Européennes 2009

Archives Électorales
28/09/2010

Les résultats de Lutte Ouvrière

Dans la circonscription Est (Alsace, Bourgogne, Champagne-Ardenne, Franche-Comté, Lorraine), la liste Lutte Ouvrière conduite par Claire Rocher, a recueilli 31 834 soit 1,46 % des suffrages.

8 juin 2009 - Élections européennes : une majorité a voté avec ses pieds

Ces dernières élections européennes ont battu tous les records d'abstentions. Près de 60 % des électeurs, une très forte majorité, n'ont pas jugé utile de se déplacer pour aller voter. L'abstention est particulièrement élevée dans les villes ou les quartiers populaires où le nombre de votants s'est réduit parfois à un électeur sur trois, voire un sur quatre ! C'est peu dire qu'à juste raison, l'électorat populaire n'attend rien du Parlement européen. Mais il n'a pas eu envie non plus de se déplacer pour cautionner avec ses votes les grands partis qui assument à tour de rôle la direction du gouvernement.

L'UMP arrive en tête, mais elle n'a pas de quoi pavoiser. Étant donné le nombre d'abstentions, ses 28 % représentent à peine 12 % de l'électorat.

Lorsque le parti gouvernemental affirme mener sa politique, favorable aux riches et désastreuse pour les classes populaires, au nom de la majorité de la population, c'est une escroquerie. Ce qui n'empêche pas les ministres qui se sont succédé sur les écrans de télévision d'affirmer que les "réformes" continuent. Continueront donc les mesures qui, toutes, aggravent les conditions d'existence du monde du travail.

L'électorat populaire n'a pas voulu pour autant utiliser le vote P.S. pour marquer son opposition à Sarkozy, tant reste vive dans les classes populaires la déception des cinq ans de la Gauche plurielle au pouvoir, qui a gouverné au service des seuls possédants. Mais, même dans l'opposition, le Parti Socialiste n'a rien à dire aux exploités. L'électorat socialiste lui-même s'est détourné de son parti pour se porter sur le vote écologiste.

Nos scores sont modestes mais témoignent de la permanence d'un courant qui se retrouve dans les idées défendues par Lutte Ouvrière. Et, si le poids de cet électorat est faible dans les urnes, il représente des dizaines de milliers de salariés qui pourront peser dans les futures luttes sociales.

Les élections européennes constituent un épiphénomène dans une période où les classes populaires subissent des attaques, redoublées par la crise, de la part du grand patronat et du gouvernement.

Ces attaques ne se sont pas arrêtées et n'ont même pas diminué d'intensité pendant la campagne électorale. Pendant que fusaient les slogans du genre "une Europe meilleure", "une Europe plus sociale", les plus grosses entreprises continuaient à annoncer des plans de licenciements.

Et cela ira en s'accélérant. La classe capitaliste se battra bec et ongles pour que la crise de son économie n'affecte pas trop ses profits et pas du tout les revenus et la fortune de la grande bourgeoisie. Pire, comme elle s'attend à une crise longue, elle licencie par anticipation et en profite pour aggraver le rapport de forces entre patrons et salariés.

Les élections européennes passées, on verra les dirigeants des grands partis brandir les prochaines échéances électorales, les régionales dans moins d'un an et, surtout, la présidentielle en 2012. Leur métier, c'est de promettre, les uns l'amélioration dans la continuité, les autres dans le changement, en disant n'importe quoi. Quoi qu'ils promettent, ce ne peut être que mensonge car le véritable pouvoir est entre les mains du grand patronat qui, en cette période de crise, ne fera aucun cadeau aux classes populaires.

Les travailleurs ne peuvent pas attendre les prochaines échéances électorales pour se défendre. Ils ne peuvent pas accepter d'être lanternés alors que les licenciements se multiplient et que le monde du travail est poussé vers la pauvreté.

La crise elle-même, l'avidité de la classe capitaliste pousseront les travailleurs à se défendre par le seul moyen efficace : la lutte collective.

Alors, ce qui compte pour l'avenir, ce n'est pas le rapport de forces électoral entre l'UMP et le P.S., ou entre les écologistes et le Modem de Bayrou, qui excite tant les commentateurs.

Ce qui comptera, c'est la capacité et la volonté de la classe ouvrière à se mobiliser, à déployer ses forces qui sont immenses car c'est elle qui fait marcher l'économie. Ce qui comptera, c'est sa capacité à imposer des exigences qui changent durablement le rapport de forces avec le patronat. À commencer par la mise en cause du pouvoir sans contrôle des groupes capitalistes sur l'économie.

