La Réunion

Mayotte : la xénophobie en actes

Brève
04/08/2018

 

Le 27 juillet, des militants du Comité de défense des intérêts de Mayotte (Codim) se sont introduits par la force dans les locaux de la Cimade. Ils protestaient contre la demande faite par le collectif des étudiants étrangers d’un traitement plus rapide des dossiers administratifs. Ces bacheliers étrangers ont été admis à des formations pour la rentrée universitaire en France métropolitaine. Mais ils ne peuvent pas s’y rendre car ils n’ont pas de papiers en règle. Il est scandaleux que ces jeunes ne puissent poursuivre leurs études à cause d’une histoire de papiers !

Le Codim avait déjà manifesté devant la préfecture pour que les revendications des étudiants ne soient pas prises en compte. Il comptait bien empêcher physiquement ces jeunes, pour la plupart de nationalité comorienne, de déposer des dossiers.

Ses militants ayant été menacés, la Cimade a déposé plainte contre le Codim. Ce collectif s’est déjà illustré dans le mouvement contre l’insécurité qui avait dégénéré en des actions stigmatisant les immigrés et l’immigration. Ses leaders sont régulièrement invités dans les médias, aux côtés des parlementaires mahorais qui, gauche et droite confondus, se sont félicités de l’abolition de fait du droit du sol à Mayotte, via le vote d’une loi au parlement, il y a quelques jours.

Le Codim se prétend défenseur de l’île de Mayotte. Quelle farce ! En divisant les habitants selon leurs origines supposées, il affaiblit en réalité la population laborieuse toute entière, et ne fait que renforcer le patronat et l’État qui mène depuis des années une politique antisociale et antiouvrière, en métropole comme dans le 101e Département.

Liberté de circulation et d’installation pour tous ! A bas les frontières !