Station d'épuration - Achères

Un feu étouffé ?

Brève
28/10/2019

La catastrophe de Lubrizol a fait sortir de l’ombre un autre incendie, celui de la station d’épuration d’Achères, également classé Seveso seuil haut, événement récent mais beaucoup moins médiatisé. Le 3 juillet 2019, le feu a détruit une unité de cet établissement où se faisait l’élimination des particules en suspension dans les eaux usées. Les pompiers ont mis quatre jours pour venir à bout du sinistre. La Seine a été polluée. Très vite la Direction régionale de l’environnement a annoncé que les risques sanitaires portaient essentiellement sur le milieu aquatique et qu’il n’y avait « aucun risque particulier pour la population. »

En réalité tout est opaque, à la fois les causes et les conséquences d’un événement qui apparaît de moins en moins comme un accident imprévisible. L’association Robin des bois a révélé qu’il s’agissait du onzième accident depuis avril 2017. Le préfet a mis le Siaap en demeure à quatre reprises en 2018 pour non-conformité à la législation, le syndicat FO de l’usine avait déposé des alertes pour des fuites de gaz ou des départs d’incendie peu avant la catastrophe. 

Juste après l’incendie, le Siaap et les autorités ont affirmé aux élus locaux et aux habitants inquiets que tout était rentré dans l’ordre. Il a fallu un autre accident industriel pour que celui d’Achères sorte de l’oubli tant la lenteur, le manque de transparence, voire le silence sont souvent les seules réponses des gestionnaires aux interrogations de la population.

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