La Réunion

30 ans après les accords de Matignon

Les travailleurs de Nouvelle-Calédonie devront se battre pour leurs intérêts de classe

Brève
26/06/2018

Il y a exactement 30 ans, le 26 juin 1988, le gouvernement, la droite calédonienne et les représentants indépendantistes du FLNKS signaient les accords de Matignon. Alors que les Kanaks massacrés par l’armée française à Ouvéa le 22 avril 1988 étaient à peine enterrés, cet accord fut la base sur laquelle le compromis entre l’impérialisme français et les dirigeants nationalistes kanaks se construisit. L’impérialisme français maintenait sa domination coloniale tandis que les dirigeants nationalistes, qui firent accepter l’accord auprès des Kanaks, obtinrent des positions pour eux-mêmes et pour la petite-bourgeoisie kanak.

30 ans plus tard, si la petite-bourgeoisie kanak a effectivement obtenu quelques postes et positions sociales et économiques, l’immense majorité des Kanaks est toujours discriminée, sous-payée, mal-logée. L’impérialisme français domine toujours et la bourgeoisie française et caldoche exploite avec profit les travailleurs de ces îles. Et ce n’est pas le référendum à venir qui changera quoi que ce soit à cela. 

En Nouvelle-Calédonie, comme ailleurs, la classe ouvrière, d’origine kanak, européenne ou asiatique, doit se battre pour ses intérêts de classe, pour son pouvoir sur la société, contre les responsables de la misère et du chômage, la bourgeoisie française et caldoche, mais aussi la petite bourgeoisie kanake qui veut devenir grande. Au travers de ce combat, les travailleurs seraient en mesure d’en finir avec l’oppression subie par les Kanaks. La classe ouvrière de Nouvelle-Calédonie serait alors un exemple pour tous les travailleurs et les pauvres de cette région du monde.