AIRBUS Toulouse :  Cynisme patronal !

Echo d'entreprise
30/03/2020

Un des dirigeants d’Airbus (de Marignane) a sorti une note adressée aux salariés pour les rassurer quant aux mesures de protections prises dans ce contexte d’épidémie. Il s’agit bien évidemment d’inciter les travailleurs à rejoindre leur poste.

Il ne cache pas qu’il s’agit de « Répondre à l’appel de nos clients, notamment pour nous : armée et marine françaises, armée allemande, qui sont déjà sur site pour réceptionner leurs machines… le besoin et la demande de renouvellement sont donc là ». On le voit toutes sortes de choses bien inutiles dans la « guerre contre le virus ».

Pour ce qui est des mesures sanitaires il ose écrire : « Je ne conçois pas les prophéties apocalyptiques qui sont tenues, les prétextes solitaires de désengagement et les demandes de surprotections inadaptées alors qu’en temps normal vos superviseurs et moi devons insister pour que certains mettent leur EPI adapté ». Bref pour lui, ceux qui ne viennent pas travailler, c’est parce que ce sont des fainéants qui se cachent derrière le risque sanitaire. La continuation du travail c’est pour « éviter que l’inertie se transforme en banqueroute ».

Nous faisons grâce du passage sur « l’esprit de famille ». Quant à sa conclusion, elle empeste le cynisme patronal : « Bien évidemment c’est ma vision, mais j’ose espérer que notre équipe n’est pas composée d’une majorité de nombrilistes ineptes mais au contraire de personnes clairvoyantes comme je le pense. Je comprends que l’attente confinée est longue et anxiogène mais n’en rajoutez pas et garder la tête froide Je compte donc sur vous pour reprendre avec envie et décomplexés. »

Cynique et insultant. Car qui sont « Les nombrilistes ineptes ? », sinon ces irresponsables qui ont une banque à la place du cerveau ! La moitié de l’humanité est confinée, et eux ils défendent les intérêts de quelques planqués capitalistes, … en envoyant les travailleurs au front.

Ces industriels, ces capitalistes et leurs serviteurs en or, sont un vrai danger pour les travailleurs et la population.

Toulouse :  Profit-virus chez Continental

Echo d'entreprise
29/03/2020

Les grands manitous du groupe international Continental viennent d’adresser aux salariés une note alarmiste. Evoquant les difficultés actuelles entraînant « une baisse drastique des ventes », ils avouent que leurs « principales priorités incluent la sécurisation de nos résultats et de notre trésorerie. » Ils sont « entièrement concentrés sur nos priorités commerciales ». Le fait que la moitié de l’humanité soit confinée, ne les empêche pas de penser à la banque qu’ils ont à la place du cerveau. C’est ça le cynisme du capitaliste : « mon pognon avant tout »

Dans cette note, les directeurs du groupe menacent directement les travailleurs : « … nous sommes sur le point de mettre en œuvre des contre-mesures qui exigeront de nous tous des sacrifices ». Quand tout va bien les patrons ne lâchent rien et ne partagent rien. Mais quand ça va mal, ils veulent bien partager… les sacrifices, et avec des trémolos dans la voix sur « la viabilité future de notre entreprise. » Tout d’un coup, quand il s’agit de sacrifices, l’entreprise est aussi « la nôtre ». S’il y a quelque chose à sacrifier ce sont les profits qu’ils ont accumulé grâce aux travail des salariés.

A Toulouse, jusqu’à aujourd’hui l’usine est arrêtée. C’est une bonne chose, car c’est que nous supplient de faire les soignants : « restez chez vous ! ».

Alors pourquoi la direction veut-elle redémarrer deux lignes de production avec des « volontaires » ? Pourquoi veut-elle, ensuite, augmenter encore l’activité ? Pour se justifier d’une telle décision elle invoque la demande de clients. C’est un aveu : en réalité elle ne veut pas perdre des parts de marché pour après l’épidémie. La santé des profits de ces « planqués capitalistes de l’arrière » passe avant la santé des « soldats ouvriers volontaires » qu’elle envoie au front.

Pas d’accord !

Labinal - Villemur-sur-Tarn (banlieue toulousaine) :  Accepter la logique patronale ? Pas d’accord !

Echo d'entreprise
27/03/2020

Dans cette entreprise de câblage aéronautique (groupe Safran) de 500 salariés, qui travaille notamment pour Airbus, la direction a décidé la réouverture de l’usine en assurant les salariés que les conditions de sécurité seraient scrupuleusement respectées : nettoyage des outils et des postes, distances de sécurité, deux équipes, etc. Et avec l'aide et le soutien de plusieurs syndicats qui ont décidé d’accompagner la volonté patronale, tous les jours les salariés sont invités à donner leur avis sur « les conditions sanitaires » : bonnes, moyennes, mauvaises. L’enquête du 26 mars (sur 8 réponses !) donne 50% de « mauvaises ».

