REYDEL SMRC Gondecourt (Nord) :  La direction veut nous faire payer la crise… c’est non !

Echo d'entreprise
30/03/2020

À Reydel-SMRC, sous-traitant automobile, l’entreprise est fermée depuis le 17 mars pour cause de coronavirus, et cela jusqu’au 10 avril, comme la plupart des entreprises automobiles, pour le moment.

Du 13 au 26 mars, SMRC dit recourir au chômage partiel. Mais nous ne toucherions que 80 ou 82% du salaire net, alors que l’indemnisation de l’État est de 84% pour 35 heures de travail. Or à Gondecourt on travaille 39 heures par semaine. SMRC ne veut rien payer pour ces 4 heures que nous faisons en plus ! C’est notre salaire complet qu’il nous faut et même avec les primes. SMRC est un groupe mondial important qui peut payer.

De plus, après, du 30 mars au 10 avril, SMRC aurait l’intention de prendre sur nos congés, dans la droite ligne de la loi d’urgence sanitaire du gouvernement Macron.

Toutes ces attaques sont inacceptables, il va y avoir des comptes à régler.

Aide à domicile  :  C'est marche ou crève !

Echo d'entreprise
30/03/2020

Je suis aide à domicile, employée d'une association de service à la personne qui compte quelques dizaines de salariées dans le Poitou.

Ici, c'est marche ou crève. On se crève à faire du ménage tous les jours, à gérer les relations avec des personnes âgées parfois difficiles. On est toujours exploitées, rarement entendues et soutenues mais avec la crise sanitaire c'est pire. 0n est complètement oubliées. J'ai entendu un journaliste parler des aides à domicile à la télé, c'est bête, mais ça m'a fait chaud au cœur d'entendre qu'on a été citées.

La politique d'économie des stocks de masques n'a pas épargné cette structure non plus. Or, on est en contact permanent avec les personnes âgées. Quant aux auxiliaires de vie, c’est encore pire parce qu'elles touchent, soignent, lavent les personnes âgées. Après l'annonce du confinement, on a attendu plusieurs jours avant d'avoir des masques. J'ai téléphoné plusieurs fois, je suis allée plusieurs fois dans le bureau de la secrétaire pour en demander et dire qu'on ne pouvait pas travailler sans. Je n'ai jamais eu de réponse précise jusqu'à ce qu'on nous appelle une par une pour une distribution de 5 masques par salariée ! 5 masques en papier ! 5 ! Alors que j'interviens chez beaucoup plus de personnes toutes les semaines !

J'ai pourtant essayé de demander à ce qu'on réfléchisse aux personnes qui ont plus besoin de ménage que d'autres, à faire une sélection pour en protéger un maximum, et nous protéger nous aussi. Mais on m'a répondu « tant que les personnes âgées n'annulent pas vos interventions, vous continuerez à y aller ». On manque déjà de personnel aujourd'hui. On m'a imposé trois remplacements supplémentaires en plus de mes 25h par semaine. Une collègue a demandé le chômage partiel pour pouvoir s'occuper de ses enfants, on le lui a refusé avec le même prétexte que des collègues sont malades. C'est révoltant. C'est le rendement avant tout. Maintenant, ce sont les personnes âgées qui commencent à prendre conscience de la situation, discutent avec nous et annulent les interventions pour le ménage, les jugeant peu importantes au vu du risque.

Déjà, 15 jours avant le coronavirus, des collègues auxiliaires de vie avaient menacé de faire grève pour dénoncer leurs conditions de travail, le manque de reconnaissance de leur métier et leur salaire de misère, à peine 1 000 € par mois.

Aujourd'hui, je n'ai jamais été autant révoltée par cette association, où la direction raisonne finalement, de façon aussi révoltante et irresponsable que n’importe quel patron.

Aisne :  ALM Systems – Hirson : plainte contre la direction

Echo d'entreprise
29/03/2020

Le 19 mars les délégués CGT ont porté plainte pour mise en danger de la vie d’autrui. Ils accusent la direction de ne pas assez respecter les consignes de sécurité face à l’épidémie de coronavirus.

Dans cette entreprise de plus de 240 salariés, sous-traitante de l’automobile, qui fabrique des équipements liés à l’éclairage des véhicules, la direction a seulement annoncé une baisse d’activité et un roulement pour les services où le télétravail n’est pas possible.

L’avocat du CSE au nom duquel la plainte a été déposée fait valoir qu’il est « inadmissible qu'un employeur prenne des risques avec la santé de ses salariés en obligeant ces derniers à travailler dans un secteur non essentiel ».

« On a l'impression d'être dans une lutte des classes, tous ceux qui peuvent être en télétravail, les cadres, le sont, et les manutentionnaires, au charbon » a déclaré un délégué CGT.

Les clients français de l’entreprise sont fermés mais les entreprises de l’automobile cherchent à redémarrer leurs usines et AML Systems, en ne fermant pas, tente de se placer dans les starting-blocks.

