Ferry-Capitain :  Débrayage pour les conditions sanitaires

Echo d'entreprise
10/06/2020

Jeudi 28 mai, des travailleurs de Ferry-Capitain, à Joinville, ont débrayé pour protester contre la pénurie de masques, l’absence de visières transparentes, les douches inaccessibles car vétustes, l’inexistence de plan de circulation dans les ateliers et lieux clos.

La direction, qui aime parler de la cafetière et du four à micro-ondes dans les réunions consacrées à la sécurité, laisse les salariés trop proches les uns des autres sur les postes de travail et dans les vestiaires.

En clair, les patrons sont d’accord pour discuter de tout ce qui ne leur coûte rien. Les travailleurs ont bien raison de ne pas se laisser faire.

Hôpital de Joinville (52) :  Les soignants ne font pas l’aumône

Echo d'entreprise
09/06/2020

Lundi 25 mai, à l’occasion de l’ouverture des négociations dites du « Ségur de la santé », des travailleurs de l’hôpital de Joinville, soutenus par le syndicat Force ouvrière, ont exprimé leur colère. Ils ne croient pas aux belles promesses « faites par le gouvernement » qui laissent penser « que des changements vont s'opérer tant pour le système hospitalier que pour le personnel hospitalier ainsi que pour les patients et résidents. »

Tout ça, c’est du bla-bla et les hospitaliers ne sont pas dupes : ils l’ont affirmé clairement : « des revalorisations de salaires et non des médailles ou des primes! » On ne saurait mieux dire.

Boulangerie de L'Europe, Reims :  Première grève à l'usine

Echo d'entreprise
08/06/2020

Depuis la nuit de dimanche à lundi, les ouvriers de la Boulangerie de l’Europe à Reims (groupe Neuhauser) sont en grève pour obtenir une prime de 1 000 € pour avoir travaillé lors de la période de confinement et contre le retrait d’une prime de productivité. Le mouvement est particulièrement bien suivi puisque plus de 80 % des 95 salariés sont en grève avec un arrêt total de la production et il s’est étendu dans la journée au site de Folschviller en Moselle et le site de Maubeuge devrait embrayer demain.

Les travailleurs sont aussi particulièrement en colère sur leurs conditions de travail car la direction leur a caché un cas de contamination de coronavirus pour ne pas à avoir à supporter le coût d’une désinfection de l’usine.

Derrière le groupe Neuhauser, on retrouve la famille Soufflet, la plus grande fortune de la région Champagne-Ardenne, qui pourtant l’instant ne veut rien céder.

En tout cas, ce qui est certain, c’est que dans cette usine qui n’a jamais connu de grèves depuis 1975, les travailleurs ont le sentiment d’avoir retrouvé leur dignité et la grève se poursuit.

AT France (Troyes) :  Une prime en trompe-l’œil

Echo d'entreprise
06/06/2020

La direction de l’usine des andouillettes de Troyes a annoncé une prime de 100 euros à ceux qui avaient travaillé le jeudi de l’Ascension. Cela fait des années que les salaires sont au plus bas et les primes au minimum de la convention collective. Par contre, pour produire plus avec moins de personnel, les conditions de travail n’ont pas cessé de se dégrader. Même en pleine épidémie de Covid-19, la production ne s’est jamais complètement arrêtée malgré la baisse de débouchés due à la fermeture des restaurants.
Avec cette prime, le patron espère peut-être nous préparer à produire à plein rendement pendant l’été, y compris les samedis. Alors comme ailleurs, il faudra nous battre collectivement pour de vraies augmentations de salaires et de meilleures conditions de travail.

Petit Bateau (Troyes) :  La semaine de 4 jours passe à la trappe

Echo d'entreprise
06/06/2020

Prenant prétexte de limiter le nombre de masques portés par jour, la direction de Petit Bateau a décidé de changer les horaires à la production depuis la reprise. Des ouvrières qui travaillaient sur 4 jours du lundi au jeudi doivent désormais le faire sur 5, avec des horaires journaliers réduits.
Cela ne fait pas l’affaire de celles qui habitent loin, notamment à proximité des anciens sites Petit Bateau de Virey-sous-Bar (32 km) ou de Tonnerre dans l’Yonne (60 km). Il y a plusieurs années, elles ont été regroupées à leurs dépens sur le site de Troyes avec la maigre « compensation » de ne se déplacer que 4 fois par semaine. C’est 5 allers-retours hebdomadaires à présent.
Un changement provisoire le temps du risque sanitaire, comme l’a présenté la direction ? Faudrait pas qu'elle nous balade trop longtemps !

 

Ardennes CN, Nouzonville :  Si le marché ne décolle pas, ce n'est pas aux travailleurs d'en faire les frais

Echo d'entreprise
03/06/2020

Fabricant de machines-outils, Ardennes CN, essentiellement sous-traitant de l'aéronautique à Nouzonville, est cloué au sol par la crise. En effet, l'activité dans ce secteur ne redécolle pas puisque les grands donneurs d'ordre, Safran et Airbus, ne prévoient pas de relancer leurs commandes avant 2022.

Le patron a su user de toutes les largesses de l'État : prêts garantis et paiement des salaires. Mais pour les travailleurs, les salaires ont été amputés de 15 % pendant la période de chômage partiel et aujourd'hui seulement un quart d'entre eux ont repris le travail.

