Calais :  Françoise Millot et Lutte Ouvrière veulent s’appuyer sur la « force collective »

Article de presse
05/03/2020

Thomas DAGBERT

Françoise Millot (au premier plan en jaune) et une partie de ses colistiers pour la liste Lutte Ouvrière.

La tête de liste calaisienne qui représente Lutte Ouvrière (LO) conduit une liste de « travailleurs » qui milite contre « la toute puissance du grand patronat ».

Françoise Millot avait déjà tenté l’aventure lors des précédentes élections municipales à Calais, en 2014. Elle avait obtenu 2,15 % des voix au premier tour. Mais pour elle, pas de pronostic hasardeux lors de cette nouvelle campagne : « Ce qu’on espère, c’est de faire le score le plus élevé. » « Il s’agit d’un vote politique, au sens noble du terme. Ce sont les citoyens qui doivent exprimer leurs choix pour la société, et les imposer aux dirigeants. »

Ouvriers, travailleurs et classe moyenne

Si le programme de LO devait être résumé en une phrase, la formule serait simple et efficace : « Les travailleurs ne veulent plus les miettes du gâteau et c’est la force collective et la mobilisation qui pourront inverser la tendance. »

La liste s’adresse évidemment aux ouvriers et aux travailleurs principalement mais, n’exclut pas cette « classe moyenne » de plus en plus difficile à définir. « Notre liste représente tous les secteurs du monde du travail, explique Françoise Millot. Tous ces travailleurs et cette population qui ont des problèmes financiers à la fin du mois. »

À l’inverse d’autres listes, les représentants de Lutte Ouvrière ne proposent pas une liste de mesures ou de propositions, parfois très détaillées sur un lieu précis de la ville. « Je m’intéresse aux réels problèmes calaisiens, enchaîne la tête de liste. Les problèmes de ces petits commerçants par exemple, qui souffrent de la concurrence des grandes surfaces et du grand patronat. Je m’adresse également aux ouvriers et aux travailleurs qui n’obtiennent aucune reconnaissance et à qui on explique qu’il faut toujours travailler plus pour gagner moins. »

Françoise Millot évoque également le cas de l’hôpital de Calais « qui manque de personnel et de matériel ». « S’il n’y a pas d’argent pour créer des soins de qualité, dans une ville comme Calais, ce n’est pas normal. » Elle propose donc d’ouvrir des formations « aux classes populaires » pour combler en partie ce manque.

Anti-Macron et anti-RN

La liste Lutte Ouvrière assure que son programme est « anti-Macron » . Et elle n’oublie pas l’autre « ennemi » historique, le Rassemblement national, qui est « un vote de désespoir ». « Ce sont des idées qui appartiennent au passé, nous, on veut aller de l’avant. »

Et concernant le sujet délicat des exilés à Calais, Françoise Millot apporte une réponse forte : « Tous les politiciens qui s’en prennent aux migrants sont de dangereux démagogues » . « Je lutte pour qu’il y ait un espoir d’améliorer la situation de ces personnes présentes à Calais, même si la municipalité ne peut pas tout régler. »

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