Arlette Laguiller

Profession de foi

Travailleuses, travailleurs, salariés, électeurs des classes populaires,

Plus que les cinquante ans de laborieux marchandages pour mettre en place le Marché commun puis l'Union européenne, c'est la crise qui unit aujourd'hui le destin des travailleurs d'Europe.

D'un bout à l'autre du continent, c'est un même spectacle de désolation : des usines qui licencient ou ferment purement et simplement, qui diminuent les salaires notamment par le biais du chômage partiel, des femmes et des hommes condamnés à la misère.

Pourtant, l'Europe, et plus précisément sa partie occidentale, est une des régions les plus riches du monde, riche du travail passé et présent accumulé par ses classes laborieuses, mais aussi du pillage du reste du monde.

Mais la classe capitaliste qui domine ce continent et le monde entier veut faire payer aux classes populaires, et avant tout aux salariés, cette crise économique, dont elle est entièrement responsable.

Les maîtres de cette économie sont pires que les bandits de grands chemins qui détroussaient les voyageurs. Ils jettent des milliers de leurs salariés à la rue, sans état d'âme, sans se préoccuper de ce qu'ils deviendront une fois au chômage. Et comme le sort de bien des petits commerçants, des artisans, dépend directement ou indirectement du pouvoir d'achat des salariés, la fermeture d'une usine signifie souvent la ruine d'une ville ou d'une région entière.

Pour permettre aux financiers de garder les mêmes profits malgré la crise et même de les augmenter, l'État met à leur disposition les finances publiques. Pour cela, il supprime des emplois indispensables dans les services publics, des hôpitaux à l'Éducation nationale en passant par les transports publics.

Lutte Ouvrière se présente dans ces élections européennes, en premier lieu, pour dénoncer un système économique qui, périodiquement, conduit à de tels cataclysmes.

Pourquoi des hommes capables de travailler sont-ils condamnés brutalement à l'inactivité forcée ?

Pourquoi manque-t-il des millions de logements alors qu'il y a des millions de chômeurs ?

Lutte Ouvrière se présente pour dénoncer les grands groupes industriels et financiers, qui exercent une dictature sur l'économie et sur toute la vie sociale, et sont de ce fait plus puissants que les dirigeants politiques. Elle se présente pour affirmer que mettre fin à cette dictature est une nécessité vitale pour toute la population. Il faut réorganiser l'économie afin qu'elle vise à satisfaire les besoins de tous au lieu d'être orientée pour générer du profit pour une petite minorité.

Pour la défense du monde du travail

Le chômage est une catastrophe sociale qui n'a rien de naturel ni de divin. Une grande entreprise frappée par la mévente, au lieu de licencier pourrait répartir le travail entre tous sans diminuer les salaires en prenant l'argent sur les profits présents ou passés.

Il faut donc interdire les licenciements sous peine de réquisition sans indemnité ni rachat.

Pour préserver le pouvoir d'achat et relancer l'économie en prenant sur les profits antérieurs, il faut une augmentation générale des salaires, des retraites et des allocations et leur indexation sur les hausses de prix.

Au-delà de ces exigences de survie, les classes populaires ont intérêt à imposer des exigences plus fondamentales.

Même les partisans les plus acharnés de l'économie capitaliste dénoncent aujourd'hui l'absence de contrôle qui a permis d'abord que des quantités croissantes de capitaux soient orientées vers la spéculation au lieu d'être investies dans la production utile, puis que cette spéculation prenne des formes de plus en plus dangereuses avant de conduire à la crise financière.

Pour lutter contre le chômage et la baisse du pouvoir d'achat, il faut éclairer, rendre public tout ce qui se passe dans les finances des grandes entreprises.

Il faut connaître les relations entre les grandes entreprises et leurs sous-traitants, comme entre les petits producteurs et les grandes chaînes commerciales. Qui empoche les marges ? Quels sont les dessous-de-table ? Qui étrangle qui ? Quels sont les projets de suppressions d'emplois à court et à long terme ? Et pour cela, il est impératif de supprimer le secret des affaires. Les licenciements collectifs ne sont jamais une nécessité mais toujours un choix pour plus de profits.

Imposer un contrôle sur les finances des entreprises est le seul moyen d'empêcher que l'argent qu'elles accumulent soit détourné vers la spéculation financière.

Contre l'Europe forteresse

Même à l'intérieur de l'Union européenne, les frontières nationales sont loin d'être devenues de simples limites administratives.

L'Europe des bourgeois, c'est l'Europe de la chasse aux immigrés, l'Europe des expulsions.