Mais pour les travailleurs, la santé doit passe avant les profits !

Oise :  Centre Hospitalier – Beauvais : masques à durée de vie variable

Echo d'entreprise
28/03/2020

Le manque de matériel, et notamment de masques FFP2 est choquant.

Nous utilisons ceux de 2008 datant du H1N1. Évidemment, ils sont périmés, les élastiques pètent, mais certains charlatans n’hésitent pas à revoir la date de péremption à leur sauce et disent qu’ils sont utilisables au moins 10 ans.

Mais c’est faux car, avec le temps, la charge électrostatique qui contribue à l’effet de filtration de ce type de masque diminue progressivement.

Pour pouvoir les utiliser en toute sécurité plus de cinq ans après leur fabrication, il faudrait s’assurer qu’ils ont été stockés dans de bonnes conditions et réaliser un certain nombre de tests.

Cette utilisation met en danger les patients comme les soignants et c’est la conséquence des politiques criminelles d’économies des différents gouvernements.

Oise :  Clermont : au Centre Hospitalier

Echo d'entreprise
24/03/2020

Guerre sans soldats

D’ordinaire les ASH sont en nombre à peine suffisant pour assurer toutes leurs tâches et notamment le maintien de l’hygiène.

A présent qu’il faut tout nettoyer et renettoyer, y compris les poignées de porte, il crève les yeux que nous avons besoin de plus d’ASH. Comment combattre le virus sans assez de « soldats », pour reprendre le vocabulaire guerrier de Macron ?

Il faut d’urgence en embaucher.

Politiques criminelles

Le nombre de lits d’hospitalisation est passé en France de 11,5 pour 1 000 habitants à 6,5 en 40 ans.

Dans le pays, à 20h, des gens ouvrent leurs fenêtres et applaudissent les soignants qui luttent en première ligne pour sauver des vies.

Cela ne dédouane absolument pas tous ces ministres et présidents qui ont supprimé ces lits d’hospitalisation.

Les héros ne vivent pas que d’eau fraîche

Le gouvernement a sorti des milliards par centaines pour les banques, les spéculateurs et les grandes entreprises, avant même que ces capitalistes ne souffrent de la situation actuelle.

Mais pour augmenter les salaires des hospitaliers qui revendiquent depuis des mois, il n’y a que de vagues promesses…

Pour les 300 € par mois, il faudra se mobiliser.

Decathlon :  A fond la forme… des profits !

Echo d'entreprise
23/03/2020

En pleine période confinement la famille Mulliez, propriétaire de Decathlon, fait pression pour que les salariés soldent leurs RTT et leurs jours de congés 2019 pendant la période confinement. D’après la CFDT dans la Voix du Nord, il leur resterait en moyenne de six jours de congés, l’entreprise ayant fait pression sur une partie d’entre eux pour qu’ils ne les prennent pas en fin d’année 2019 pendant les périodes de forte activité.

Le gouvernement et les députés ont bien sûr entendu les exigences patronales, une majorité a voté une loi dans ce sens, qui sera rapidement d’application !

Se préparer à faire bosser les travailleurs à fond la caisse quand la reprise se fera et au passage leur piquer quelques jours de salaire, voilà comment une des familles capitalistes les plus riches de France conçoit la solidarité face à la grave pandémie que traverse l’humanité !

Oui, à fond pour virer ces exploiteurs, et que les travailleurs gèrent eux-mêmes toute la société.

Chauss’expo (Nord) :  Des pressions pour obtenir un minimum

Echo d'entreprise
22/03/2020

Dans les entrepôts de chaussures Chauss’expo à Lesquin, un peu plus de 50 travailleurs préparent les livraisons pour les 186 magasins Chauss’Expo.

Dans les jours qui ont précédé les annonces du gouvernement, ils ont dû faire pression pour que du gel hydroalcoolique soit mis à disposition. Aucune mesure n’avait été prise.

Lorsque des délégués syndicaux ont demandé à ce que les locaux communs soient nettoyés plus souvent la DRH a répondu « je ne vais pas payer une prestation supplémentaire ». Même des choses élémentaires comme laisser les portes des locaux communs ouvertes afin de ne pas toucher les poignées, ils n’y avaient pas pensé.

Le lundi suivant l’annonce de fermer tous les magasins, le directeur de l’entrepôt a réuni les travailleurs pour expliquer le travail à faire malgré la fermeture des magasins. Les travailleurs disaient que c’était irresponsable de faire travailler à cinquante dans la mesure où ils pouvaient se contaminer les uns les autres. Ils ont demandé à être au chômage partiel mais sans perte de salaire. Il a répondu que pour l’instant ils ne l’envisageaient pas. En début d’après-midi, c’était la même réponse : « nous attendons les mesures qu’Emmanuel Macron va annoncer ce soir ».

Plus tard dans la journée, les travailleurs étaient informés qu’ils seraient au chômage partiel à partir du mardi, pendant au moins 15 jours et sans perte de salaire.

