La Réunion

Les lycéens avec le monde du travail

Brève
10/12/2018

 

 

 

 

 

 

Ce matin des lycéens du Tampon et de Sainte-Suzanne se sont mobilisés contre la réforme du baccalauréat qui va engendrer « une inégalité des chances » et « une augmentation du taux de chômage et une hausse de la précarité sociale ».

Les lycéens, ici et en métropole,  protestent contre la politique du gouvernement et l’éducation au rabais qu’il veut leur imposer. Leur combat est entièrement légitime et je soutiens sans réserve leurs revendications.

En effet, on nous explique que le monde change et qu’il faut s’adapter et détenir le meilleur bagage de connaissances possible, mais on apprendra moins de choses aux jeunes de lycée professionnel !

En guise de matières générales et de français, il suffira de savoir lire le mode d’emploi d’une machine ou rédiger une lettre de motivation.

Aux enfants de bourgeois, on donne la culture générale et les clés de la connaissance. Aux jeunes des quartiers populaires, on réserve l'apprentissage… de l'exploitation !

Patrons et gouvernement veulent des jeunes travailleurs taillables et corvéables à merci, comme au temps des seigneurs. Ils veulent des jeunes qui obéissent et se taisent, des jeunes qui ne la ramènent pas avec leurs connaissances et leurs revendications. C’est révoltant.

Dans cette société, l'avenir est tout tracé pour une minorité de riches. Pour les autres, la vie est de plus en plus dure, et elle l’est d’autant plus quand on n’a pas l’éducation et la culture pour se défendre.

Avec le mouvement des gilets jaunes la profonde injustice sociale de ce système a fait irruption sur la scène publique. C’est tant mieux. C’est une première marche. Il faut monter les suivantes.

Pour cela il faut un rapport de force que seul le monde du travail, celui qui crée toutes les richesses et fait fonctionner la société, pourra imposer pour que la société ne se fracasse pas dans la misère économique et sociale. La force sociale qui ouvre une perspective d’avenir  prendra sur les profits des capitalistes, des grands actionnaires et des banquiers avec son arme de classe : la grève.

Pour l’augmentation des salaires, des retraites et des minima sociaux et leur revalorisation automatique sur la hausse des prix.

La Réunion

L’île des plus riches et des plus pauvres

Brève
03/12/2018

Dans l’étude Compas, pour la Gazette des communes, sur les villes de France comptant le plus de pauvres, 3 communes de La Réunion sont dans le top 5.

La ville de Roubaix dans le nord de l’hexagone trône sur la première marche du podium avec 45% de la population vivant sous le seuil de pauvreté fixé à 977 euros par mois. Arrivent juste derrière, trois villes réunionnaises : Saint-Pierre 44%, Le Tampon 43% et Saint-Paul 39% (à égalité avec Aubervilliers).

La Réunion arrive en outre largement en tête des départements de France les plus touchés. Ces données sont à rapprocher de celles fournies en novembre 2017 par l’administration fiscale donnant le classement des communes regroupant le plus d’assujettis au défunt impôt sur la fortune. La Réunion était le DOM en comptant le plus avec sept communes comptant plus de 50 contribuables assujettis à l’ISF : 56 à St André, 71 à la Possession, 74 à Ste Marie, 144 au Tampon, 155 à St Pierre, 306 à St Paul, 524 à St Denis.

Quand une telle inégalité s’étale de façon insupportable sur un si petit territoire comment les ingrédients d’une explosion sociale ne s’embraseraient-ils pas ?

La Réunion

Troisième acte, trois fois rien !

Brève
01/12/2018

Girardin prétendait qu’on allait voir ce qu’on allait voir sur le pouvoir d’achat lors de sa dernière rafale d’annonces vendredi 30 novembre au soir. Et bien on a vu : toujours rien sur les salaires, les retraites et les allocations.

Oh les trois discours, le sien et ceux des présidents du département et de la région, poussés au pupitre pour faire leur réapparition après 14 jours de crise, ont bien porté sur la vie chère.

Melchior signale que le département ne peut pas assurer seul l’aide aux 120 000 familles en difficulté, l’État doit mettre la main à la poche et recentraliser le RSA. Signifiant qu’il avait prévenu sur le risque d’une crise comme celle qui a éclaté ces derniers jours, il rappelle qu’en 2012 l’urgence sociale avait fait l’objet d’un livre blanc, sans aucun résultat.

Robert, bat modérément sa coulpe à propos de sa responsabilité dans la survenue de la crise actuelle. Ne voulant pas rester le seul maudit de l’affaire il veut créer un Conseil consultatif citoyen, tiré au sort, pour préparer des référendums d’initiative populaire.

En attendant, il a trouvé l’arme de destruction massive contre les prix trop élevés : supprimer les coûts de transport des marchandises, en assurant la continuité territoriale comme si La réunion était collée à la France. Ce serait 350 millions d’euros annuels financés par la région, l’État et l’Europe.

La ministre, elle, veut ripoliner l’Observatoire des prix et oh revoilà les citoyens tirés au sort, 50 précise-t-elle, qui y seront associés. Elle prétend qu’aucun produit ne devra échapper à la surveillance, aucun produit ne doit « passer sous le radar ».

Ce qui passe sous le radar ce sont les profits des grosses entreprises, particulièrement celles de la distribution. Le tour de passe passe consiste à faire semblant de s’en prendre à la vie chère sans écorner les profits capitalistes. Le contribuable paiera ! Il faut juste répartir l’addition sur davantage de monde pour que ça semble moins douloureux.

Être au service du grand patronat impose à ses zélés valets quelques élucubrations et gesticulations . Mais l’enfumage n’a jamais fait disparaître les besoins des travailleurs et de la population pauvre.

La Réunion

Girardin : le choix de classe

Brève
29/11/2018

Hier, les annonces de la ministre ont plus que déçu car elle consistaient en un simple zembrocal de mesures déjà décidées par le gouvernement dans les mois passés. Aucun rapport donc avec le mouvement en cours.

Ce soir, après une nouvelle journée de théâtralisation d’échanges publics avec les GJ à St Pierre et St Benoît, mais d’échanges en misouk avec les élus et le « monde économique » qui tend la sébille, arrive l’acte 2 des annonces : tout pour les patrons, rien pour les salaires et les retraites, rien pour les travailleurs et les chômeurs.

Macron a écrit un scenario que sa ministre met en scène. Le coup de théâtre qui changerait toute cette triste production doit venir des travailleurs.

La Réunion

La ministre experte du bonneteau

Brève
28/11/2018

Après avoir exercé, durant sa première journée sur l’île depuis le début de la crise, ses talents autoaffirmés de « femme de terrain à l’écoute », la ministre a présenté en fin de soirée ses mesures urgentes applicables au 1er janvier 2019. On reste pantois devant le culot consistant à prétendre répondre à la colère qui s’exprime depuis le 17 novembre par des mesures déjà utilisées ou prévues depuis des mois :

baisse de la taxe d’habitation, minimum vieillesse et allocation adulte handicapé à 900 euros, pas d’augmentation de la CSG pour les petites retraites, heures supplémentaires exonérées, lunettes, soins dentaires et prothèses auditives pour toute la population, CMU 30 euros par mois.

Quant aux mesures nouvelles pour l’enfance, sans chiffrage et sans moyens, elles relèvent au mieux d’une charitable attention, plus probablement d’un profond mépris, sentiment fortement exprimé sur les radios et réseaux sociaux.