Saint-Omer  :  Devant les militants de Lutte ouvrière, les passants plus enclins à discuter

Article de presse
03/01/2019

Lors de l’opération de tractage de Lutte ouvrière, ce jeudi matin, les passants ont été plus nombreux à s’arrêter que d’habitude. Selon les militants, cela s’explique par la libération de la parole initiée par les Gilets jaunes.

Claire Courbet | VdN 03/01/2019

Les militants ont distribué des tracts près de la place Foch et de la poste, ce jeudi matin.

Journal au titre rouge calé sous le bras, quatre militants de Lutte ouvrière postés à l’entrée de la rue de Dunkerque s’avancent vers les passants. Une bonne moitié accélère le pas en gardant les yeux baissés, les autres jettent un regard interrogateur, et finalement s’arrêtent. « C’est la première fois que je prends le temps de discuter avec eux, lance Julien, pendant que derrière lui, un ancien syndicaliste entame la conversation avec une autre militante. Pourquoi aujourd’hui, et pas avant ? Je ne sais pas. Je sais juste que nous traversons une crise démocratique, politique et sociale et que ça me touche ».

Du côté des militants, on note une facilité à discuter de problèmes personnels, et notamment économiques, qui, d’après eux, existait peu il y a encore quelques semaines. « On sent que les Gilets jaunes ont libéré la parole et mis sur la table certains sujets, raconte Laure Bourel, candidate malheureuse aux législatives de 2017. Les gens désormais osent dire que ce qu’ils touchent, ce n‘est pas assez ». Leurs actions s’intensifieront dans quelques semaines, jusqu’au mois de mai, quand l’heure des élections européennes aura sonné.