayé vendredi dernier pour exprimer leur colère contre la nouvelle présidente de l’association – un médecin – qui se comporte en véritable patronne, comme elle l'a elle-même déclaré au JT régional : "L’employeur c’est moi, et les employées c’est elles ; donc c’est l’employeur qui commande et pas les employées". Mais les « employées » en question ne veulent pas des temps de trajet raccourcis qu’elle entend leur imposer avec un smartphone connecté qui les géolocaliserait, ni des changements impromptus de patients pris en charge, ni d’une amplitude horaire révisée à la hausse. Elles entendent au contraire passer le temps qu’il faut avec les personnes âgées dont elles s’occupent, sans risquer un accident sur la route.

Et la « patronne » de poursuivre, cette fois-ci dans la presse locale : "Elles travaillent bien mais elles pourront s’asseoir sur leur prime de Noël." On espère au contraire que la lutte engagée par les travailleuses saura la faire reculer.