Officier méritant du patronat

Patrons, curés et officiers, unis contre les ouvriers : une vieille tradition

Brève
30/04/2021

À Lille, une rue et une caserne militaire portent le nom du général Négrier.

François de Négrier, et la particule a son importance chez ces gens-là, a participé aux exactions lors de la conquête de l’Algérie après 1831 : dévastations de villages, enfumades, têtes d'enfants exhibées sur pointes de sabres...

La carrière de ce barbare galonné fut stoppée net, par une balle perdue tirée par un de ses soldats, lors de la répression de juin 1848 à Paris, où des milliers d’ouvrières et ouvriers furent exécutés.

Négrier fut élevé au rang de martyr par tous les tenants de l’ordre social. Son cœur fut mis aux Invalides à Paris et le reste enterré à Lille.

La Gazette, journal lillois catholique, proche des industriels du textile, le décrivait ainsi : « Vainqueur des barbares d’Afrique, il vous restait à combattre et à vaincre, au cœur même de la patrie, des barbares d’une bien pire espèce. », c’est-à-dire les ouvriers révoltés contre leur exploitation.

Généraux d’hier ou d’aujourd’hui, ils sont biberonnés de cette tradition : sabre et goupillon, unis pour la défense du capitalisme.

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