La Réunion

Un gréviste de BDM poussé au suicide. À bas la répression patronale et coloniale à Mayotte !

Brève
07/10/2020

Les salariés du groupe Bourbon Distribution Mayotte (magasins Jumbo Score et Douka Be – rachetés récemment par le groupe Bernard Hayot) ont fait grève 9 semaines pour une augmentation de leurs salaires de 150 euros, le 14ème mois et l'augmentation des primes restaurant. La direction n'a finalement accepté de leur octroyer que 30 euros d'augmentation salariale, autant dire une misère.

Pendant toute la durée du conflit, elle n'a cessé de mener la chasse aux grévistes leur envoyant les huissiers pour dresser des procès-verbaux d' « entrave à la liberté du travail ». Elle a pu compter sur la complicité de l'État français qui maintient salaire minimum et allocations sociales bien en-dessous de ce qu'ils sont en France et à La Réunion. Les patrons sont les rois à Mayotte et leurs salariés les esclaves.

Non contente de refuser de satisfaire les revendications de ses salariés , la direction de BDM a entamé plusieurs procédures de licenciements contre les grévistes. Elle s'est plus particulièrement acharné sur Bao, un jeune père de famille de trois enfants, âgé de 34 ans, qu'elle a convoqué dans ses bureaux, sans possibilité de se faire accompagner par un syndicaliste ou même un camarade de travail.

Bao en est ressorti, aux dires de ses collègues, choqué, traumatisé, déclarant qu'il avait « peur de ce qui allait se passer ».

Toutes ces pressions et intimidations inhumaines ont eu raison de sa résistance. Dans la nuit du dimanche 4 au lundi 5 octobre, il a mis fin à ses jours.

Sans honte la direction de BDM a fait part de ses condoléances à la famille de Bao, alors qu'elle et ses soutiens gouvernementaux sont entièrement responsables de son décès.

À bas l'exploitation capitaliste à Mayotte! Justice pour les travailleuses et travailleurs Mahorais !

La Réunion

Les forçats de la NRL brisent le silence

Brève
30/09/2020

Depuis des mois, Région et majors du BTP sont en conflit à propos de la finition des derniers kilomètres de la Nouvelle Route du Littoral.

L'insuffisant approvisionnement en roches massives du chantier et la recherche de solutions de rechange (utilisation des andains dans les champs de cannes) a été l'occasion pour les entreprises concernées de réclamer plusieurs rallonges de dizaines de millions d'euros auprès de la collectivité qui a fini par accéder à leur demande.

Dernièrement les patrons transporteurs de roches sont aussi entrés dans la danse et ont manifesté devant la Région et devant le siège du groupement d'entreprises pour exiger que le chantier redémarre au plus vite se plaignant d'être étranglés financièrement. Tous les rassemblements et déclarations de ces patrons ont été régulièrement couverts et reproduits par les médias. À aucun moment on n'a entendu la voix de leurs salariés. À croire qu'ils n'existaient pas !

Et puis, mardi 29 septembre, on a pu entendre, ô miracle, la voix de ces derniers qui, sous couvert d'anonymat (« pour ne pas risquer de perdre leurs emplois »!) ont pu intervenir aux informations de 19 h sur la chaine télévisée de Réunion la Première.

Et là on a pu avoir enfin un mince, mais fort intéressant, aperçu des conditions de travail qui leur sont réservées : des journées de travail qui commencent à 5 heures du matin et finissent à 16 heures, sans pause, et pour des salaires inférieurs à 1400 € et pas supérieurs à 1500, pas de primes de repas et pour ceux qu ne seraient pas contents de leur sort une seule réponse : « Qu'ils aillent voir ailleurs ! » dixit le représentant d'un syndicat patronal routier.

« Isolés et sans syndicat, les chauffeurs auront beaucoup de mal à améliorer leur sort », telle était la conclusion du journaliste parti les interviewer. En effet, face à leurs exploiteurs, seule l'organisation indépendante des chauffeurs routiers et leur lutte collective leur permettra de changer leur sort.

La Réunion

Les travailleurs ne comptent pas pour du beurre

Brève
04/07/2020

 

Rares sont les années où il n’y a pas de ralé-poussé entre planteurs de cannes et usiniers à propos de la campagne sucrière.

