Personnel médical harassé et patients en danger !

Brève
13/07/2009

Gironde - A Lesparre, dans le Médoc, non loin des plages bondées l'été, les urgences sont assurées par la clinique mutualiste de la ville, clinique privée ayant des missions de service public comme celle des urgences. Le médecin chef de ce service dénonce le sous-effectif et les horaires qu'y subissent les médecins : 323 heures par exemple pour le seul mois de juillet, le double d'un service normal, et seulement entre 3 et 4 médecins en activité alors qu'il en faudrait 10 pour que le service tourne normalement.

La direction de l'établissement a répondu que les effectifs étaient suffisants (à quel prix !) pour « répondre à l'urgence » et que de toute façon, ils avaient été calculés en coordination avec les autorités publiques (ARH) qui chapeaute la clinique. Tout s'explique : l'État démolit les conditions de travail et les effectifs dans les hôpitaux publics et impose ou couvre la même politique dans les établissements dont il est l'autorité de tutelle, quitte à mettre en danger les patients... et le personnel médical surmené.

Gourdon (Lot)

Nous ne sommes pas des « clients », mais des usagers !

Brève
04/07/2009

En octobre 2007, la SNCF a décidé de supprimer 15 arrêts de train dans chacune des gares de Gourdon et Souillac dans le Lot. Depuis cette date, les habitants de ces deux villes se mobilisent derrière l'association « Tous Ensemble Pour Les Gares » qui comptent 2200 adhérents. Leurs manifestations et blocages de train ont permis de faire reculer la SNCF qui a dû rétablir 9 des 15 arrêts. La lutte continue pour imposer les 6 autres arrêts ainsi que la relaxe des neuf personnes inculpées.

Des rassemblements auront lieu pour faire entendre ces exigences le dimanche 16 juillet (100ème semaine de mobilisation) à partir de 18h à la gare de Gourdon, et lors du procès en appel des neuf le 17 septembre.

Lutte Ouvrière est évidemment solidaire de cette mobilisation contre une logique de rentabilité qui ignore les besoins réels des usagers. Voici un extrait du courrier de notre camarade Sandra Torremocha, à l'association « Tous Ensemble Pour Les Gares » : « Comme vous, nous ne voulons pas être considérés comme des "clients" mais comme de simples usagers des services publics, qui exigent que leurs impôts (directs ou indirects) ne soient pas détournés et confisqués, et que certaines régions deviennent comme vous le dites de simples "zones blanches". Le budget de l'État, plutôt que de servir de vache à lait aux industriels et aux banquiers, devrait permettre au contraire de développer ces services. »

Toulouse (31)

Continental : une augmentation grâce à la grève

Brève
22/06/2009

800 salariés de Continental ont fait grève depuis mardi dernier sur les trois sites de Toulouse, Foix et Boussens, pour l'augmentation de leurs salaires. La direction proposait royalement 30 euros pour tous les non-cadres et 40 pour les cadres, eux ont voté la revendication de 90 euros pour tous. Au bout de trois jours de grève, la direction a concédé 65 euros pour les non-cadres, et 75 pour les cadres.

Les grévistes ont finalement accepté de s'en tenir là pour l'instant. Ce n'est pas ce qu'ils demandaient, mais c'est en tout cas plus que ce qu'accordait la direction au début. Et c'est bel et bien à leur grève qu'ils le doivent, et à rien d'autre.

Toulouse (31)

Freescale (ex-Motorola) : la pression monte !

Brève
16/06/2009

Cela fait presque deux mois que la direction a annoncé l'arrêt des activités de production pour fin 2011, et en conséquence le licenciement d'au moins 800 salariés (sur 1700), qui s'ajoutent aux 230 licenciements prévus dans le secteur téléphonie avant fin 2009.

Après un temps de stupeur, les travailleurs ont commencé à s'organiser et aussi à débrayer à plusieurs reprises pour appuyer leurs revendications : une indemnité de départ de 150 000 € + 2 mois de salaire par année d'ancienneté + 6 mois de salaire de carence. Le samedi 13 juin ils étaient plus de 400 dans les rues de Toulouse, aux cris de « non aux licenciements » ; « les actionnaires se sont gavés, maintenant ils vont payer » ; « salariés torpillés mais pas coulés, ça va péter ! ». A Freescale, comme ailleurs, ce n'est qu'un début, le combat continue !

Toulouse (31)

Procès AZF : Total au dessus des lois ? Desmarest intouchable ?

Brève
15/06/2009

Le procès de l'explosion de l'usine AZF du 21 septembre 2001, commencé le 23 février 2009 touche a sa fin. Mercredi 10 juin, Thierry Desmarest, ex PDG de Total en 2001 et actuel président du Conseil d'administration du groupe était entendu dans le cadre de la « citation directe à comparaître », initiée par des sinistrés.

Mais Total est un groupe puissant. Ainsi, les deux avocats sollicités par les sinistrés pour représenter cette « citation » s'étaient déjà désistés ... le jour de l'ouverture du procès. Eh bien, le jour de l'audition de Desmarest, et devant ce dernier qui était entendu par le Tribunal, l'avocat commis d'office pour porter la « citation » des sinistrés, s'est présenté pour dire ... qu'il ne plaiderait pas contre Desmarest. Cet épisode a abrégé quelque peu l'audition de Desmarest. Et devant le président embarrassé les soutiens de Total étaient fort satisfaits. Quant aux sinistrés ulcérés de ce énième coup de Jarnac, ils cherchent encore comment poursuivre quand même leur action.

Quant au « prévenu » Desmarest, ex-PDG de Total, il n'avait rien à dire.

Son audition n'aura duré que deux heures pause comprise. Il a su parfaitement jouer la comédie de la compassion, avec le petit tremblement dans la voix au bon moment. Par contre les réponses aux questions des avocats des parties civiles, comme du président, étaient beaucoup plus lapidaires. Lorsque le président s'est fait le porte parole d'une partie civile, en l'occurrence un ex-salarié AZF reprochant la politique du groupe en matière de sous-traitance, d'économie sur la sécurité, il s'est contenté d'affirmer que « la sécurité dans le groupe Total, passe avant tout ».

Il a aussi déclaré qu'en matière de sécurité, Grande Paroisse /AZF avait « de meilleurs résultats que la moyenne de l'industrie chimique ». C'était presque à se demander s'il y a réellement eu une explosion avec 32 morts, des milliers de blessés et des dizaines de milliers de sinistrés.

Les sinistrés avaient voulu marquer le coup en organisant un rassemblement juste avant l'audition de Desmarest. Ils se sont retrouvés à 80 au « rond point du 21 septembre 2001 » (à 500 mètres du lieu du procès). Lors des prises de parole, un ex-salarié d'AZF a résumé ce que tous pensaient : « Je reste convaincu après ces semaines de procès de la culpabilité du trust Total. ... J'ai travaillé pendant plus de 20 ans dans cette usine, j'ai été syndicaliste, et je peux vous dire qu'on ne se battait pas que pour des augmentations de salaires, mais le plus souvent contre les réductions d'effectifs, contre les économies en matière de sécurité, contre les détournements de la législation en matière d'accident du travail, contre le développement de la précarité et de la sous-traitance...

Ce n'est pas Desmarest qui a fait sauter le 221, aucun patron n'a intérêt à faire sauter son usine, mais ils en prennent le risque chaque fois qu'ils font passer leur profit avant tout.».