Paris Normandie :  Lutte Ouvrière à Evreux

Article de presse
01/11/2013

Ils étaient sept devant le bureau de poste du centre-ville, autant devant celui de la Madeleine en fin de semaine, le journal d'Arlette Laguiller dans une main, des tracts dans l'autre. Par tous les temps, régulièrement, les militants de Lutte Ouvrière (LO) vont au-devant des Ébroïciens, dont une poignée ce jour-là ont devisé « pour refaire le monde ». Mélanie, enseignante de 30 ans, très convaincante, explique que « ce qu'on veut, c'est recréer des réseaux de travailleurs, comme le faisaient nos parents. Se regrouper pour pouvoir lutter contre les grands patrons qui ne donnent rien. »

Militants et passants commentent les tracts

« Les ouvriers doivent contrôler »

Sur un tract, un texte sans équivoque : « Du PS à l'UMP et au FN, ces partis politiques ne défendent que les intérêts de la bourgeoisie. » Inlassablement, LO, et c'est dans son ADN, bat le pavé et le rappel. Formation microcosmique qui a connu son heure de gloire dans les années 70, incarnée par l'icône Arlette Lagullier, cette frange de l'extrême gauche peine à se faire (re)connaître en ce début de XXIe siècle.

Et pourtant...

Un autre militant explique à qui veut l'entendre que le seul vrai revenu de base ne devrait être que celui du travail. Que la plupart du temps, les licenciements ne sont pas justifiés. Ils sont un savant calcul pour contenter des actionnaires qui ne travaillent pas mais gagnent toujours plus sur le dos de ceux qui travaillent. Toujours selon LO, un contrôle ouvrier sur les comptes des entreprises doit être exercé.

Jamais d'extras

Alors que les demandeurs d'emploi sont toujours plus nombreux, la formation préconise « les interdictions de licenciements et la répartition du travail entre tous avec maintien d'un salaire correct sont la seule solution contre le chômage », détaille Mélanie. Elle poursuit : « Ce n'est pas normal que des gens qui travaillent trente-cinq heures soient payés au Smic et à découvert dès le 15 du mois, sans jamais s'offrir d'extra ! »

Si la révolution est loin d'être en marche, à Évreux, les militants d'extrême gauche espèrent toujours le grand soir alors qu'au fil des décennies, cette lutte finale apparaît moins idéologue et plus pragmatique. Vive la crise ! comme disait l'autre.

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