Est Républicain :  Claire Rocher : « On se présente pour dénoncer un système catastrophique ».

Article de presse
14/05/2009

Claire Rocher, tête de liste Lutte Ouvrière (LO) à l'élection européenne du 7 juin pour la grande région Est, était hier en campagne à Besançon. Cela a surtout consisté à participer, avec ses camarades de l'Union communiste trotskiste (le nom officiel de LO), à une distribution de tracts et à des discussions avec les passants, place du 8 Septembre. En fait, rien que de l'ordinaire pour les amis d'Arlette Laguiller et Nathalie Arthaud.

« La différence, c'est qu'en campagne, on a des affiches en plus et les journalistes viennent », ironise-t-elle. Infirmière au CHU de Dijon, Claire Rocher dit aussi : « On est aussi tous les jours sur nos lieux de travail... » Car les travailleuses-travailleurs sont toujours au centre du discours du parti d'extrême-gauche. Pourquoi, cette année, va-t-il seul au combat électoral européen ? Ne présente-t-il pas la liste de trop à la gauche du PS ? « Le Front de gauche est un nouvel avatar du PS. Nous sommes plus proches du NPA, on avait fait alliance avec la LCR en 99, avec des élus, et en 2004, sans élus à cause du tripatouillage électoral. On se présente pour dénoncer un système catastrophique ».

Ladite catastrophe figure à toutes les pages de l'hebdomadaire du parti et d'un dépliant de campagne de six pages où il y a pas mal à lire sur l'Europe. On y dénonce le « retour en arrière » rendu possible par la directive temps de travail, les « services publics bradés pour le profit de la bourgeoisie », la « banque centrale au service des trusts ». On y décrit l'écroulement des récents modèles irlandais et espagnol, la « crise dans les pays de l'Est »...

Ces critiques sont les mêmes, à quelques nuances près, que celles du NPA ou du Front de gauche, mais LO se distingue : « Le Front de gauche ne défend pas la même politique que nous qui sommes les seuls à défendre les intérêts vitaux des travailleurs », dit Claire Rocher. Comment ? Manifestement pas en « faisant confiance aux institutions européennes de la bourgeoisie ». Avec quelles institutions alors ? « On est pour les États-Unis socialistes d'Europe, où les droits sociaux, comme le temps de travail, sont calqués sur les plus favorables, pour des droits sociétaux pour les femmes, sur le divorce, l'IVG... Mais le Parlement européen ne décide de rien. C'est un programme de lutte que nous défendons dans ces élections »

Militant bisontin, Claude Cuenot sent, comme de nombreux observateurs de tous bords, le peu d'engouement populaire pour le scrutin du 7 juin. « On entend s'exprimer davantage de colère, des gens sont d'accord sur nos constats, mais doutent de l'intérêt de voter ou de faire quelque chose. Aujourd'hui, personne ne m'a parlé de l'Europe, seulement de la situation sociale, du chômage, des banques aidées par l'État... »

D. B. (Daniel BORDUR)

© L'Est Républicain