Par la navigation, la Méditerranée a été, pendant des temps immémoriaux, un lieu d'échanges entre les peuples qui vivent sur ses rivages. Ceux du continent européen et ceux du Maghreb ou d'Afrique noire sont liés par une histoire commune. Et aujourd'hui encore, sur les chaînes de production des usines d'automobiles, les travailleurs nés en France côtoient des travailleurs nés de l'autre côté de la Méditerranée.

L'Europe des bourgeois fait pourtant de cette mer intérieure un obstacle à la circulation des hommes.

Contre la domination des financiers sur l'Europe

Nous critiquons l'actuelle Union européenne et ses institutions parce qu'elles sont toutes des instruments de la bourgeoisie. Les différentes bourgeoisies d'Europe l'ont créée dans leur intérêt exclusif. En outre, la partie occidentale, riche, de l'Europe exerce une véritable domination sur sa partie orientale.

L'unification de l'Europe est cependant une bonne chose. Débarrassés de la dictature des groupes industriels et financiers, les États-Unis socialistes d'Europe, englobant l'ensemble du continent et ouverts sur l'extérieur, seront un progrès formidable.

Nous combattrons toutes les formes de protectionnisme, qu'il soit pratiqué entre pays de l'Union européenne ou aux frontières de celle-ci. Le protectionnisme n'est jamais fait pour protéger les intérêts des travailleurs d'un pays, mais toujours pour protéger les intérêts des capitalistes et des banquiers.

Une des pires formes des frontières est celle qu'on dresse dans les têtes pour opposer les peuples les uns aux autres.

Ceux qui essaient de dresser les travailleurs les uns contre les autres en fonction de leur pays, de leur nationalité, de leur langue ou de la couleur de leur peau, sont nos pires ennemis.

Harmoniser les droits par le haut

Cette Europe des marchands, si sourcilleuse sur la question de la « concurrence non faussée », si prompte à réglementer à tort et à travers quand il s'agit de la circulation des marchandises, ne se soucie pas du tout des êtres humains. Si le marché est plus ou moins harmonisé, les droits sociaux ne le sont pas. Pas plus que ne le sont les salaires.

Même pour un droit aussi élémentaire que le droit des femmes à disposer de leur propre corps, l'Union européenne s'accommode parfaitement de législations comme celles de la Pologne et de l'Irlande qui refusent l'interruption volontaire de grossesse ou celle de Malte qui interdit même le divorce.

Il faut imposer une clause garantissant à toutes les femmes les droits des Européennes les plus favorisées, c'est-à-dire garantissant à toutes les droits de celles qui sont les moins opprimées.

Harmoniser, par le haut, les droits sociaux, le salaire minimum, la protection sociale, les droits des femmes, est une revendication élémentaire. C'est en outre le moyen de s'opposer à ce que les capitalistes jouent les salariés des différents pays les uns contre les autres.

Les choses décisives ne se déterminent ni dans les parlements nationaux ni au Parlement européen. Mais, puisque l'électorat est convié à s'exprimer,

Votez Lutte Ouvrière !

Pour une Europe débarrassée de la dictature des financiers !

Pour exprimer la colère des classes populaires !

Les candidats de Lutte Ouvrière dans l'Est

1. Claire ROCHER, infirmière au CHU de Dijon (Côte-d'Or)

2. Thomas ROSE, enseignant (Marne)

3. Geneviève LEMOINE, assistante sociale (Nièvre)

4. Mario RINALDI, technicien dans l'industrie automobile (Moselle)

5. Christiane NIMSGERN, aide-soignante en hôpital public (Meurthe-et-Moselle)

6. Roland ROBERT, ouvrier de l'automobile (Bas-Rhin)

7. Dominique REVOY, enseignante (Jura)

8. Christian DRIANO, ouvrier dans l'industrie automobile (Doubs)

9. Nathalie MULOT, agent territorial (Haut-Rhin)

10. Daniel ROUILLON, ouvrier soudeur (Territoire de Belfort)

11. Nicole FRIESS, adjointe administrative en hôpital public (Doubs)

12. Pascal DUFRAIGNE, ouvrier dans la chimie (Saône-et-Loire)

13. Joëlle BASTIEN, ouvrière (Marne)

14. Julien WOSTYN, ouvrier dans l'industrie automobile (Haut-Rhin)

15. Jacqueline LAMBERT, ouvrière retraitée (Côte-d'Or)

16. Aimé SENSE, mineur retraité (Haut-Rhin)

17. Charlotte CORMERAIS, enseignante (Marne)

18. Pierre BISSEY, enseignant retraité (Aube)

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