Le Quotidien :  Réponses de Jean-Yves Payet à un questionnaire du journal

Article de presse
07/03/2010

DÉVELOPPEMENT DURABLE ET ÉNERGIES RENOUVELABLES

Question 1 : Quels sont les projets et objectifs que vous proposez, concernant les énergies renouvelables ?

Le développement des énergies renouvelables devrait répondre aux besoins des générations du présent et du futur sans gâcher les richesses, ni compromettre la nature. Que voilà un bel objectif sans cesse mis à mal par le capitalisme.

Comment penser qu'une organisation sociale qui laisse aujourd'hui un milliard de femmes et d'hommes dans une situation de sous-alimentation chronique peut se soucier des générations futures. La propriété des grands moyens de production avec ses corollaires que sont la recherche d'un profit immédiat, la concurrence et l'anarchie dans la production, entraîne de graves dérèglements, un gaspillage généralisé du travail humain et des ressources de la planète.

Voilà pourquoi nous pensons que le respect de la nature n'est pas indépendant des autres formes de respect : respect social, respect de tous les individus qui composent nos sociétés. Voilà aussi pourquoi nous pensons que ceux qui ont le regard rivé sur leurs intérêts égoïstes ne peuvent rien apporter de bon. Et lorsqu'ils se soucient d'énergies renouvelables, c'est tout simplement parce qu'ils espèrent l'ouverture d'un nouveau marché, de nouveaux profits.

Question 2 : Quelle est votre position sur la géothermie, source d'énergie renouvelable souvent contestée ?

Nous ne sommes pas des spécialistes de la géothermie. Sans doute faut-il trouver d'autres sources d'énergies que le pétrole ou le charbon, ou en tout cas les diversifier.

Nous ne savons pas aujourd'hui quels seront les sources d'énergie du futur. Nous savons en revanche que la source d'énergie la plus puissante, la plus prometteuse est le travail humain, sa créativité et son inventivité.

Aujourd'hui, la production de l'énergie est régie par le marché capitaliste. A la Réunion on assiste à la privatisation de la production d'électricité. Des producteurs privés sont sur les rangs parce que l'Etat leur a donné la possibilité de vendre leur courant à EDF en-deçà du prix normal. Ce différentiel est d'ailleurs payé par les consommateurs.

Géothermie, solaire, éolien, énergies fossiles... encore faut-il que les choix ne se fassent pas en fonction du seul profit individuel mais dans l'intérêt collectif et dans le cadre d'une entreprise publique unique contrôlée par ses salariés et la population.

Question 3 : Quel est le projet estampillé « développement durable » que vous concrétiserez, dès votre élection ?

Utiles à notre génération, utiles à celles du futur, les services publics, c'est-à-dire les transports en commun, les hôpitaux, les écoles, les universités, les logements et l'énergie (qui eux aussi devraient dépendre d'offices publics), sont l'exemple même de ce qu'il faut appeler « développement durable ».

Les services publics regroupent des activités nécessaires et indispensables qui doivent bénéficier à tous. En donnant au plus grand nombre accès à des services utiles, ils permettent même un certain rééquilibrage entre les revenus fortement inégaux.

Voilà ce qu'il faut préserver, défendre et durablement développer.

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