Celle-ci qui était prévue de démarrer le 29 juin dans l’est de l’île, démarrera avec une semaine de retard.

La raison de ce report était un désaccord des uns et des autres sur les modalités d’échantillonnage de la canne pour déterminer le taux de sucre.

En effet, de réunion en réunion, syndicats de planteurs et représentants de Tereos ne trouvaient pas d’entente sur les points de perçage des cannes sur les plate-formes. Les premiers estimant que ce que proposait l’usinier leur était défavorable, les seconds considérant que la proposition était « loyale ».

Le protocole de campagne 2020 a finalement été signé le 3 juillet entre les deux parties.

Il y a trois ans, l’opposition entre planteurs et usinier avait abouti à une grève des planteurs de presque 15 jours soutenus par le syndicat CGTR.

Toujours est-il que chacun des deux camps se bat pour défendre ses intérêts respectifs.

Mais la filière canne ne se résume pas aux seuls planteurs et usinier. Les techniciens agricoles, les ouvriers agricoles, les travailleurs d’usine, auraient aussi leur mot à dire et des revendications à poser.

Eux qui conseillent les agriculteurs, qui plantent, qui coupent, qui transportent, qui transforment la canne, bref qui créent les richesses ne voient pas leur salaire augmenter ou si peu...

S’ils veulent voir leurs conditions de vie s’améliorer, les travailleurs n’ont pas d’autre choix que de rentrer en lutte contre leurs exploiteurs.

 

La Réunion

Guadeloupe - Lu dans Combat Ouvrier

Notre camarade Tillé relaxé !

Brève
13/06/2020

Rony Tillé, soignant et militant de la CGTG- CHU et de Combat ouvrier, a été convoqué au tribunal de Pointe-à-Pitre le mercredi 10 juin.   Nous avons lancé un appel pour une mobilisation devant le tribunal à 7h. Plusieurs dizaines de militants de la CGTG, de Combat ouvrier et de l’UGTG étaient présents ce jour-là devant le tribunal pour soutenir Rony et protester contre les accusations surréalistes lancées contre lui. Rony est accusé par un des chefs de l’hôpital de menace de mort (rien que ça) lors de la grève du CHU en 2019. En réalité, ce chef veut se venger de la grève où les travailleurs du CHU dénonçaient les bas salaires, les contrats précaires et le manque de moyens pour soigner les patients. Rony Tillé faisait partie des grévistes très actifs. En fait, le procès de notre camarade Tillé est une manœuvre de répression anti syndicale pour fait de grève. Les patrons du public et du privé sont parfois tellement ridicules dans leurs assignations que les juges ne peuvent pas toujours les suivre dans leurs délires paranoïaques !

La Réunion

Maurice : le groupe Accor fait payer la crise à ses salariés

Brève
10/06/2020

Maurice : le groupe Accor fait payer la crise à ses salariés

Accor, le groupe français d'hôtels implanté dans 110 pays, propriétaire de 5000 hôtels dans le monde (Sofitel, Novotel, F1, Ibis, etc.) et qui a réalisé 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2019, a décidé de licencier les deux tiers du personnel de ses hôtels au prétexte de la chute de la fréquentation de ses établissements.

« Je ne déprime pas, ce n’est pas mon genre. Je suis plus passionné que jamais par ce métier et par les gens qui sont autour de moi : leur réactivité et leur passion m’ont bouleversé ces derniers jours. » , c'est ainsi qu'en avril, son PDG, Sébastien Bazin, se répandait dans les medias.

C'est sûr que ce financier ami, entre autres, de Sarkozy, ne risque pas d'aller faire la queue pour des colis alimentaires. Il a seulement à tendre la main du côté des aides de Bercy.

À Maurice, les 250 employés du Sofitel de Bel Ombre, qui viennent d'être privés d'emploi du jour au lendemain, et ceux des deux autres hôtels mauriciens, appartenant au groupe, sur qui pèse la même menace, sont, eux, au bord du gouffre de la misère. Comme tant d'autres  sur la planète à qui les capitalistes veulent faire payer la crise de leur système.

Les travailleurs n'ont que leurs chaînes à briser pour s'offrir un monde meilleur.