En fait la seule question qui se pose ce n’est pas celle de la qualité des conditions sanitaires mises en œuvre par le patron, mais plutôt : « pourquoi maintenir le travail de câblage alors que les personnels de santé nous supplient de rester confinés ? » ; ou « pourquoi utiliser masques, gels, tenues spéciales, pour faire du câblage, alors que ce type de matériel manque dans les hôpitaux, les Ephad, les supermarchés, qui eux sont vitaux pour la société ».

En réalité ce que le patron veut faire admettre en mettant en discussion les « conditions sanitaires » du travail, c’est le préalable qui ne souffre pas de discussion : « il faut venir travailler ».

Et pourquoi ? Pour garder les marchés, pour rester bien placé face à la concurrence après l’épidémie, en un mot ce sont les profits de Labinal-Safran qui priment sur tout le reste.

La meilleure des conditions sanitaires c’est de ne pas venir au travail. Point ! Labinal-Safran a les moyens de payer 100% du salaire à tous : aux actionnaires de puiser dans leurs coffres-forts bien remplis. Il paraît qu’on est en guerre ; alors que les planqués capitalistes de l’arrière arrêtent d’envoyer au front du travail les travailleurs, pour préserver leurs profits futurs.

Toulouse :  Comment on travaille à l'aéroport de Toulouse

Echo d'entreprise
26/03/2020

À Blagnac comme dans tous les aéroports du pays, le trafic est considérablement réduit. Après les malades, les premières victimes sont les plus précaires, les intérimaires, les CDD et les contrats pro, qui ont été coronavirés. Aucune raison de l’accepter, s’il y a moins de travail, il faut le partager entre tous et maintenir les salaires. Et les coups bas, eux, ne sont pas confinés : la direction d'ATB veut rogner les congés et imposer une semaine de RTT fin mars-début avril. C'est le cas dans beaucoup de compagnies et de sociétés de l’aéroport. Peut-être que pour eux, être confinés dans leurs propriétés, ressemble à des vacances, mais ce n’est pas pareil pour ceux vivent dans quelques dizaines de mètres carrés. Sans compter que si avec le chômage partiel, les patrons ne payent rien, les salariés ne toucheront que 84% du salaire de base net et les primes seront impactées.

Les agents de sûreté d’ICTS et de Seris qui travaillent encore sont directement au contact du personnel pour les premiers, des passagers pour les seconds. La seule mesure de sécurité qui leur est demandée est de contrôler en se plaçant derrière les personnes. Pour se protéger, ils ont leurs gants habituels mais pas de masques et pour beaucoup, même pas de gel. Ils peuvent voir si une personne transporte une arme, mais si c’est le virus, il peut passer tranquille ! Les agents de nettoyage d’Onet et d’Arcade sont en première ligne dans le combat contre ce virus qui peut se déposer partout. Pourtant, ils utilisent toujours les mêmes produits, n’ont que leurs gants de travail et pas de masque pour se protéger. Leurs patrons disent qu’ils n’en ont pas besoin. Cela donne envie d'aller leur postillonner à la figure pour qu’ils en fournissent !

Si tous ceux qui travaillent à l’aéroport ne sont pas en contact direct avec les passagers, ils sont dans un environnement où passent des milliers de personnes, avec le risque de contamination. Le gouvernement qui demande aux salariés d’aller sur leur lieu de travail n’impose pas aux patrons de prendre des mesures strictes de précaution. Il est visiblement davantage préoccupé de la santé des entreprises que de celle des travailleurs.

Perpignan - Services à la personne :  Un témoignage

Echo d'entreprise
26/03/2020

Sur Perpignan de nombreuses associations travaillent dans l’aide à la personne, employant des centaines de salariés. Voici le témoignage de l’un d'entre eux.

« Les 16 et 17 mars, au début du confinement, c’était la pagaille totale dans les services d’aide à domicile. Aucune organisation n’avait été mise en place pour instaurer des priorités et pour assurer la sécurité du personnel. Ainsi les interventions de confort (ménage chez des particuliers valides) avaient été maintenues. Les directions faisaient pression sur les salariés, ainsi que les petits chefs, toujours aussi arrogants et autoritaires. Ils ont bien été obligés de revoir les plannings d’interventions quand les arrêts-maladies et les absences pour garde d’enfants sont arrivés sur leur bureau.

