Toulouse

Airbus et le virus du profit

Brève
19/03/2020

Macron s’est bien gardé d’imposer la fermeture des entreprises dont l’activité n’est pas vitale. Du coup, le patronat ne joue pas le jeu et peut continuer à faire ses affaires.

En début de semaine, des ouvriers d’Airbus estimaient qu’il fallait arrêter les chaînes de montage, car il y avait des cas avérés de contamination sur les chaînes. La plupart était venu à l'usine pour connaître les modalités concernant l'arrêt de la production, mais la direction tardait à prendre une décision. Elle a d’abord fait la sourde oreille en osant répondre que c’était par « équité » avec ceux qui continuaient à travailler en télétravail, que la production devait continuer. Devant l’inquiétude légitime des travailleurs qui menaçaient de ne plus se rendre à l’usine, ce que certains commençaient d’ailleurs à faire, elle a finalement décidé de « suspendre l’activité » dans ses usines à Toulouse mais aussi à Nantes, à Marignane, en Espagne, en Allemagne et aux USA, et cela jusqu’à lundi 23 mars. Sauf les livraisons qui doivent continuer, et en envisageant même de prendre ces jours, sur la banque de temps des salariés.

De toute façon, quatre jours pour « renforcer les mesures d’hygiène » et « mettre en place une organisation permettant une distanciation », ce n’est pas cela qui rassure ceux qui connaissent le travail. La meilleure organisation ce serait de permettre à tous les salariés de rester chez eux, en étant payé à 100%. Il n’y a pas de raison que dans cette « guerre contre le virus », les actionnaires d’Airbus ne mettent pas la main à la poche, d’autant qu’elle est bien remplie.

Les patrons ont une banque à la place du cerveau : les profits d’abord, la guerre contre le coronavirus après.

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