Bridgestone Béthune (Pas-de-Calais)

Non à la fermeture de l’usine !

Brève
13/11/2020

Après avoir fait semblant d’étudier les propositions du gouvernement, des avocats et de l’intersyndicale, les actionnaires de Bridgestone ont confirmé leur décision de fermeture de l’usine de Béthune où travaillent encore 863 salariés et qui fait vivre bien des travailleurs dans la région.

Ils refusent même le « plan de sauvetage » du gouvernement, payé en grande partie par l’État – c’est-à-dire avec nos impôts – qui prévoyait de supprimer la moitié des emplois environ. Les actionnaires de ce trust riche à milliards – encore 2,4 milliards de bénéfice en 2019 – jugent que ça ne leur rapporterait pas assez !

La ministre de l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, ou Xavier Bertrand, le président de Région, adeptes du capitalisme débridé, se sentent obligés de critiquer l’attitude de la direction de Bridgestone, face au profond mécontentement et la colère des travailleurs menacés de chômage. Mais dans toute leur carrière, ils ont accompagné les patrons qui licencient, tout en leur apportant des millions de subventions. La ministre de l’industrie a elle-même été une des directrices chez Faurecia, grand licencieur s’il en est.

L’intersyndicale et son avocat ont semé des illusions sur la direction et le gouvernement pour éviter la mobilisation des travailleurs. Ils se disent maintenant « déçus et en colère », ou « écœurés », mais quand on mise tout sur les menteurs capitalistes et les dirigeants politiques, il ne faut pas s’en étonner. Quant aux dirigeants de gauche, du PC au PS, en passant par FI, tous mettent en avant des arguments nationalistes ou protectionnistes, sur la « souveraineté industrielle », pour dénoncer Bridgestone. Marine Le Pen parle d’« un drame pour toute la région », mais elle défend elle aussi le capitalisme, elle était elle-aussi partisane que le gouvernement subventionne les actionnaires de Bridgestone !

Face à tous ces actionnaires qui dévastent des régions entières pour maintenir leurs profits dans cette période de crise, il n’y a pas d’autre solution qu’une lutte commune de tous les travailleurs – et pas entreprise par entreprise – pour partager le travail existant, en prenant sur les fortunes capitalistes pour payer les salaires.

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