Forges de Bologne :  une semaine de grève

Echo d'entreprise
30/07/2021

Aux forges de Bologne, en Haute-Marne, les salariés forgerons du département Moteur se sont mis en grève du 12 au 19 juillet. C’est le premier secteur qui doit déménager de Bologne à Chaumont, le reste de l’usine suivra au fil des mois.

L’ambiance était tendue, d’autant que ce déménagement s’accompagne de louanges de tout le petit monde des serviteurs du patronat, notamment des élus locaux. Entendre dire autant de bien de son patron et constater que pour la deuxième année de suite il n’y aura pas d’augmentation de salaire, c’était trop. Le secteur entier s’est mis en grève et a tenu une semaine.

Les travailleurs y ont gagné de pouvoir rétablir la vérité. En effet la situation n’est satisfaisante que pour la direction. Les salariés voient que la modernisation de l’organisation permise par le nouveau site est prévue pour accroître la charge de travail et supprimer des postes. Ils ont pu rappeler que la centaine d’embauches prévues et tant louées par le quotidien local permettent tout juste de revenir à l’effectif d’avant-­Covid, et n’empêche pas que la direction prévoie, au terme du déménagement, de réduire encore l’effectif.

Les politiciens locaux prétendent que payer avec l’argent public un nouveau site au groupe LISI, propriétaire des Forges, sauvegarde l’emploi. La réalité est exactement l’inverse. La grève des forgerons a permis de le rappeler.

PSA Metz-Borny :  Leur seul carburant ? Le pognon !

Echo d'entreprise
13/07/2021

Les représentants de la filière des moteurs thermiques demandent un soutien de l’État de 17,5 milliards d'euros pour pouvoir réussir la transition des moteurs thermiques vers les moteurs électriques.

Électrique, essence ou diesel… les patrons de l’automobile carburent avant tout au pognon.

Centre de tri Maubert-Fontaine :  Les postiers font reculer la direction

Echo d'entreprise
11/07/2021

Les agents du centre de tri de Maubert-Fontaine, dans les Ardennes, se sont opposés à la énième réorganisation que voulait leur imposer la direction : un allongement de leurs tournées, des colis et des plis supplémentaires alors que le personnel est déjà insuffisant depuis plusieurs années.

Harassés et las du mépris permanent de la direction, ils ont profité d’un appel national pour partir en grève mardi 22 juin, et ont décidé de la prolonger pour revendiquer l’arrêt immédiat de la réorganisation, l’embauche des CDD et des intérimaires ainsi qu’une prime.

Pour certains, c’était la première grève depuis 30 ans. Durant huit jours, ils se sont organisés dans les assemblées générales quotidiennes, pour tenir le piquet de grève, désigner des détachements de grévistes pour aller s’adresser aux agents des autres centres de tri, tirer par leurs propres moyens des tracts à destination de leurs collègues et des usagers.

Conscients de la politique générale de La Poste pour supprimer des postes, alourdir la charge de travail, ils savaient que le rapport de force devait se construire au-delà de leur site. Ils ont été rapidement rejoints par d’autres grévistes de Revin et de Givet.

Ils se sont également adressés aux usagers qui ont pu apporter leur soutien moral et financier à leur mobilisation. En revendiquant des embauches, les postiers défendent non seulement leurs conditions de travail mais aussi la création d’emplois dans des villes fortement touchées par le chômage.

La direction, quant à elle, espérait éteindre l’incendie en proposant rapidement une prime de 250 euros, proposition rejetée unanimement. Elle a alors déplacé les colis et le courrier sur un autre centre. Cela n’a pas démoralisé les travailleurs, qui ont continué à inviter les agents des autres sites à rejoindre le mouvement et ont mis en place une caisse de grève.

Au bout d’une semaine, la direction a finalement dû recevoir une délégation pour négocier, n’acceptant au départ que les représentants syndicaux. L’assemblée des grévistes a réussi à imposer trois de ses représentants, syndiqués ou non.

La direction a dû reculer provisoirement sur son projet de réorganisation, repoussé à octobre. Elle a promis d’associer les agents à cette nouvelle réorganisation. Elle a dû concéder le paiement d’une journée de grève, ainsi qu’une prime de 500 euros versée en septembre mais à condition d’avoir écoulé le trafic durant l’été.

Si les postiers ne sont pas parvenus à imposer leurs revendications, notamment l’embauche de leurs collègues précaires, cette victoire est surtout morale. Ils ont prouvé qu’ils étaient capables de résister, de s’organiser et de décider collectivement leurs revendications et leurs actions. Cette grève pose le premier jalon pour imposer les embauches indispensables.

PSA Trémery (Moselle) :  Mettons un tigre dans notre moteur !

Echo d'entreprise
05/07/2021

La filière de production des moteurs emploie en France 57 000 salariés. Avec la fin programmée des moteurs thermiques, les patrons prévoient qu’il ne restera plus que 44 000 travailleurs en 2030.

