La Poste - Paris 14e :  Un jour de plus, un jour de trop

Echo d'entreprise
19/04/2020

 Dès la semaine prochaine, nous allons travailler 4 jours au lieu de 3. Le discours de Macron semble faire pousser des ailes à La Poste, et comme tous les patrons, elle piaffe d’impatience de nous faire turbiner au maximum malgré le coronavirus. 

 Mais nous, travailler moins, on commence à s’y habituer et ça nous donne une bonne idée : et si nous construisions une société débarrassée du capitalisme, sans exploitation ni chômage, où l’on répartirait le travail entre tous pour travailler moins ?

Aéroport de Roissy - Ile-de-France :  Service minimum, risque maximum

Echo d'entreprise
19/04/2020

Les vols passagers sont quasiment arrêtés et ceux qui restent sont aux trois quarts vides. Un travail minimum continue donc, et des salariés travaillent, un ou deux jours par semaine. Mais il y a des variations bizarres : chez Samsic sureté, certains travaillent des semaines entières quand d'autres sont au chômage et confinés. Chez City One Welcome (accueil), la direction change les horaires du jour au lendemain, ou convoque pour des vacations de 5 heures à peine, moins que la durée qui ouvre droit aux pauses et primes. Dans cette même entreprise, il a fallu attendre trois semaines pour avoir des masques et des gants. Au début, la direction empêchait même les salariés d'en porter !

Faire respecter les distances de sécurité, c'est souvent impossible. Chez Securitas, les masques ne sont pas fournis. Et quand on procède aux embarquements, comment lire des documents et passeports à plus de 1mètre, sans les toucher, et sans être trop près des passagers ?

Les annonces de décès ou de maladie s'accumulent, en sûreté, en galerie bagage, etc. La presse s'est fait l'écho de Fedex où, après le décès d'un intérimaire, même les autorités ont imposé des mesures. Chez un autre sous-traitant, Pac Nord, qui transporte les repas de Servair, au début de l'épidémie, la direction avait laissé travailler des salariés malades, et les cas de corona s'étaient évidemment multipliés. En galerie bagage, il y a encore des entreprises où les directions n'ont toujours pas mis de gel ou de masques à disposition, ni réalisé de désinfection des locaux.

À cause du chômage partiel, les salariés ont des pertes de salaire de 200, 300 ou 400 euros. Du coup, certains se portent volontaires pour travailler, malgré les risques. Les patrons appellent cela volontariat. C'est en fait une mise en danger de la vie d'autrui.

Hôpital Saint-Antoine (Paris) :  Cherchez l'erreur

Echo d'entreprise
17/04/2020

Le 2 avril, le Conseil d’État a rejeté la possibilité de réquisitionner l’industrie pour produire équipements et médicaments indispensables, car selon lui, il n’ y a pas de « démonstration de pénurie ».

À Saint-Antoine, le manque d’Hypnovel est tel, que les collègues de la Pharmacie sont obligés de faire le tour des services pour récolter des ampoules à droite et à gauche. En pleine crise de Covid 19, on se retrouve à faire de la récup’.

Cherchez l’erreur.

Hôpital Raymond Poincaré - Garches :  On manque de tout

Echo d'entreprise
16/04/2020

Mardi 7 avril, nous nous sommes retrouvés dans l'hôpital à une douzaine pour dénoncer le manque de masques, de sur-blouses et de toutes sortes de matériels indispensables aux soins et à notre sécurité.

Nous avons pris des photos en différents endroits de l'hôpital devant une banderole "On manque de tout". Un slogan simple qui décrit bien la situation actuelle, où rien ne serait possible sans notre débrouille, et sans les dons, qui ne viennent ni du gouvernement ni de la direction.

Hôpital Bicêtre :  Un grand moment ... de cinéma

Echo d'entreprise
16/04/2020

Pendant sa visite à l’hôpital Bicêtre, Macron a été interpellé par des collègues sur le manque de matériel et les conditions de travail. En réponse il s’est contenté de rejeter la responsabilité des restrictions sur ses prédécesseurs, comme s’il n’était pas au pouvoir depuis deux ans, et il a fait de vagues promesses pour l’hôpital à l’horizon 2022.

Sur le compte Twitter de l’Elysée, il n’est resté de la visite qu’une scène d’applaudissements, comme s’ils étaient destinés à Macron ou comme si cette visite avait été un grand moment de communion.

Si quelqu’un avait encore un doute sur l’honnêteté de ses promesses...

RATP Bus - Ile-de-France :  Bas les masques !

Echo d'entreprise
13/04/2020

Après avoir refusé le port d’un masque pour les travailleurs de la maintenance, des bus et du métro, la RATP les distribue depuis mercredi 8 avril, plus d’un mois après que cela ait été demandé. Ce ne sont que des masques chirurgicaux, qui n’offrent pas la protection des FFP2.

