Déclaration de Nathalie Arthaud sur l'affaire Alstom

Communiqué
02/05/2014

Montebourg ressemble à ces bonimenteurs de foire, payés pour raconter et vendre n'importe quoi à des gogos ; parce que son histoire de patriotisme économique, c'est ça !

Regardez son cinéma autour d'Alstom ! Il s'excite et fait mine d'œuvrer pour l'intérêt supérieur en poussant l'offre de Siemens. Mais Hollande et les ministres qui s'agitent autour de lui savent que la décision ne leur appartient pas. Ils savent que, dans cette société, le pouvoir est dans les mains de ceux qui détiennent les capitaux.

Si les grands actionnaires d'Alstom, à commencer par Bouygues, actionnaire pour 29%, trouvent plus d'intérêt à vendre à GE qu'à Siemens, ils vendront à GE. N'en déplaise au gouvernement, à Montebourg et ses sornettes patriotiques.

Sornettes patriotiques vraiment, car ce que ne dit pas Montebourg, c'est que les turbines à gaz fabriquées par Alstom l'ont été pendant une décennie sous licence GE, sous licence américaine. Et cela ne posait pas de problème d'indépendance !

Alstom avec ses 18 000 salariés en France et ses 70 000 salariés dans le monde, avec son activité essentiellement tournée vers l'exportation n'est pas plus « française » que GE avec ses 11 000 salariés !

Qu'ils soient Français, Américains, Allemands, Chinois ou autres, tous les groupes capitalistes sont à mettre dans le même sac. Et les travailleurs de Belfort en savent quelque chose. Qu'ils travaillent chez Alstom ou chez GE, ils ont été confrontés aux suppressions d'emplois, aux restructurations, au chantage à la compétitivité. Seule différence... GE paye mieux qu'Alstom !

Comme l'a dit un ouvrier d'Alstom, « peu importe la couleur du bleu de travail, l'important est d'avoir du travail ». Alors, laissons les bonimenteurs de foire discourir sur l'indépendance de la France et pleurer sur la perte des « fleurons français » qui ne sont ni des fleurons ni « français ». Ils ne sont bons qu'à cela.

Oui, il y a de quoi être révolté par ce Monopoly capitaliste où les travailleurs sont vendus, achetés, loués, licenciés comme s'ils étaient des pions et sans, bien sûr, qu'ils aient leur mot à dire. Où il n'y a que les profits, la rentabilité, les actions en bourse qui comptent.

Si nous sommes communistes révolutionnaires c'est justement parce que nous pensons qu'il faut organiser collectivement la société pour qu'elle réponde aux besoins de tous, et cela nécessite de renverser cette dictature du grand capital.

Nathalie ARTHAUD