Punch Powerglide (ex-GM) Strasbourg :  La direction voulait produire à tout prix, les travailleurs ont été plus responsables qu'elle

Echo d'entreprise
19/03/2020

Manifestation des travailleurs de Punch (ex-GM) en 2016

A Punch, le dimanche 8 mars la direction téléphonait aux travailleurs du SAV (service après-vente) pour leur annoncer qu’un travailleur du secteur était touché par le Covid-19 et hospitalisé. Le secteur était donc fermé et les travailleurs priés de rester chez eux.

la semaine précédente, les jours de chômage et de congés qui avaient été annoncés étaient annulés.

Suite au confinement de toute la population par Macron, le 16 mars, la convocation d'un CSE extraordinaire mardi 17 au matin laissait présager de la fermeture de l'usine Punch de Strasbourg qui fabrique des boîtes de vitesse pour ZF en Allemagne, autant dire rien de bien essentiel pour la survie des habitants enfermés chez eux.

Oh surprise ! la direction a annoncé que, bien au contraire, l'usine allait continuer de tourner et même que des intérimaires seraient embauchés pour répondre aux besoins du commanditaires ZF.

Autant de cynisme, d'aveu public que la santé des travailleurs sur les chaînes de production passe loin derrière l'appétit du patron de faire du fric à n'importe quel prix a fait monter la fièvre chez les travailleurs. D'autant plus qu'un nouveau cas avait été diagnostiqué en Fonderie ce mardi 17.

La CGT, suivie par la CFDT, a appelé les travailleurs, ce mercredi 18 au matin à l'entrée de l'équipe, à faire usage de leur droit de retrait. Devant la quasi-unanimité des travailleurs, la direction s'est dépêchée de convoquer deux délégués des deux syndicats à une nouvelle réunion. Là le patron en personne a insisté en suppliant presque les représentants des syndicats de continuer le travail jusqu'à vendredi. Mais devant le refus déterminé des représentants du personnel et des travailleurs, la direction a reculé et, à 10 heures du matin, elle annonçait que l'usine serait fermée pendant 4 semaines.

Rien tel qu'un coup de colère des travailleurs pour faire entendre raison aux patrons.

Hager - Bischwiller  :  débrayage pour de meilleurs moyens de protection

Echo d'entreprise
18/03/2020

Ce mardi, une quinzaine d’employés de l'usine Hager de Bischwiller ont refusé de retourner au travail après la pause de 14 heures. Ils entendaient protester contre l’insuffisance des précautions sanitaires mises en place : sur la chaîne de montage, ils doivent en effet manipuler les mêmes pièces et le même matériel sans gants ni masques, avec des distances de sécurité insuffisantes entre eux.

Après plusieurs réunions avec la direction entrecoupées de périodes de travail, la direction annonçait en fin de journée qu’elle arrêtait la production jusqu'à la fin de la semaine, le temps de prendre des mesures.

Hager, groupe spécialisé dans les installations électriques, fait partie de ces grandes entreprises industrielles familiales allemandes – 11500 salariés dont près de 2800 en Alsace – qui réalise environ deux milliards d’euros de chiffre d’affaires. Bref le groupe a largement de quoi financer les mesures de protection réclamées par les travailleurs, et même de payer à 100% les travailleurs à rester chez eux le temps nécessaire. Malgré la crise sanitaire, pour les patrons, la priorité c’est le profit, un virus que seule la mobilisation collective des travailleurs peut combattre.

Julien Wostyn :  PSA Mulhouse : témoignage sur l'attitude de la direction dans le contexte de l'épidémie

Echo d'entreprise
18/03/2020

PSA Trémery :  Produire coûte que coûte

Echo d'entreprise
18/03/2020

Sans doute stimulée par le PDG Carlos Tavares, qui se qualifie lui-même de « psychopathe de la performance », la direction de l’usine Trémery qui fabrique des moteurs, n'avait qu'une chose en tête : assurer coûte que coûte la production de moteurs.

C'est pourtant à Trémery que le premier malade du coronavirus a été déclaré chez PSA, et le département fait partie de la région Grand Est qui est un des points chauds de l'épidémie.

Lundi 16 mars, il a fallu pas moins que 5 réunions extraordinaires de CSE pour que la direction annonce la fermeture de l'usine. A 9h30, la décision était de continuer la production. La direction avait même fait venir des intérimaires supplémentaires pour remplacer les nombreux ouvriers absents.

A midi, la direction annonce ce que TF1 avait déjà diffusé, la fermeture progressive des usines terminales de PSA. L'équipe du matin a quitté l'usine à 13 heures avec la consigne d'appeler le numéro Vert pour savoir s'il y avait du boulot le lendemain.

A 14h30, PSA communique le calendrier de fermeture des usines terminales en Europe. Mais toujours aucune précision pour Trémery qui doit fournir ces usines en moteurs. La direction envisage même une fermeture étalée des différents ateliers en fonction des besoins de la production. Tout en déclarant que la santé des salariés est sa priorité, évidemment... Même le SIA, syndicat patronal de PSA, s'insurge, craignant de « passer pour des imbéciles dans les ateliers » !

A 16h30, une décision tombe. L'usine s'arrêtera mardi à 13 heures, juste après l'application des restrictions importantes de circulation exigées par L’État.

A 18h30, la direction décide finalement de fermer l'usine de l'usine dans la nuit de lundi à mardi. Sans doute sous la pression de la médecine du travail qui a prescrit de confiner chez eux les travailleurs que leur état de santé rend particulièrement vulnérables (plus de 500 sur 4500 sur le pôle Metz-Trémery) !

Personne ne connait évidemment la durée d'arrêt de l'usine, mais on ne sait même pas encore si on sera payés en chômage partiel, ou mis en H- collectives, ce système de compteur horaire de PSA qui fait qu'on doit venir travailler gratuitement le samedi ou, pour l'équipe de nuit, le dimanche soir, pour "rembourser" les journées non travaillées.

Les distributeurs de gel hydro alcooliques et les produits désinfectants efficaces ne sont arrivés à l'usine que le jour… de sa fermeture !

La méfiance et la rancœur contre la direction, prête à nous exposer à tous les risques pour assurer les profits patronaux, s'est répandue... de manière virale.

CAF Nancy :  Le télétravail, c’est pas magique !

Echo d'entreprise
17/03/2020

Dès l’annonce du confinement, la direction de la Caf de Nancy s’est empressée de mettre en place le télétravail.

Comme rien n’avait été préparé, les salariés ont été renvoyés chez eux lundi soir avec leur ordinateur fixe et écran sous le bras, dans une ambiance de débandade générale, avec comme seule consigne d’essayer de se connecter depuis chez eux.

Mais le réseau informatique ne permet que 5000 connexions à distance pour l’ensemble des 32 000 salariés des Caf. Et comme le réseau est saturé, ça ne fonctionne pas.

Du coup, dès le premier jour de confinement, la direction de la Caf de Nancy rappelait déjà les salariés à revenir travailler sur site… au mépris des risques pour leur santé !