Hôpital Robert Pax

Le prix des politiques contre la santé

Brève
25/03/2020

Au Pax, à Sarreguemines, comme dans bien d’autres hôpitaux, l’épidémie de covid-19 jette une lumière crue sur les politiques menées depuis des années en termes de suppressions de lits et de services, d’économies sur le personnel et sur le matériel médical nécessaire. Par exemple, cela fait bien longtemps que le personnel des Urgences réclamait des travaux d’agrandissement et de rénovation des locaux, trop exigus et vétustes pour travailler et accueillir correctement les patients. En 2019, les agents hospitaliers ont fait grève à plusieurs reprises pour réclamer cela, et aussi pour obtenir du matériel neuf en quantité suffisante et l’embauche de personnel. La réponse, systématiquement, était : « il n’y a pas d’argent ».

Avec l’épidémie en cours, il est devenu possible, et heureusement, de faire faire des travaux pour construire une structure provisoire, avec les équipements nécessaires, en à peine 24h devant les Urgences. La preuve que quand ils veulent, ils peuvent ! Mais par contre c’est toujours sans renfort de personnel soignant jusqu’à présent.

À la guerre… sans masques ni gants

En termes de masques, de gants et d’autres protections indispensables, les personnels ASH ou d’entreprises sous-traitantes comme ONET qui font le ménage des bâtiments du Pax ou du CHS n’ont bien souvent pas assez ou pas la totalité du matériel nécessaire.

Quant aux aides à domicile, elles soignent des personnes à risques sans même savoir si elles ne sont pas elles-mêmes porteuses du virus, et bien des patrons ne leur fournissent pour l’heure que deux ou trois masques pour… toute une semaine de travail !

Alors que doivent-elles faire ? Croiser les doigts pour ne pas répandre l’épidémie ?

Chronique d’une catastrophe annoncée

Non seulement ce gouvernement et ses prédécesseurs sont responsables du manque d’infirmières et d’aides-soignants, des pénuries de matériel comme les fameux masques FFP2, mais ils osent rejeter la responsabilité de la situation sur la population qui n’obéirait pas assez vite.

Par contre, ils laissent les entreprises continuer à faire travailler des centaines de salariés dans leurs entrepôts et leurs ateliers de la région, au risque de mettre en danger leur santé et celle de leurs familles, et donc de préparer autant de nouveaux patients pour les personnels soignants du Pax, déjà à rude épreuve.

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