Bref, ils programment 13 000 licenciements. C’est leur plan. Le nôtre, c’est de maintenir tous les emplois, en diminuant les charges de travail, en ramenant les pauses à ce qu’elles étaient avant et en arrêtant d’imposer des heures supplémentaires obligatoires. Au final, il faut se répartir le travail entre tous sans baisser les salaires pour qu’aucun d’entre nous ne soit au chômage.

Les patrons le peuvent, ils ont des montagnes de cash en caisse. Ils ne le veulent surtout pas. Il faudra les y contraindre. Mais thermique ou électrique, c’est nous les travailleurs qui faisons tourner les ateliers.

Sans nous pas de moteurs… et pas de profits !

CHRU de Nancy :  Ce n’est que le début !

Echo d'entreprise
03/07/2021

Le rendez-vous avant d'aller interpeler le DRH

Depuis le 8 juin, jour de grève très suivi contre la suppression des 14 RTT, les agents restent toujours mobilisés alors que la direction a essayé de désamorcer la colère en reportant à septembre le passage du dossier en CTE. Le mécontentement est toujours aussi profond et réel.

Ainsi, mercredi 23 juin, ils se sont invités par surprise à une réunion organisée par le directeur des ressources humaines avec les agents des magasins sur le sujet.

Il a pu voir et entendre la colère devant cette injustice et la détermination à ne pas se laisser faire.

La suite en septembre…

 

Personnel hospitalier (Haute-Marne) :  Mobilisés contre les attaques

Echo d'entreprise
24/06/2021

Mardi 15 juin, les personnels hospitaliers ont manifesté à Saint-Dizier. Comme ailleurs, les personnels dénonçaient le sous-effectif et les conditions de travail qui empirent. La crise sanitaire n'a ni arrêté ni ralenti les attaques. Localement, ce sont donc 130 travailleurs qui ont manifesté en marge d'un conseil de surveillance du centre hospitalier de Haute-Marne, qui devait avaliser la fusion entre l'hôpital de Saint-Dizier et l'hôpital psychiatrique. Cette fusion est guidée par une logique comptable, ce qui inquiète à juste titre les personnels qui voient arriver encore des suppressions de postes et des baisses de moyens matériels rendant le soin de plus en plus difficile.

Le vote a finalement été négatif : une majorité des élus ont refusé la fusion. L'ARS et les directions ont pris acte du vote comme d'une "étape dans le processus", montrant que pour elles de tels votes sont décoratifs. Les personnels ont salué ce vote inattendu comme une victoire. Mais il est clair que la mobilisation devra continuer.

Grève au centre de tri de Maubert-Fontaine (Ardennes) :  Non à la réorganisation

Echo d'entreprise
24/06/2021

Mardi 22 juin, dès 6h30, 92 % des salariés du centre de tri du Nord des Ardennes qui compte une trentaine de travailleurs se sont mis en grève contre la nouvelle vague de réorganisation prévue par la direction.

Les réorganisations successives et échelonnées sur différents sites de la Poste avaient lourdement augmenté la charge de travail : allongement des tournées, ajouts de colis et publicités à la distribution… sur fond de mépris de la direction qui les invite à adresser leurs plaintes à l’assistance sociale ou à la médecine du travail.

Cette fois, les postiers ont décidé de s’y opposer et pour certains c’était leur première grève depuis plus de 20 ans de service. Le week-end précédent, ils se sont concertés et organisés pour tenir le piquet de grève : un barbecue et un barnum pour se protéger de la pluie et tenir les AG.

Une première AG s’est tenue pour discuter des revendications : l’arrêt de cette réorganisation qui désorganise le service et épuise les agents, l’embauche de tous les intérimaires et des CDD, une augmentation de salaire, une prime...

Ils ont conscience qu’une journée de grève ne suffirait pas et sont bien déterminés à construire le rapport de force nécessaire pour faire reculer la direction. Une caisse de grève est envisagée pour permettre à tous de tenir plusieurs jours puisqu’ils sont prêts à rester en grève toute la semaine si nécessaire.

Le jour même, une partie des grévistes se sont rendus à Revin et Givet pour encourager les agents de ces sites à rejoindre la grève.

Les postiers ont décidé de ne plus subir, c’est par la lutte collective qu’ils pourront se faire respecter, c’est bien la seule voie.

PSA Trémery (Moselle) :  De l'argent pour les salaires, pas pour les actionnaires

Echo d'entreprise
22/06/2021

La fusion à 50-50 de Peugeot-Citroën SA et Fiat Chrysler devrait rapporter aux actionnaires 5 milliards d'euros de "synergies" par an d'ici cinq ans.