Les informations sont arrivées au compte-gouttes, tout comme le matériel de protection : un masque et deux paires de gants pour une journée ! Quand la solution hydro alcoolique manquait, la direction improvisait en fournissant du Dakin (un antiseptique) mélangé avec de l’eau, et a demandé aux aides à domicile de venir avec une petite bouteille plastique… Dans une association, il y a bien un bidon de gel, mais il n’est pas distribué car il n’y a pas de pompe !

Nous avons à gérer des situations inédites : une personne chez qui nous intervenons est positive au Covid-19. Nous devons faire ses courses, ce qui est normal, mais la direction n'a rien mis en place pour nous protéger ! Les collègues sont très inquiets pour leur santé et celle de leurs proches.

Comme d’habitude, la première préoccupation de nos employeurs, c'est la facturation des heures d'intervention pour faire rentrer l’argent, en nous faisant trimer. Mais nous ne devons pas y laisser notre santé ! Alors nous nous organisons sur notre groupe Whatshap spécialement créé pour rester en relation et riposter collectivement. Notre santé est plus importante que leur fric ! »

Labinal Safran – Villemur-sur-Tarn (31) :  Chantage au salaire

Echo d'entreprise
25/03/2020

Depuis le début de la semaine l’activité a mollement repris dans cette entreprise (groupe Safran) sous-traitante de l’aéronautique qui emploie 500 salariés dans la banlieue de Toulouse. Une partie des travailleurs est désormais répartie en deux équipes qui ne se croisent pas, travaillant 30 heures par semaine. Les 6 heures restantes sont payés en chômage partiel, à 84% du salaire net. C’est à dire que les travailleurs vont au travail pour perdre sur leur salaire déjà pas bien lourd. Alors que les profits de Safran pour 2019 ont augmenté de 34,5%, le patron de Labinal a royalement augmenté les salaires de… 0,7%, une misère. Bref, le patron compte sur le bas niveau des salaires pour convaincre les salariés de reprendre le chemin du travail

Pour les congés et la banque de temps, il est clair qu’ils ne sont pas intouchables. Quant au travail qui est grandement réduit dans les faits, chacun est invité à nettoyer son poste de travail en le quittant. Mais il n’y a pas de masques et les seuls gants utilisés sont les mêmes que d’habitude. Bref ça râle dans les chaumières et beaucoup estime que leur travail n’est pas « vital » pour justifier de telles prises de risque pour eux et leurs proches, d’autant qu’il n’y a plus de câblage ni de transporteur. Certains disent que s’il s’agissait de fabriquer des respirateurs ou des masques, ils seraient prêts à travailler, mais pour faire de l’avance pour les avionneurs, ça n’a aucune justification.

Les syndicats « exigent » de la direction un document écrit, garantissant que toutes les mesures de sécurité sont respectées. Comme si un bout de papier suffisait à rassurer ceux qui n’ont aucune confiance, à juste titre, dans les parasites capitalistes. Accompagner le patron dans sa gestion de la crise sanitaire c’est être dans l’autre camp.

Muret (31) et Toulouse (31) :  Un portefeuille à la place du cerveau

Echo d'entreprise
25/03/2020

Les 14 radiologues du groupe "Occitanie-Garonne" dirigent quatre centres de radiologie, à Muret, Rieux-Volvestre, clinique d'Occitanie (Muret) et Médipôle (Toulouse), plus un call-center, et emploient une centaine de salariés.

C’est dire que les « activités » de ces patrons radiologues sont très juteuses et leur permettent de toucher dans les 30 fois le smic.

A l’occasion de l’épidémie qui réduit leur possibilité de faire du fric, ils invitent les salariés à faire des "sacrifices", et leurs demandent de solder tout de suite tous leurs congés et de se tenir prêts, dès la reprise des activités. Dans la situation actuelle, où beaucoup d’infirmiers, de soignants et de médecins de la clinique se consacrent pleinement à la lutte contre le Covid19, ces radiologues se préoccupent avant tout de leur portefeuille, déjà bien rempli. Ce qui les inquiète ce n’est pas tant la catastrophe sanitaire qui se développe, mais leurs bénéfices qui risquent d’être écornés.

A croire qu’ils ont prêté le serment de Cupidité !

