La Réunion

Abolition de l’esclavage : un combat qui n’est pas terminé

Brève
20/12/2018

Il y a 170 ans, un décret du 27 avril 1848 fut pris par la République bourgeoise instaurée en métropole par la révolution de février 1848, qui avait mis à bas la monarchie. Sur le papier donc, les aspirations des anti-esclavagistes étaient satisfaites. Dans les faits, la situation des esclaves fut loin de changer du jour au lendemain. À La Réunion le décret ne prit effet qu’après la fin de la coupe, c’est-à-dire en décembre 1848.

Pendant plus de deux siècles, l’exploitation féroce des esclaves -main d’œuvre gratuite- avait permis à quelques gros propriétaires de l’île d’accumuler d’énormes fortunes. Aujourd’hui encore bon nombre de capitalistes sont les héritiers d’ancêtres esclavagistes. En France aussi, grâce à l’esclavage, les marchands d’esclaves et les bourgeois s’enrichissaient odieusement grâce à la sueur et au sang de générations d’esclaves.

Depuis, le salariat, forme moderne de l’exploitation capitaliste, a remplacé l’esclavage. Mais alors que l’on fête l’abolition de l’esclavage, tous les travailleurs, tous les salariés doivent se souvenir que les anti-abolitionnistes de 1848 n’auraient rien pu faire sans les révoltes d’esclaves dans les colonies et sans la mobilisation des exploités qui firent la révolution à Paris.

En 2018 comme en 1848, la lutte pour l’émancipation de tous les exploités reste à mener pour se débarrasser de toutes les formes d’exploitation de l’homme par l’homme.