Visite de Chérèque : rien que du vent

Communiqué
05/11/2013

En envoyant à la Réunion François Chérèque, ex-leader de la CFDT, avec le titre d'inspecteur général des affaires sociales, le gouvernement a voulu montrer sa volonté de lutter contre la pauvreté.

Dans une île où 340 000 personnes vivent sous le seuil de pauvreté ; où 25 000 familles attendent un logement décent ; ou près de 150 000 Réunionnais sont couverts par la CMU, 275 000 par la CMU complémentaire; et où le taux d'illettrisme bat un triste record, ce n'est pas le travail qui manque !

Mais face à ces situations dramatiques, les mesures annoncées par Chérèque apparaissent bien ternes. Le « monsieur pauvreté » du gouvernement s'est contenté de décliner les mesures d'un plan gouvernemental qui date déjà de janvier 2013.

D'ailleurs, dix d'entre elles ont déjà été adoptées sans qu'aucune n'ait connu un début de concrétisation. Signe que, pour le gouvernement, il n'y a pas le feu dans la demeure.

Alors que des dizaines de milliers de jeunes sont au chômage, on leur fait miroiter aujourd'hui 1800 « garanties jeunes », à titre expérimental, qui permettront aux quelques élus de percevoir la mirifique somme de 475 € par mois !

Aux plus pauvres, on promet une augmentation du RSA de 10 % sur cinq ans. Même si la promesse est tenue, elle ne sortira pas les ayants droit de la misère, elle ne leur permettra pas de payer un loyer ou leurs factures d'électricité, de disposer des moyens pour donner ce qu'il y a de mieux à leurs enfants, ce à quoi aspire tout parent.

En fait de plan contre la pauvreté, le gouvernement n'en a aucun. Les mesures annoncées, et qui de plus tardent à venir, seront totalement inopérantes. Elles ne sortiront pas les familles de la gêne. Pour y parvenir, il faudrait une volonté que le gouvernement n'a pas, celle de mettre à la disposition des plus démunis un maximum de richesses, aujourd'hui accaparées par les classes riches.

Il n'y a donc rien à attendre de ce gouvernement qui, comme le précédent, fait tout pour défendre d'autres intérêts. Et comme on ne peut pas servir deux maîtres à la fois : les exploités et leurs exploiteurs, tous ses discours sur la pauvreté ne sont que poudre aux yeux.

Jean-Yves PAYET