Services civiques

Comment aggraver la précarité en prétendant lutter contre

Brève
24/06/2021

Créé en 2010 par Sarkozy et destiné aux jeunes de 16 à 25 ans, d’une durée d’au moins vingt-quatre heures par semaine pendant six à douze mois, le bénéfice du service civique était à l’origine exclusivement réservé aux associations. En 2015, Hollande a permis aux organismes publics d’y avoir recours, accélérant fortement son développement.

Ses promoteurs présentaient ce dispositif comme un moyen de développer au sein de la jeunesse l’esprit d’engagement au profit de la collectivité et il n’était pas du tout question, assuraient-ils, qu’il serve à combler des postes vacants ou à remplacer des salariés absents. Cet engagement n’a bien sûr pas été respecté, d’autant que les contrôles sont quasiment inexistants. Alors que le gouvernement réduisait le financement des associations et supprimait des emplois dans toutes les administrations publiques, notamment 150 000 emplois aidés sous prétexte qu'ils ne luttaient pas contre la précarité, le service civique est apparu de plus en plus comme un moyen de pallier le manque de moyens et le sous-effectif.

Ainsi, des structures culturelles locales comme la "Villa Andilly" et "le Signe" en Haute-Marne proposent de telles missions sous-payées plutôt que de recruter. Et ce pour des postes pouvant être à responsabilité, et pour lesquels permis B et voiture sont exigés.

Sous prétexte de lutter contre la précarité, le gouvernement a réussi à remplacer des emplois précaires, mais tout de même payés au smic horaire, par des emplois encore plus précaires et moins payés !

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