Liebherr Aerospace - Toulouse :  Un actionnaire toujours à l’attaque contre les travailleurs

Echo d'entreprise
25/03/2020

Cette entreprise qui fabrique des composants et des systèmes pour l'industrie aéronautique et ferroviaire emploie 1500 personnes sur la région toulousaine. L’actionnaire a passé une bonne année 2019 : une fois les investissements, les provisions et le versement de la participation réalisés, les bénéfices nets devraient s’élever à plus de 87 millions d’euros. Cela ferait pour les 1500 salariés plus de 58 000 euros par personne. Mais pas question de laisser la concurrence prendre des parts de marché lorsque la période actuelle de baisse d’activité sera derrière nous. Alors, si l’usine a été arrêtée quelque temps, il question qu’elle reprenne dès jeudi 26, à l’exemple d’un de ses donneurs d’ordre Airbus.

Les chefs cherchent des « volontaires » pour travailler en équipe avec le quart de l’effectif. Pour les conditions du chômage partiel ou les prises obligatoires de congés, c’est encore à l’étude, mais soyons sûr que ça ne coûtera rien au patron, contrairement aux travailleurs. Quant aux conditions de sécurité dans cette période d’épidémie, elles sont loin d’être convaincantes pour les travailleuses et les travailleurs : les « volontaires » ne se bousculent pas.

L’actionnaire qui a les poches pleines pourrait payer à 100% ses salariés confinés. Mais il ne faut pas rêver : si dans ses discours il joue au philanthrope, lorsqu’il a été question d’augmentations de salaire lors des négociations en février, le philanthrope a montré qu’il avait une banque à la place du cerveau. Cela a d’ailleurs entraîné des débrayages pendant plusieurs jours.

Alors, virus ou pas virus, sa préoccupation reste celle d’un capitaliste prêt à prendre le risque de sacrifier la santé des salariés.

Aéroport Toulouse Blagnac :  Comme partout c’est le profit-virus qui fait la loi

Echo d'entreprise
25/03/2020

La société qui gère l’aéroport, Aéroport Toulouse Blagnac, est détenue à 49 % par Eiffage (qui vient de racheter ses parts à un consortium chinois) et à 50,1% par la CCI, Toulouse Métropole, la région, le département et par l'État. Au total, plusieurs milliers de travailleurs sont employés par ATB, les compagnies aériennes et les dizaines d’entreprises sous-traitantes (sûreté, assistance, bagagistes, pompiers, nettoyage, etc...)

Comme dans tous les aéroports du pays, le trafic est considérablement réduit. En plus du chômage partiel, la direction d’ATB cherche à imposer une semaine de RTT fin mars-début avril. Quant aux intérimaires, CDD et contrats pro, largement employés par les entreprises sous-traitantes, ce sont les premières victimes.

Air France appelle l’État à son secours. Et les dernières déclarations du ministre de l’économie montrent que le gouvernement s’apprête à satisfaire la compagnie. Quand les affaires vont bien, l’État arrose de cadeaux le patronat et quand les affaires vont mal, l’État vient au secours des actionnaires. Par contre, beaucoup de compagnies aériennes et de sociétés de l’aéroport, n’hésitent pas à demander aux agents de prendre sur leurs congés. Les sacrifices c’est pour les soldats du front, pas pour les décideurs, planqués à l’arrière.

Par exemple, les agents de sûreté d’ICTS et de Seris sont directement au contact du personnel pour les premiers et des passagers pour les seconds. La seule mesure de sécurité qui leur est demandé est de contrôler en se plaçant derrière les personnes. Pour se protéger, ils ont leurs gants habituels mais pas de masques et pour beaucoup, même pas de gel. Comme le dit un salarié « Si une personne transporte une arme ils peuvent le voir, si c’est le virus, il peut passer tranquille ! ».

Les agents de nettoyage d’Onet et d’Arcade, eux, sont en première ligne dans le combat contre ce virus qui, comme on nous le dit, peut se déposer partout. Pourtant, ils utilisent toujours les mêmes produits, n’ont que leurs gants de travail et n’ont eux non plus pas de masque pour se protéger. Et leurs patrons leur disent sans honte… qu’ils n’en ont pas besoin.

Perpignan - Carrefour Claira :  La santé des profits avant tout

Echo d'entreprise
23/03/2020

Comme un tract de la CGT l’a dénoncé, Carrefour ne se contente pas d’alimenter le public.

Profitant du fait que les enseignes spécialisées type Boulanger, Darty ou Castorama étaient fermées, le magasin attire les clients dans les rayons électroménagers, hi-fi ou bricolage. Ces rayons sont donc remplis… par du personnel qui vient pour ça et met sa santé en danger alors qu’il devrait rester confiné, ou à la limite travailler pour l’alimentaire.

La morale et les consignes que le gouvernement et les médecins délivrent ne s’appliquent visiblement pas aux marchands comme Carrefour, pour qui la santé des profits passe avant la santé de ses salariés !