Et y’a pas de sous pour embaucher et augmenter les salaires ? Poser la question c’est y répondre…

Psychologues – Troyes :  La profession sort de ses gonds

Echo d'entreprise
21/06/2021

Le mardi 10 juin, les psychologues de l'Aube ont fait grève, à l’occasion d’une journée nationale d’action de syndicats professionnels. Ils se sont retrouvés à une centaine devant la préfecture, à Troyes, venant de l'établissement de Brienne, de l'Hôpital et du Centre médico-psycho-pédagogique de Troyes, ainsi que des psys isolés dans de petites structures ou bien exerçant en libéral.
Les psychologues sont vent debout contre un arrêté ministériel du 10 mars 2021 qui impose certaines pratiques, au détriment leur liberté d’exercice et de jugement.
Ils dénoncent aussi les "plateformes de coordination et d'orientation" qui instaureraient un tri entre les enfants et qui pousseraient les usagers à se tourner vers des soins en libéral. Dans un contexte où les services de soins psychologiques et psychiatriques dans les établissements hospitaliers se réduisent d'année en année. Ils refusent enfin d’être affiliés à un ordre des psychologues qui ne pourrait que renforcer le corporatisme, voire donner davantage de moyens à l’État de cadrer le suivi des patients.
Le 10 juin, ils ont brandi des pancartes, apposé des banderoles aux grilles de la préfecture de l’Aube, où une délégation syndicale a été reçue. Ils étaient très contents et fiers de leur mobilisation et de s'être retrouvés "historiquement" aussi nombreux. Comme le résumait un manifestant : "On veut nous imposer un fonctionnement où l'on ne soigne plus la personne dans sa globalité, mais uniquement un organe, son système nerveux". Imposer le médicament comme solution à un symptôme, c’est nier que ces maladies sont les conséquences de difficultés de vie dans la société.
Ce coup de colère dans une profession qui n'est pas habituée à se mobiliser révèle à quel point toutes les professions indispensables à la santé de la population sont attaquées pour faire des économies, alors que dans le même temps les profits des groupes pharmaceutiques explosent. Les psys mobilisés sont bien décidés à continuer à s’organiser et à faire pression à travers leurs réseaux et collectifs.

Gravotech – La Chapelle-Saint-Luc (Aube) :  Un premier recul patronal

Echo d'entreprise
14/06/2021

Fin mai et début juin, les travailleurs de l’entreprise Gravotech à La Chapelle-Saint-Luc, près de Troyes dans l’Aube, qui emploie 210 salariés, se sont mobilisés pour obtenir une augmentation de salaire.
Gravotech est une entreprise, ex-leader mondial, spécialisée dans la conception et la fabrication de machines de gravure et de découpe laser. C’est une activité suffisamment rentable pour que des banques s’y soient intéressées. Depuis 1996, les LBO (Leverage buy-out) se succèdent. Ces « achats à effet de levier » permettent d’acquérir une entreprise par le biais d’un montage financier constitué d’un investissement de l’ordre de 10 % et, à 90 %, d’un emprunt, chaque revente permettant aux acquéreurs de repartir avec des dizaines de millions d’euros.
Le remboursement des dettes s’est traduit par des réorganisations incessantes du travail visant à augmenter la production et développer la polyvalence, aboutissant même à des licenciements. Les CDI sont progressivement remplacés par des intérimaires. Même le responsable du personnel est en CDD de six mois. Alors quand, sous prétexte d’une baisse des ventes due au Covid, la direction a annoncé lors des négociations annuelles obligatoires qu’il y aurait cette année 0 % d’augmentation, c’était trop.
Deux heures de débrayage n’ayant amené aucune réaction de la direction, lundi 31 mai, à l’appel du syndicat CGT, une bonne cinquantaine de travailleurs se mettaient en grève pour réclamer une augmentation de 3,5 % sur les salaires. La mobilisation concernait les trois quarts des ouvriers en production. Les techniciens, pour la plupart en télétravail, n’avaient pas pu être sollicités. La direction du site de La Chapelle-Saint-Luc a bien essayé d’endormir les grévistes en évoquant une prime de productivité. En vain. Toujours sans réponse de la direction centrale, la grève s’est poursuivie les deux jours suivants, le mouvement s’organisant progressivement. Mercredi 2 juin, la direction décidait enfin de se déplacer depuis Lyon. Des banderoles apposées sur les palissades et un barbecue sous une tente témoignaient de la détermination des grévistes. Mais, le refus de toute augmentation demeurant, la pression est montée d’un cran avec l’irruption d’une trentaine de grévistes dans les locaux et une explication houleuse avec la direction. L’octroi d’une augmentation de 1,6 % à compter du 1er juillet et une prime gilets jaunes de 200 euros, pour les ouvriers et employés mais pas pour les techniciens, n’ont finalement été acceptés par la majorité des grévistes qu’après l’obtention de la rétroactivité au 1er janvier. Les grévistes estimaient en majorité que cela compensait la perte salariale pour les heures de grève.
En contraignant par la grève la direction à se déplacer et à revenir sur son refus de toute augmentation, les travailleurs de Gravotech ont montré leur force.