Les Anjouanais victimes du racisme à Mayotte.

Article du journal de La Réunion
01/11/2003

Le 27 octobre dernier, le maire de la commune mahoraise de Brandélé a organisé l'incendie du village d'Hamouro, détruisant en totalité 28 paillotes occupées depuis trois ans par des Anjouanais en " situation irrégulière ".

Si cet acte raciste n'est pas un cas isolé, il illustre malheureusement, la xénophobie grandissante attisée par la lutte sans répit que mènent les autorités mahoraises, donc françaises, contre l'immigration dite clandestine, principalement anjouanaise, à Mayotte.

Mayotte détient en effet, la première place en France, peu enviable, pour le nombre d'expulsions d'étrangers, facilitées sans doute par l'instauration du visa depuis 1994. L'immigration clandestine y concernerait une personne sur quatre. On refoule chaque année 10 000 migrants, 5 070 " arrêtés préfectoraux de reconduites à la frontière " ont été pris en 2002.

Poussés par la misère, l'isolement et surtout l'insécurité due à la pression qu'exerce le régime dictatorial et policier du colonel Azali sur le reste des îles de l'archipel, les Comoriens espèrent bénéficier à Mayotte d'infrastructures telles qu'hôpitaux, écoles et trouver du travail.

Embarqués ou plutôt entassés sur des pirogues, les kwassa-kwassa, ces pauvres hères risquent leurs vies en parcourant en mer les quelques 80 kilomètres qui les séparent de " l'Eldorado ".

Ils sont d'abord la proie des passeurs peu scrupuleux qui se font payer 1500 euros le " passage " et qui parfois n'hésitent pas à les abandonner en les laissant sur des récifs coralliens.

Pour ceux qui arrivent à Mayotte, il faut fuir ou affronter les autorités et parfois la population autochtone. Pour survivre les immigrants se vendent à certains " employeurs " pour 200 euros au plus par mois, le triple de ce qu'ils pourraient espérer toucher, s'ils avaient trouvé un emploi chez eux.

Interrogé par le Quotidien, le préfet de Mayotte considère que " l'immigration clandestine est nocive pour le développement de Mayotte " que les clandestins " ne sont pas les bienvenus... "

Ces propos infâmes et xénophobes du représentant de la France encouragé sans doute par ses supérieurs à Matignon, ne sont pas pour rapprocher des populations sSurs de Mayotte et celles des autres îles.

Tout comme les travailleurs et les pauvres de Mayotte ou de La Réunion, les comoriens sont les victimes d'un système qui ne se soucie guère des miséreux qu'il fabrique.