Ce n'est pas aux travailleurs de payer le ralentissement de l'économie lié à cette crise. Si les commandes baissent et que l'activité se réduit, il faut réduire les cadences et le temps de travail tout en maintenant les salaires. Il faut répartir le travail entre tous sans perte de salaire. Pour cela, il faudrait aller récupérer l'argent là où il est : dans les coffres-forts des entreprises du CAC.

En 2019, les donneurs d'ordre Safran et Airbus ont respectivement réalisé un bénéfice de 2,5 et 6,9 milliards d'euros : voilà de quoi assurer les emplois et les salaires !

Gedimat-Spire, Charleville-Mézières

Première brique de la construction du rapport de force

Echo d'entreprise
02/06/2020

Les travailleurs de Gedimat-Spire, société de matériaux de construction de Charleville-Mézières, se sont mobilisés pour obtenir le retour de deux de leurs collègues, le décompte des heures travaillées pendant le confinement et l’application des règles sanitaires. Ils ont eu gain de cause concernant la réintégration de leurs collègues et les clients devront désormais porter des masques.

Par contre, il n’y a pas eu d’avancée concernant le temps de travail. Pendant le chômage partiel, certains ont travaillé plus de 8 heures par jour et jusqu’à 43 heures par semaine. C’est la logique de rentabilité qui prévaut : faire produire plus en économisant un maximum de salaires.

Même si le compte n’y est pas encore, cette première mobilisation a marqué des points. Cela montre bien que pour se faire entendre, les travailleurs doivent s’organiser et ne rien lâcher. Face aux pressions patronales qui s’aiguisent, aiguisons nos colères !

Mairie de Reims :  Tickets perdants

Echo d'entreprise
31/05/2020

Comme dans nombre d’entreprises, les travailleurs de la mairie de Reims reçoivent des tickets-restaurant. Il s’agit d’un véritable complément de salaire ; la preuve : la plus grande part est dépensée dans des magasins alimentaires.

Eh bien, avec l’épidémie, beaucoup de communaux en arrêt-maladie ont eu la désagréable surprise de découvrir qu’au-delà de quatre jours d’arrêt, ils perdaient des tickets. Pourtant, aux dernières nouvelles, même en arrêt-maladie, on doit continuer de se nourrir !

Cette retenue de tickets-restaurant est injustifiable et elle est révélatrice du problème de fond : l’insuffisance des salaires.

MSF-SAI, Glaire, Ardennes

Les travailleurs doivent toucher leur dû

Echo d'entreprise
30/05/2020

La semaine prochaine, le 3 juin, cela fera un an que les 38 salariés de MSF (Moquettes et Sols de France) et de sa filiale de maintenance SAI (Support Ardennes Industries), ont été licenciés. Un an sans toucher un seul centime des indemnités de licenciement qui auraient dû leur être versées par le liquidateur et l’AGS (Association pour la Gestion du régime d’assurance des créances et des Salaires).

Cette dernière retarde leur versement au prétexte que des procédures judiciaires contre les gérants successifs sont actuellement toujours en cours.

Dans les mois précédant leur licenciement, les travailleurs n’ont pas toujours perçu leurs salaires. Ils ont dû souscrire à une nouvelle mutuelle puisque leur employeur avait cessé de le faire. Leur situation financière s’est donc aggravée et pour certains, est devenue catastrophique. En janvier 2020, sur les 38 travailleurs licenciés, 6 ont pu accéder à la retraite, mais 4 seulement ont retrouvé un CDI, 3 un CDD et 25 restent dans des situations précaires, en intérim ou sans emploi. Ils se retrouvent endettés, parfois menacés d’expulsion. Dans un contexte économique de plus en plus difficile pour les travailleurs, ces indemnités de licenciement de 8 000 à 40 000 €, soit 1,2 millions d’euros, sont vitales.

L’État est capable en deux mois de sortir 300 milliards pour « aider » les entreprises dont 5 pour Renault qui annonce des licenciements ! Quand il s’agit de drainer l’argent public vers les caisses privées, c’est « Tapis rouge » mais quand il s’agit d’indemniser les travailleurs, c’est « Repassez ! » De quoi être sérieusement en colère !

 

PSA Les Ayvelles, Charleville

Pour l’Ascension, le patronat veut faire monter ses profits

Echo d'entreprise
26/05/2020

À PSA, la direction essaie d'accélérer la reprise. Après une semaine en 2x8, les salariés sont maintenant en 3x8. Et alors qu’ils ne devaient travailler que 3 jours, les chefs ont demandé des volontaires pour revenir jeudi et vendredi de l'Ascension.

Déjà en temps normal, le travail de nuit dans les secteurs non vitaux est une aberration : les risques d’accident sont plus élevés et les travailleurs y laissent leur santé et des années d'espérance de vie. Mais, dans le contexte de lutte contre la propagation du virus, c’est encore plus choquant.

Les patrons voudraient que les travailleurs fassent tourner les machines 24h/24, quels que soient les risques encourus. Pour eux, c’est toujours la même rengaine : « rentabilité, rentabilité ». Il nous faudra leur opposer « notre vie et notre santé avant leurs profits ».