La Réunion

Quand la Région Réunion subventionne les licencieurs

Brève
13/02/2021

La commission permanente du Conseil régional qui s'est tenue la deuxième semaine de février, a voté (droite et PS à l'unanimité!) une aide supplémentaire de 1,5 million pour chacun des deux quotidiens de La Réunion, le JIR et le Quotidien. Elle leur avait déjà octroyé une première subvention d'un million d'euros fin décembre 2019.

La même semaine, la direction du JIR présentait une demande de mise en place d'un plan de cession de l'entreprise devant le Tribunal de Commerce. Celui-ci lui a donné son feu vert.

Un seul groupe d'actionnaires s'est porté acquéreur. Il s'agit en fait des mêmes sept actionnaires qui possèdent ce journal. Seul le nom de l'entreprise change. De SAS Journal de l'Ile, il devient SNJIR (Société nouvelle du JIR).

Au sortir du tribunal, Jacques Tillier, son président, s'est félicité « de ne licencier personne ». Sept salariés seront pourtant licenciés « pour raison économique » !

Chez le Quotidien aussi, la machine à licencier ne s'est pas arrêtée malgré l'annonce de cette généreuse deuxième aide régionale à la presse. La direction a confirmé sa décision de licencier 24 salariés.

Preuve est faite, une fois de plus, que les aides publiques aux capitalistes ne protègent en aucun cas les travailleurs des mauvais coups patronaux. Seule leur lutte pourrait le faire !

La Réunion

Plus bêtes qu’anges d’un côté et démons nationalistes de l’autre

Brève
12/01/2021

Le maire de St-André et sa famille ont été agressés par des « anges » de téléréalité. Ces personnes, dont la prestation télévisuelle consiste à se laisser filmer toute la journée dans leur intimité, ne supportaient pas que dans la salle du restaurant de St-Denis où ils déjeunaient des clients les prennent en photo.

Cet épisode aurait pu n’être que grotesque à la rubrique des faits divers mais il est devenu politique du fait que Bédier y a vu l’agression de créoles réunionnais par des colonisateurs dominants.

Les classes populaires appauvries, méprisées, laissées de côté par un système économique au service des possédants peuvent être sensibles à un tel discours.

Mais les travailleurs ne doivent pas s’y tromper : les exploiteurs, ceux qui raflent l’argent public et jettent les travailleurs au chômage et dans la précarité sont autant créoles que zoreils, blancs ou noirs, la seule couleur qu’ils vénèrent c’est le profit capitaliste.

En utilisant les frasques de quelques décérébrés, produits de ce système dont ils sont les défenseurs, des responsables politiques unis dans un chœur indigné, cherchent à cacher cette réalité. Ils invoquent la « défense des réunionnais » pour mieux désarmer les travailleurs face à leurs véritables oppresseurs.

 

 

 

 

La Réunion

Quand les masques tombent !

Brève
20/11/2020

Suite à l’accélération de la propagation du Coronavirus plusieurs communes sont placées sous surveillance et sous la menace d'un couvre feu.

À Saint-André la mairie a commandé 175 000 masques à RVE, une entreprise spécialisée dans la valorisation des déchets. Elle aura ainsi non seulement la production, mais aussi le traitement des masques usagés. Beau doublon !

C’est devant le siège de cette entreprise que le 23 mars 2020 une vingtaine d’ouvriers avaient manifesté leur mécontentement d’être obligés de continuer à travailler « sans moyens de protections adaptés contre le risque de contamination » (pas de masques, pas de gel, pas de gants).

En guise de réponse, le patron avait licencié plusieurs d’entre eux pour fautes. Il les avait accusé d’avoir « terni l’image de l’entreprise en publiant une vidéo de leur manifestation sur Facebook… et d’avoir pris des photos de l’intérieur de l’établissement sans autorisation de la direction et de les avoir communiquées à la presse » !

 

Non contente de s’être séparé de travailleurs trop combatifs à son goût, le patron de RVE trouve encore le moyen de grossir son chiffre d’affaire grâce à la pandémie.

La Réunion

Maurice : 4 ouvriers bangladais morts pour le profit

Brève
07/11/2020

Jeudi 5 novembre à 7 heures du matin, un car transportant 70 travailleurs originaires du Bangladesh s'est encastré dans un abri-bus dans le quartier de Pailles au sud de Port Louis. Cet accident a fait 4 morts et 64 blessés graves parmi ces ouvriers, dont le chauffeur de car qui a été amputé des deux pieds. Il semble, aux dires des passagers, que le chauffeur les ait avertis peu avant l'accident que les freins de l'engin ne répondaient plus et que le car était en surcharge.

Malgré ces éléments mettant en cause la responsabilité des patrons propriétaires du car le ministre du Travail, Soodesh Callichurn a déclaré qu' « une enquête déterminera si le chauffeur a commis une infraction au code de la route ». Autant dire que ce représentant du gouvernement mauricien exclue toute responsabilité du patron de la compagnie de cars !

La bourgeoisie mauricienne exploite honteusement des milliers de travailleurs et de travailleuses venant du Bangladesh pour suer du profit dans ses entreprises. Cet accident dramatique est révélateur du profond mépris qu'elle affiche pour ces travailleurs corvéables à merci. C'est elle qui porte l'entière responsabilité de leurs décès et de leurs souffrances.

La Réunion

Un gréviste de BDM poussé au suicide. À bas la répression patronale et coloniale à Mayotte !

Brève
07/10/2020

Les salariés du groupe Bourbon Distribution Mayotte (magasins Jumbo Score et Douka Be – rachetés récemment par le groupe Bernard Hayot) ont fait grève 9 semaines pour une augmentation de leurs salaires de 150 euros, le 14ème mois et l'augmentation des primes restaurant. La direction n'a finalement accepté de leur octroyer que 30 euros d'augmentation salariale, autant dire une misère.

Pendant toute la durée du conflit, elle n'a cessé de mener la chasse aux grévistes leur envoyant les huissiers pour dresser des procès-verbaux d' « entrave à la liberté du travail ». Elle a pu compter sur la complicité de l'État français qui maintient salaire minimum et allocations sociales bien en-dessous de ce qu'ils sont en France et à La Réunion. Les patrons sont les rois à Mayotte et leurs salariés les esclaves.

Non contente de refuser de satisfaire les revendications de ses salariés , la direction de BDM a entamé plusieurs procédures de licenciements contre les grévistes. Elle s'est plus particulièrement acharné sur Bao, un jeune père de famille de trois enfants, âgé de 34 ans, qu'elle a convoqué dans ses bureaux, sans possibilité de se faire accompagner par un syndicaliste ou même un camarade de travail.

Bao en est ressorti, aux dires de ses collègues, choqué, traumatisé, déclarant qu'il avait « peur de ce qui allait se passer ».

Toutes ces pressions et intimidations inhumaines ont eu raison de sa résistance. Dans la nuit du dimanche 4 au lundi 5 octobre, il a mis fin à ses jours.

Sans honte la direction de BDM a fait part de ses condoléances à la famille de Bao, alors qu'elle et ses soutiens gouvernementaux sont entièrement responsables de son décès.

À bas l'exploitation capitaliste à Mayotte! Justice pour les travailleuses et travailleurs Mahorais !