Hôpitaux de l’Ariège

Le vide dans la vallée

Brève
13/04/2020

            La direction du Centre Hospitalier Intercommunal des Vallées de l'Ariège (CHIVA) a décidé de fermer le service d'urgences de Lavelanet, pour soi-disant concentrer les moyens sur l'hôpital de Foix-Pamiers, le temps de la crise liée au Covid-19. Depuis le 1er avril, hospitaliers et patients doivent donc faire plus de 30 minutes de voiture pour aller travailler ou se faire soigner.

            Alors qu'on ouvre des hôpitaux de campagne, là on ferme un service en état de fonctionnement, en pleine épidémie. Sans compter que cette fermeture pourrait bien devenir définitive. Face à l'épidémie, les autorités déshabillent Pierre sans même habiller Paul.

Toulouse

SDF : témoignage sur les conditions du « confinement »… à la rue (Extraits)

Brève
09/04/2020

« Je suis éducatrice spécialisée. Nous sommes une équipe de travailleurs de rue composée à part égale d’infirmiers et travailleurs sociaux (embauchés par le CHU et le CCAS). Nous travaillons en lien avec le 115, le numéro d’appel pour les personnes sans abri.

A Toulouse, l’hébergement d’urgence dispose d’environ 400 places en foyers. Dès les premiers jours du confinement, les centres gérés par le 115 sont passés en ouverture 24h/24. Ces lieux n’ont pas vu pour autant leurs effectifs de personnel augmenter, personnel qui se retrouve aussi très exposé à un risque de contamination, sans matériel de protection. De plus certains lieux ne sont pas du tout adaptés à un confinement, comme un gymnase où 80 personnes sont dans la même pièce. Les foyers étant complets et les places bloquées, plus aucune personne appelant le 115 ne se voit proposer une solution. Pour ces personnes-là, les choses deviennent très compliquées car il n’y a plus aucun lieu où se mettre à l’abri en journée et la nuit.

Pour l’hygiène, le Point Santé où les personnes peuvent prendre une douche gratuitement tous les matins a fermé les deux premières semaines, les douches municipales (coûtant 1€) ont fermé, toutes les sanisettes ont fermé, les parcs où se trouvent la plupart des points d’eau ont fermé.

A la deuxième semaine du confinement des maraudes alimentaires régulières ont pu se mettre en place, mais pour éviter les rassemblements, elles distribuent uniquement de la nourriture à emporter et donc froide. Au niveau de l’accompagnement social, le CCAS arrête de recevoir du public, les Maisons des Solidarités (MDS) ne reçoivent plus que sur rendez-vous, l’APIAF (permanence pour les femmes victimes de violence conjugale) maintien des rendez-vous uniquement par téléphone.

Il y a une certaine tension par la peur des contrôles de police qui se sont généralisés. Cela est devenu un grand stress pour toutes les personnes sans papiers. Aussi, des SDF n’ayant pas d’autorisation de déplacement valide et ne pouvant pas respecter le confinement se sont vu recevoir des amendes ! Comme il n’y a plus qu’eux, les policiers et nous dehors, ils nous repèrent très vite. Lorsque nous nous arrêtons pour parler avec une personne, d’autres arrivent très vite et nous nous retrouvons rapidement englouti par un groupe de personnes isolées ayant des demandes auxquelles nous ne pouvons pas répondre. Cette tension est accentuée par le fait de ne plus pouvoir faire la manche, faute de passants. Il y a donc une augmentation des vols et beaucoup de violence dans la rue. Chaque jour, des personnes sans-abris nous témoignent des agressions. On constate aussi depuis le début du confinement de plus en plus de personnes ayant des troubles psychiatriques qui se retrouvent à errer dans les rues. Ces personnes sont dans des états psychiques où elles peuvent se mettre en danger ou mettre en danger les autres.

Face à cette situation, les réponses de l’Etat sont bien faibles et pas toujours adaptées. La trêve hivernale a été prolongée de 2 mois, ce qui a permis de laisser ouverts des dispositifs de mise à l’abri hivernaux et empêche l’expulsion des personnes en logements particuliers.

Après une semaine et demie de crise, nous avons pu voir l’ouverture de places d’hôtel, néanmoins cela n’est pas du tout adapté pour un certain nombre de personnes. En effet les personnes se retrouvent seules dans des chambres où elles doivent rester confinées (certains hôteliers contrôlant chaque entrée et sortie et excluant les personnes dépassant l’heure de sortie autorisée journalière).

Nous avons lancé aujourd'hui une pétition pour que les sanisettes soient réouvertes ! Voilà le lien : http://chng.it/rCMbMNmCBw »

Blagnac (banlieue toulousaine)

Téléperformance : un comble !

Brève
06/04/2020

Avec quelque 400 salariés, La société Téléperformance possède, à Blagnac, un de ses 13 centres d’appel. Le CHSCT y a dénoncé le travail en plateau ouvert, le nettoyage bâclé des locaux et des mesures de sécurité sanitaires insuffisantes. À la suite du droit de retrait de plusieurs dizaines de travailleurs, un contrôle de l’Inspection du travail a eu lieu qui a conclu que cette inaction était « de nature à exposer les salariés à un risque grave et imminent ».

Cela n’empêche ce centre de détenir, entre autres choses, le contrat de gestion du numéro vert national d’information sur le Covid-19, avec 40 intérimaires spécialement recrutés.

Travailleurs, sauvons-nous nous-mêmes !

Muret (31) - Centre de détention

Premier cas de coronavirus et inquiétude maximum

Brève
29/03/2020

Un détenu du centre de détention de Muret est tombé malade et a été testé positif au Covid-19 le 26 mars. Dans ce centre de détention, il y a environ 600 prisonniers et près de 300 salariés. Alors, comme dans tout le milieu carcéral, c’est la panique. En effet, la surpopulation carcérale, l’entassement des détenus dans des cellules exiguës et mal aérées, sont des facteurs aggravant les risques.

Une mesure a été prise, c’est la suspension des parloirs. Cela se justifie du point de vue sanitaire mais cela augmente les tensions ! Mais, malgré les demandes du personnel, l’administration ne fournit pas de masques : le 26 mars, il y avait un stock de 5000 masques… pour la région !

C’est dangereux pour les détenus comme pour le personnel. Mais les coupables ne sont pas en prison !

Pamiers (Ariège)

La grande misère du médico-social

Brève
28/03/2020

Le domaine Guilhot, près de Pamiers fait partie de l'L’Unapei - une fédération de 550 associations de défense des intérêts des personnes handicapées mentales et de leurs familles. Dans ce centre qui accueille des personnes handicapées le personnel manque de toutes les protections les plus élémentaires. C’est dire que le retour à domicile décidé par l’association est vécu presque comme un soulagement par les familles, car même si cette « solution » est problématique, les risques encourus sont moindres en étant confiné à la maison.

Aujourd’hui, l’Unapei lance un appel aux dons, « Fonds d’urgence covid 19 ». Il s’agit de fournir du matériel de protection au personnel médico-social (masques, blouses, sur-blouses, gel hydroalcoolique, etc. Mais aussi d’apporter un soutien aux familles.

L’Unapei reconnaît que « les professionnels du secteur médico-social se mobilisent dans l’ombre alors même qu’ils font face à un véritable manque de moyens ». Alors que le gouvernement envisage de débloquer des centaines de milliards d’euros pour les entreprises, les associations qui prennent soin des personnes handicapées sont contraintes à faire la manche !

Un société qui arrive à une telle aberration est vraiment au bout du rouleau.