Un diffuseur de Lutte ouvrière entendu au tribunal de police de Troyes

La défense de la liberté d’expression est bien vivante !

Brève
22/01/2020

Convoqué au Tribunal de police de Troyes le mardi 21 janvier 2020, un camarade de Lutte Ouvrière a été entendu par le juge qui a mis le jugement en délibéré au mardi 3 mars. Il a contesté le PV de 150 euros dressé pour avoir diffusé un tract à l’entrée de l’usine Devanlay-Lacoste-Solodi de Troyes, le 22 mars 2019. Plus d’une trentaine de personnes sont venues soutenir la liberté de s’exprimer, dont des militants CGT, LFI, PCF, Gilets Jaunes, Collectif de luttes 10, MRAP, Libre Pensée, etc.

La juge a lu le texte sur l’entrave à la circulation et la main courante du brigadier. Celle-ci mentionnait le titre du tract Lutte ouvrière diffusé "Le peuple algérien ne lâche rien face aux manœuvres du pouvoir" et insistait sur son attitude soi-disant "insolente" et son refus de reconnaître l’infraction.

A la juge qui confirmait le droit de diffuser un tract devant l’entreprise, mais rappelait l’interdiction d’entraver la circulation, il a expliqué que l’infraction n’était pas avérée. La police n’a pas été appelée pour un problème de code de la route mais dans le cadre de la grève des salariés de Lacoste. Il a rappelé que quelques semaines auparavant la police, déjà appelée par la direction, avait pu constater que la diffusion d’un autre tract LO ne posait pas de problème. La soi-disant infraction au code de la route était en réalité un prétexte pour l’empêcher de s’adresser aux ouvriers par tractage comme le font des milliers de militants de différentes organisations dans tout le pays. Il a cité le cas d’Yves Gauby, militant CGT qui a contesté avec succès un PV similaire en 2014. Il a conclu que lui infliger un PV reviendrait à permettre à la police d’empêcher les militants de s’adresser aux salariés qui se rendent en voiture à leur travail.

Le nombre important de soutiens présents à l’audience a été remarqué lorsque la salle s’est vidée après l’annonce de la mise en délibéré. Dans cette période de mobilisation contre les attaques du patronat et du gouvernement, face à une police qui estime que tout lui est permis, cette contestation collective est salutaire et réconfortante.

Correspondant LO

 

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