Est Républicain :  Lutte Ouvrière en campagne

Article de presse
22/05/2009

La liste « Grand Est » de Lutte Ouvrière présente deux candidats de l'Aire urbaine : Daniel Rouillon, de Belfort, et Christian Driano, de Grand-Charmont.

Le parti d'extrême gauche présente ses propres listes aux Européennes. Avec deux candidats de l'Aire urbaine.

Lutte Ouvrière (LO) est en campagne pour les élections européennes du 7 juin prochain. Sa liste « Grand Est », conduite par Claire Rocher et Thomas Rose, accueille deux candidats de l'Aire urbaine : Daniel Rouillon, ouvrier soudeur chez Alstom à Belfort, et Christian Driano, conseiller municipal à Grand-Charmont, et ouvrier chez PSA.

En 1999, LO s'était associée à la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) et avait obtenu nationalement 5,24 % des voix et cinq élus au Parlement européen. En 2004, la liste LO-LCR avait réuni 2,58 % des suffrages exprimés et n'avait pas eu de député européen.

« Vote de colère »

Cette fois-ci, LO se présente sous ses seules couleurs, puisque la Ligue Communiste Révolutionnaire a été dissoute avec la création, en février dernier du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), qui a constitué ses propres listes à ces élections européennes.

Christian Driano définit le vote LO comme « un vote de colère » face à un capitalisme financier gouverné par la seule logique du profit.

« Le pouvoir d'un conseil d'administration de fermer une usine, de licencier ou de mettre les salariés au chômage partiel est un pouvoir exorbitant », souligne Daniel Rouillon, qui évoque « la dictature » des groupes industriels et financiers à l'échelle européenne et mondiale qui « fabriquent des millions de chômeurs pour satisfaire les actionnaires ».

Contrôle populaire des entreprises

Le programme politique de Lutte Ouvrière préconise la nationalisation des banques qui seraient placées sous le contrôle de la population. L'économie « doit être réorganisée sur d'autres bases, sans la course aux profits, sans les lois du marché, sans propriété privée des moyens de produire », affirme LO qui déclare nécessaire que « les travailleurs eux-mêmes imposent un contrôle sur les comptes de leur entreprise ».

Trotskyste, Lutte Ouvrière est affiliée à l'Union communiste internationale, ce qui l'amène à rejeter le protectionnisme industriel. « Les capitalistes n'ont de cesse de jouer sur les inégalités existantes et d'opposer les travailleurs les uns contre les autres en menaçant de délocalisation. Et nombreux sont les hommes politiques qui jouent sur la démagogie nationaliste en tentant de faire croire que les travailleurs de ce pays auraient quelque chose à craindre des travailleurs d'au-delà des frontières et qu'ils auraient des intérêts communs avec le patronat de leur pays. Le protectionnisme vise à protéger certains capitalistes de la concurrence, mais cela n'a jamais protégé les travailleurs ni de l'exploitation ni du chômage », indique LO, dont les tracts, outre le symbole du marteau et de la faucille, reproduisent la devise : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »

Philippe PIOT

© L'Est Républicain