Il y a même eu des cas où des chefs avaient menacé de suites disciplinaires ceux qui en auraient mis. L’écœurement des travailleurs est grand, surtout après la mort de deux salariés dont le dernier n’avait que 37 ans. Il était agent de sécurité, sportif, et avait d’ailleurs exercé un droit de retrait, face aux conditions de travail dans des locaux exigus et des véhicules d’intervention où l’on passait des heures à plusieurs.

Même pour assurer le minimum de protection aux salariés qui jouent leur vie tous les jours, la RATP fait tout avec dix métros de retard.

Fedex - Roissy :  Les travailleurs en danger

Echo d'entreprise
13/04/2020

Le hub européen de FedEx, géant mondial du transport de paquets, n’a jamais arrêté son activité sur la zone aéroportuaire de Roissy.

Pour entrer sur le site chaque travailleur doit faire une reconnaissance digitale : tous posent leur doigt sur le même appareil, ce qui semble un excellent moyen de transmettre le coronavirus ! Sous la pression, la direction a fini par mettre en place une distribution de flacons de gel hydro-alcoolique, mais pas de masques alors que des centaines de travailleurs font la queue plusieurs fois par jour dans le hall d’entrée, avec des agents de sécurité encore plus exposés puisqu’ils y restent bien plus longtemps.

Un certain nombre de travailleurs se sont mis en arrêt maladie. Beaucoup se sentent piégés entre la peur de perdre leur travail et celle d’être contaminés, en particuliers les intérimaires. La direction a proposé une prime de 1 000 euros, mais certains travailleurs, révoltés, rétorquaient qu’un cercueil vaut plus cher.

Le 26 mars, l’inquiétude et la rage ont encore augmenté lorsque les travailleurs du site ont reçu un message de la direction annonçant la mort, deux jours plus tôt, d’un intérimaire de Manpower, infecté par le coronavirus, à l’issue de sa mission d’une semaine.

Les sociétés d’intérim se sont engagées depuis lundi 30 à ne plus envoyer de salariés sur place. Mais le travail continue sur le site. Comme à la guerre, les travailleurs servent de chaire à profit.

Service de réanimation - Ile-de-France :  Saturation totale

Echo d'entreprise
13/04/2020

Après celles de l’Est, les réanimations d’Île-de-France ont à leur tour été débordées.

Le directeur de l’Agence nationale de santé (ARS) disait le 19 mars : « Au-delà de 1 300, les patients pourront toujours être accueillis, mais sur un mode plus dégradé .» Dimanche soir 5 avril, il y avait 2 506 personnes en réanimation.

Dans les hôpitaux les soignants se sont débrouillés comme ils ont pu. Les médecins ont dû choisir entre refuser les patients ayant le moins de chances de survivre à la réanimation, et utiliser du personnel insuffisamment formé et du matériel dépassé ou pas complètement adapté.

Le problème de la saturation des réanimations reste entier, et pour plusieurs semaines. Il semble que moins de patients arrivent chaque jour mais ils s’additionnent à ceux qui sont déjà là, car très peu en sont déjà sortis.

Des collectifs associés à de nombreux syndicats réclament aujourd’hui de réquisitionner l’ensemble des forces industrielles afin de produire les médicaments et dispositifs nécessaires. C'est une nécessité, quitte à contraindre le patronat concerné.

Témoignage de Bouchra, technicienne dans l'industrie chimique

Echo d'entreprise
10/04/2020

Société Générale - La Défense :  Les mauvais comptes font les bons ennemis

Echo d'entreprise
09/04/2020

La Société Générale et 3 organisations syndicales (CGT, CFTC et SNB) ont signé un accord le 2 avril, dans le cadre de la crise sanitaire Covid-19. Il consiste à demander aux salariés de prendre obligatoirement deux semaines de repos dans la période du 16 mars au 30 mai avec maintien du salaire.

La direction veut nous faire croire qu’elle fait un effort en maintenant nos salaires. Comme si l’une des trois plus grandes banques de ce pays, qui fait partie du CAC 40, ne disposait pas de milliards ! Comme si elle ne pouvait pas prendre une toute petite part sur les bénéfices qu’elle a engrangés depuis des années ! Et comme si tous les employés disposaient d’un salaire tel qu’ils devaient être satisfaits de pouvoir le toucher intégralement en ce moment, alors qu’il suffit à peine à certains d’entre nous pour boucler les fins de mois.

Quant à la période choisie, là encore, la direction a une justification toute trouvée : c’est à cette période que nous posons habituellement nos congés, dit-elle. Mais confinement ne rime pas avec congés !

Comme si la crise sanitaire ne suffisait pas, la direction a le culot de nous demander des sacrifices ! Le gouvernement et la direction veulent nous faire payer la facture, mais c'est eux qui doivent la payer. Et il faudra être de plus en plus nombreux à le leur faire savoir !