En même temps, faire travailler alors que les 186 magasins sont fermés ne servait pas à grand-chose...

Cartonnerie Allard - Compiègne (Oise) :  ras le carton

Echo d'entreprise
22/03/2020

carton rouge !

L’usine Allard qui emploie moins de cent ouvriers, produit du carton, entre autre pour les sociétés de déménagement. Depuis le début du confinement cette production n’a pas été arrêtée. Le samedi 21 mars, la direction a même demandé aux salariés de venir travailler en heures supplémentaires le matin, ce que beaucoup ont refusé.

Or à Compiègne et ailleurs, les agences de déménagement tournent au ralenti quand elles ne sont pas tout simplement fermées pour quinze jours au moins.

Le patron en profite en fait pour faire du stock en vue de la sortie du confinement. Il accumule surtout de quoi faire monter la colère des ouvriers.

Novares. Libercourt (59) :  Le virus et les patrons : deux ennemis à combattre

Echo d'entreprise
20/03/2020

Novares, sous-traitant de Toyota fabrique en flux-tendu des pièces plastiques. Pour le lancement d'un nouveau modèle de véhicule, le travail est de plus en plus dur depuis des semaines.

Le mardi 17 mars, la direction a annoncé 45 jours de chômage partiel car beaucoup d'usines de l'automobile sont à l'arrêt. Mais le 18 mars, le patron a changé d'avis, l'usine restera ouverte. Il cherche à faire le maximum de stocks le temps où les usines d'assemblage automobile ne tournent pas. Comme ça, quand ça redémarrera, ils auront des stocks et pourront faire bosser les travailleurs sur le nouveau projet.

Dans les ateliers, tout le monde se marche sur les pieds faute de place, impossible de garder 1 mètre de distance. Les quelques flacons de gel distribués ont très vite été épuisés et en plus, ils étaient périmés depuis 2011. Les masques distribués, eux aussi très vite épuisés, étaient des masques anti-poussière inefficaces contre le virus. La direction a fait la morale en disant qu'il fallait nettoyer ses outils mais elle ne veut pas arrêter les machines à la prise de poste pour permettre que les outils et les commandes soient désinfectés. Une des société de nettoyage n'a pas été payée, les poubelles ne sont plus vidées, les WC et le réfectoire ne sont plus nettoyés.

Pour leurs profits, en dépit de toutes les préconisations sanitaires, les patrons, veulent continuer à produire et faire des stocks. C’est une attitude irresponsable, voire criminelle. Ce sera aux travailleurs d'assurer leur propre sécurité et aussi de prendre en main la direction des usines pour éviter la catastrophe.

Arc (verrerie) à Arques (62) :  CoronARC Virus

Echo d'entreprise
20/03/2020

L’usine Arc, près de Saint-Omer dans le Pas-de-Calais, emploie plus de 5 000 personnes dont 3 000 à la production. La direction a ralenti progressivement sa production depuis le début du confinement. Pour cela, elle a imposé à une partie des travailleurs le chômage partiel payé à 84 % du salaire net. Les salaires sont déjà au ras des pâquerettes pour beaucoup de travailleurs de l’usine et les prix, eux, n’ont pas prévu de baisser. Quant aux patrons, ils auraient largement les capitaux pour payer les salaires à 100 % mais, pour l’instant, ils n’en ont absolument pas l’intention.

Et pour ceux qui travaillent sur le site ? Les choix sanitaires de la direction sont irresponsables. Dans certains secteurs, les travailleurs se changent dans des vestiaires dont les portes ont été retirées. Le prétexte invoqué est qu’ainsi les salariés n’auront pas à toucher la poignée. Mais à l’intérieur des vestiaires, ils n’ont pas les moyens de respecter les distances de sécurité.

Une fois changés, les ouvrières et ouvriers se retrouvent à travailler, avec la même paire de gants plusieurs jours de suite, parfois de la mauvaise taille. Certains travaillent encore cette semaine au coude à coude ou avec un simple bout de carton pour les séparer. Ils tapent sur le même clavier, utilisent les mêmes outils, voire les mêmes gants de protection sur certaines machines. Et tout cela, sans avoir les moyens de les désinfecter après chaque utilisation, ni même de pouvoir se laver les mains faute de savon à certains endroits. Dans certains secteurs, il n’y a toujours pas de masque.

Et quand les produits désinfectants sont arrivés, bien après le début du confinement, ils avaient été achetés à la va-vite dans les magasins du coin : produit vaisselle et bain moussant pour se laver les mains, serpillières jetables anti-bactériens pour nettoyer les claviers et les surfaces… Encore une preuve de l’irresponsabilité de la direction du site pour ce type de problème. Face aux protestations de certains salariés, des chefs leur ont reproché de « propager la psychose ».

Comble de l’ignominie, des directeurs ont maintenu, cette semaine, les convocations de travailleurs en vue de sanctions disciplinaires. Et ce, malgré les consignes de confinement.

« CoronArc », une usine dirigée par des irresponsables qui ont une banque à la place du cerveau.