Renault - Sovab à Batilly (Meurthe-et-Moselle)

Une grève mouvementée contre l’augmentation des cadences

Brève
07/05/2019

En 4 ans la production a augmenté de 34 %, tandis que l'effectif CDI a diminué de plus de 100, et même le nombre d'intérimaires, sans lesquels l'usine ne pourrait pas tourner, a lui aussi baissé, passant de 800 en 2016, 2017 à une moyenne de 600 aujourd’hui

Les travailleurs du secteur Mastic, qui compte entre 20 et 25 travailleurs par équipe, ont fait grève le 30 avril et le 2 mai, ce qui a provoqué à plusieurs reprises l’arrêt de la chaîne de montage des Masters. La direction de l’usine prévoit en effet de passer dans ce secteur de 36 véhicules à l’heure à 38 sans mettre de personnel supplémentaire. Les ouvriers paieront au prix fort cette intensification des cadences par une augmentation des troubles musculo-squelettiques.

Les cadres du secteur ainsi que les membres de la direction ont été mobilisés pour faire pression sur les grévistes et les inciter à reprendre le travail. C’est dans cette atmosphère tendue que le ton est monté entre le délégué CGT du secteur et un cadre… Celui-ci n'a pas hésité à se rendre à l’hôpital, et à se faire mettre en arrêt plusieurs jours ! Du coup la direction a trouvé un prétexte pour prononcer une mise à pied à l’encontre du délégué. La direction tente de museler la contestation mais le mécontentement est présent dans tous les secteurs et les conditions de travail sont de plus en plus déplorables.

L’objectif assigné par Renault à la Sovab est de pulvériser le record de production de l'année dernière, 142 000 Masters, en espérant fabriquer cette année 164 000 Masters.

Voilà par quelles méthodes le groupe compte augmenter encore ses profits, qui ont été de 3,3 milliards en 2018.